• Connu depuis la Haute Antiquité, les Égyptiens utilisent le marrube blanc contre les affections respiratoires, dont l’asthme, la toux grasse et la bronchite.

Le marrube blanc : un grand oublié

Anti-infectieux des voies aériennes, antitussif, antiasthmatique, régulateur cardiaque, amaigrissant, anti-fièvre, hypoglycémiant dans le diabète, dépuratif… Aujourd’hui presque tombé dans l’oubli, mais très prisé par les Anciens, le marrube blanc, vivace commune de nos jardins, mérite d’être redécouvert.


Les grandes heures de cette vivace de la famille des lamiacées, proche par son aspect de la menthe et du lamier blanc, mais distincte par son odeur de thym, sont hélas derrière elle… Du marrube blanc (Marrubium vulgare), ne subsiste aujourd’hui qu’une présence discrète en herboristerie et en pharmacie, dans des préparations antitussives, sirops ou pastilles. Pourtant, le « marrochemin », un de ses noms vernaculaires désignant son goût pour les sentiers et autres lieux incultes, fut longtemps apprécié pour une gamme impressionnante d’affections, que ce soit en interne ou en externe sous forme de cataplasme. Le botaniste, médecin et homme politique français du XVIIIe siècle Jean-Emmanuel Gilibert estime même que le marrube blanc était « l’une des meilleures plantes d’Europe ».

Connu depuis la Haute Antiquité, les Égyptiens l’utilisent contre les affections respiratoires, dont l’asthme, la toux grasse et la bronchite. Pline l’Ancien loue de plus son action contre les empoisonnements, la gangrène, les abcès et l’ulcère. Un peu avant, Dioscoride note qu’il redonne du tonus et du poids aux gens amaigris. Le Moyen Âge recourt également au marrube blanc pour ses vertus diurétique, digestive et dépurative du foie… Sans compter une action reconnue traditionnellement contre les vers, la fièvre, les varices, les problèmes de reins, les irritations, crevasses de la peau et autres gerçures, l’arythmie et les palpitations cardiaque ou encore dans les problèmes de règles des jeunes filles, d’où son autre nom d’« Herbe Vierge »… Sans compter sa réputation sur la ligne. À la Belle Époque, où la mode était aux rondeurs, on conseille aux dames de ne pas abuser du marrube blanc pour ne pas perdre de poids ! L’herboriste contemporaine Marie-Antoinette Mulot mentionne ainsi les vertus amaigrissantes de la plante, à raison de 1 litre de tisane par jour pour quatre cas de plante, ou même seulement la moitié qui suffira « si l’on n’est pas obèse ».

Contre les affections respiratoires

Difficile de s’y retrouver, tant le marrube blanc semble être doté de multiples vertus parfois opposées, comme redonner de l’appétit en cas de convalescence tout en favorisant la perte de poids ! Venant de l’hébreu marrob, qui signifie suc amer, c’est justement à son principe actif responsable de son amertume, la marrubiine, que la plante doit une grande partie de ses propriétés, dont une action sur la sphère digestive (lutte contre les ballonnements, flatulences, insuffisances hépatiques), et respiratoire (fluidifie les sécrétions bronchiques). Quelques recherches récentes menées sur des animaux éclairent l’action anti-inflammatoire de cette lactone diterpénique, certainement responsable de son effet fébrifuge, mais aussi hypoglycémiante dans le diabète et vasorelaxante, (effet antihypertenseur par inhibition des canaux calciques de type L). Également composés d’autres substances comme la choline, nutriment essentiel soutenant le foie, de composants aromatiques (huile essentielle) et de différents minéraux comme le fer et le potassium, des extraits de marrube blanc ont révélé une remarquable action antibactérienne active notamment contre le staphylocoque doré et le Candida albicans.

Presque une plante à tout faire, donc… Et même à exorciser lieux et personnes dans les anciennes traditions de plantes de sorcières ! De manière plus pragmatique, le marrube blanc mérite d’être redécouvert prioritairement dans les affections respiratoires, la toux, l’asthme, la fièvre, l’arythmie cardiaque, l’hypertension, les difficultés de digestion, les règles douloureuses, l’insomnie nerveuse et pour maigrir. On consomme les feuilles et sommités fleuries de marrube blanc séché sous forme de tisane à raison de 15 à 30 grammes de plante par litre d’eau, laissez infuser 15 minutes, et 3 à 5 tasses par jour. Il est aussi possible de se confectionner un vin de marrube en laissant macérer pendant 8 jours dans un litre de madère ou de muscat (ou un vin blanc rouge ou blanc additionné de miel) 60 grammes de plante séchée, 1 petit verre avant chaque repas.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com