• Nathalie (à droite) et Stéphanie ceuillent des bleuets. Crédit photo : © Serge Lapouge

Quand une ferme prend vie

Il y a quinze ans, Nathalie David-Bernadat s’installait dans le Périgord noir pour devenir cultivatrice. Elle défend avec ferveur sa petite ferme de plantes médicinales, écologiquement fiable et économiquement viable... Aujourd'hui, elle raconte son histoire aux lecteurs de Plantes & Santé.


« Il y a maintenant un peu plus de quinze ans, j’ai eu l’opportunité de déménager dans le Périgord noir, où mon mari avait trouvé un emploi. C’est ainsi que j’ai rencontré Patrice et Isabelle, des Jardins d’Altaïr, qui cultivent des plantes médicinales. Leur approche m’a plu, sans compter que je me suis toujours soignée avec l’homéopathie ou les plantes ! Je me suis inscrite pour passer le brevet professionnel agricole (BPA) (une formation de deux ans permettant d’obtenir le statut d’agriculteur, NDLR) tout en continuant à faire des stages chez eux. C’est ainsi que j’ai pu affiner mon projet de ferme de plantes médicinales. Cela n’a pas été facile. Il a fallu convaincre les banques et la chambre d’agriculture qu’une petite surface gérée par une femme était viable… Mais quand nous nous sommes installés dans la ferme du Clédou, je savais comment j’envisageais ce métier. Pour démarrer : des semences de qualité provenant des Jardins d’Altaïr et un contrat de rachat pour mes futures plantes sèches. J’avais aussi en tête une démarche d’accueil et d’échanges : nous proposons un gîte, la possibilité de ballades avec des ânes et des formations.

Aujourd’hui, la culture de plantes médicinales représente 60 ares, et j’ai aussi recours à la cueillette sauvage. La vallée du Céou est assez préservée de la pollution. On y trouve des plantes comme la pulmonairela prêle ou la reine-des-prés, que l’on ne peut pas cultiver et qui ont bien plus de vertus médicinales dans leurs conditions naturelles. L’essentiel de ma production (les bonnes années, environ 200 kilos de plantes) est ensuite vendu localement dans plusieurs boutiques de producteurs, ce qui permet de préserver les marges.

Ce métier est fabuleux, mais il faut être passionné et persévérant. Devant mon champ de camomille, je sais que je vais en avoir pour six heures de cueillette… Ici, tout se fait à la main. Et au jardin, il faut toujours se remettre en question. Ces dernières années, le rayonnement solaire s’accentuant, j’ai décidé par exemple de planter mes médicinales sous des fruitiers pour les abriter un peu. J’utilise le calendrier des semis biodynamiques et les méthodes énergétiques pour savoir quand ajouter le purin d’ortie. J’ai confiance, car je constate que de plus en plus de personnes s’intéressent à ces démarches écologiques. En 2014, je me suis associée avec une jeune pharmacienne qui a aussi passé un BPA. Désormais, Stéphanie m’aide à la culture et à l’ensachage des tisanes tout en développant sa gamme de produits de soin ».

La ferme du Clédou « Ravary » 24250 Cénac
Plantes sèches, tisanes et produits de soin
www.fermeducledou.com - tél. : 06 07 75 90 84


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com