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Renaissance d’une plante détox

Les jours raccourcissent et les journées se font plus fraîches : il est temps d’entamer une petite cure détox pour aider l’organisme à entrer dans l’hiver en le libérant des toxines accumulées pendant l’été. Pour se nettoyer en douceur et renforcer son système immunitaire, pourquoi ne pas utiliser les bienfaits des plantes ? Depuis le début des années 1960, les moines de l’abbaye de Maylis ont rendu ses lettres de noblesse à une plante drainante et détoxifiante depuis longtemps oubliée voire déconsidérée, le Lepidium latifolium, depuis rebaptisée « plante de Maylis ».


Tout débute en 1952, lorsqu’un vieillard vint frapper à la porte de l’abbaye Notre-Dame de Maylis, dans les Landes, pour demander, sous l’œil ébahi du Père Emmanuel, l’autorisation de ramasser une plante commune et plutôt envahissante de leur jardin. Avant de partir, il lui confia : « Dans votre enclos, il y a une fortune. » Dès lors, la communauté des Bénédictins se mit à considérer différemment la plante vivace qui envahissait leur champ : le Lepidium latifolium. Quelques années plus tard, un ami vint trouver le Père Emmanuel, lui priant de faire quelque chose contre les coliques néphrétiques qui le tordaient de douleur. Le père Emmanuel, décédé depuis, raconte la suite dans une vidéo : « Je me suis dit : “Et si j’essayais cette fameuse plante ?” Je lui préparai alors une décoction, et, deux jours après, il était debout, le rein débloqué. Depuis ce jour, je crois en deux choses : en Dieu bien sûr, et en la plante de Maylis ! » C’est ainsi que renaît l’histoire de cette crucifère, reléguée au rang d’envahissante, alors qu’elle avait longtemps été utilisée pour ses vertus médicinales. À partir de 1959, la communauté des moines de Maylis libéra la plante des ronces et des épines avec lesquelles elle évoluait jusqu’à présent dans leur jardin. Ils se mirent à cultiver, récolter, puis vendre pour ses vertus détoxifiantes la « plante de Maylis ».

 

Une plante drainante

 

Plante vivace qui croît dans des lieux ombragés et au bord des rivières, le Lepidium latifolium, aussi appelé « grande passerage », se cultivait autrefois aussi dans les potagers, pour être utilisé comme condiment. En Angleterre, cette cousine du cresson était appelée « herbe au poivre » en raison de son petit goût piquant et amer qui rappelle aussi celui du raifort. Elle se consommait comme de la moutarde ou en salade de jeunes pousses. Mais c’est surtout pour ses propriétés médicinales qu’on la connaît depuis le Moyen Âge. Au IXe siècle, Charlemagne n’a pas oublié de mettre le Lepidium sur la liste des plantes préconisées dans les jardins des simples des monastères. Au XIIIe siècle, Hildegarde de Bingen écrit à son propos : « Ce qu’il contient d’aigre et d’amer n’attaque pas l’homme à l’intérieur, mais le guérit. Un homme qui a un cœur faible et un estomac malade mangera le Lepidium cru et il le fortifiera. De même, celui qui est triste retrouvera sa joie. Si on le mange, il guérit les yeux et les rend limpides. » Bien que parée de nombreuses vertus, c’est surtout pour ses propriétés dépuratives qu’on utilise la passerage. Dans le Dictionnaire botanique et pharmaceutique de Nicolas Alexandre, paru au XVIIe siècle, celui-ci la considère comme « correctrice de la matière acide » et convenant à « toutes les maladies où l’acide domine, soit dans le sang, soit ailleurs ».

 

Une petite cure

 

Sous forme de cure drainante de dix-huit jours, les moines de l’abbaye de Maylis recommandent de la consommer aux changements de saison, pour stimuler les fonctions rénale, hépato-biliaire et cutanée et éliminer les déchets cristaux et colloïdaux. Vous la préparerez en tisane, en mettant chaque matin une cuillère à soupe de plante de Maylis dans un bon litre d’eau, que vous boirez toute la journée. Depuis 2016, les moines de Maylis proposent aussi la plante sous forme de gélules à prendre chaque matin. « Mais attention, prévient le Frère Joseph, n’oubliez pas de boire beaucoup d’eau ! C’est la première alliée de notre plante et une composante essentielle de la cure ! » Dans les Landes, les premiers consommateurs de tisane de plante de Maylis sont les moines eux-mêmes : comme elle favorise l’élimination de l’acide urique, « c’est bien pour éviter les courbatures quand on a travaillé dur », assure le Frère Joseph.

 

Un mystère qui reste entier

 

Mais les bienfaits de la plante de Maylis ne se limitent pas à ses vertus « détox ». Autrefois considérée comme stimulante et tonique en raison de sa richesse en vitamine C, elle fut utilisée comme antiscorbutique et même un temps comme antirabique. En usage externe, des décoctions de feuilles ou de racines étaient appliquées pour soigner les maladies de peau comme les dartres ou la gale et comme répulsif contre les insectes. Pour les douleurs névralgiques ou rhumatismales, Cazin relate dans son Traité des plantes médicinales (1868) que « les Anciens appliquaient contre la sciatique la racine de passerage fraîchement récoltée et pilée avec du beurre. Ce mélange restait sur tout le membre et particulièrement sur la cuisse pendant quatre heures. (…) La rubéfaction de la peau était le résultat de cette application ». Elle aurait même été utilisée par l’abbé Rousseau sous forme d’eau miellée pour soigner les vapeurs hystériques et les névroses.

Quant à la composition de la plante, le mystère reste entier : « Nous avons tenté à plusieurs reprises de faire des analyses de la composition de la plante, mais à chaque fois, un événement s’est produit qui nous en a empêché », explique frère Joseph. La plante de Maylis reste donc mystérieuse.

 

Pour en savoir plus :

 


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