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Sapin, gui et houx s’invitent à la fête !

Omniprésents en période de fêtes de Noël et de Nouvel An, le sapin, le gui et le houx puisent leurs racines symboliques dans les traditions celtiques, qui les considéraient comme sacrés, tout en nous accompagnant jusqu’à notre époque de leurs précieuses vertus médicinales. 


Plantes de Noël et du Jour de l’an par excellence, le sapin, le houx et le gui habillent traditionnellement nos intérieurs, nos tables de fête et nos portes, sans que l’on sache le plus souvent pourquoi... Leur symbolique s’est ainsi perdue dans la nuit des temps, remontant jusqu’aux temps celtiques, où chacun d’entre eux revêtait une signification sacrée. 

Ainsi, le sapin représentait chez les Celtes un symbole d’espoir et d’invincibilité, capable de tenir face à l’hiver. Emblème de la victoire de la lumière sur les ténèbres et de la vie sur la mort, il était également lié à l’enfantement, ce qui est sans doute l’origine de la tradition du sapin de Noël. En effet, arbre associé au mois de décembre dans le calendrier lunaire celte, l’épicéa était associé à la fête païenne du solstice d’hiver, considéré comme le jour de la renaissance du soleil, durant lequel un « arbre de vie » était décoré de fleurs, fruits et d’épis de blé. 

Le rite païen était si ancré dans les coutumes que l’Église le remplaça, au IVe siècle, par la célébration de la naissance du Christ, le 25 décembre… Le lien avec l’épicéa disparut. Jusqu’à ce que, selon la légende, le moine évangélisateur de la fin du VIIe siècle, saint Boniface (né en 680) lui redonne vie d’une étrange manière.

Voulant alors convaincre les druides que le chêne n’était pas un arbre sacré, il en fit abattre un. En tombant, l’arbre écrase tout sur son passage, à l’exception d’un jeune sapin. Saint Boniface déclara alors : « Désormais nous appellerons cet arbre, l’arbre de l’Enfant Jésus. » Depuis lors, des sapins furent plantés en Allemagne pour célébrer la naissance du Christ, et la tradition du sapin de Noël fit son apparition en Alsace, où on le mentionne vers 1521. 

Capable de pouvoir conserver, transformer et transmettre lumière et chaleur au cœur de l’hiver, les vertus de résistance et de robustesse du sapin se retrouvent naturellement dans ses propriétés médicinales. L’huile essentielle des aiguilles du sapin pectiné (Abies alba), l’essence la plus répandue dans les Vosges, est expectorante, antitussive, antibactérienne. Indiquée en période de froid et de fêtes, elle est utile dans les bronchites, la sinusite, les rhumes et toute infection de l’appareil ORL et d’un usage agréable en inhalation en raison de ses effluves balsamiques. Précieuse aussi est sa capacité à redonner un coup de fouet à un organisme en panne d’énergie en stimulant les glandes surrénales. Pour cet usage, quelques gouttes pures en massage sous la plante des pieds le matin permettent d’affronter une journée énergique. Les bourgeons de sapin sont également utilisés en phytothérapie sous forme de tisane, ou dans des sirops pour leurs propriétés sur les voies aériennes. 

Égayant les sous-bois de ses pimpantes boules rouge vif et de ses feuilles vernissées vert foncé, et incontournable de la magie de Noël, le houx possède aussi des vertus médicinales bien utiles au cœur de la saison froide, dont celle de faire tomber la fièvre. Traditionnellement, on donnait aux malades du « vin de houx » en faisant macérer ses feuilles dans du vin blanc. Ses constituants, dont l’ilicine et l’ilixanthine font également d’elle une plante aux propriétés diurétiques, laxatives, purgatives et antirhumatismales. 

Mais c’est du côté des fleurs de Bach que le Houx (Holly) est aujourd’hui le plus populaire. Il est conseillé pour canaliser les émotions fortes, contre les bouffées de jalousie, de colère et les désirs de vengeance aux personnes soupçonneuses, en conflit avec tout le monde. Il est vrai que les fruits du houx, en raison de leur toxicité, ont éclipsé les vertus médicinales de ses feuilles et de son écorce. 

L’arbuste, qui a la particularité d’être le seul persistant n’appartenant pas à la famille des conifères, était considéré comme sacré dans la mythologie celtique. Considéré comme porteur de chance et de bonheur, il était tenu pour le frère jumeau du chêne, sur lequel il aime en effet parfois s’accrocher. Chez les druides gaulois, le houx figurait en bonne place parmi les sept arbres sacrés de leur bosquet. Il était Taranis, arbre de la foudre. En lien aussi avec la chrétienté, on dit que, pourchassés par les soldats d’Hérode, Joseph, Marie et Jésus trouvèrent refuge derrière un houx. À l’approche d’un soldat, l’arbuste étendit ses branches pour les cacher. Marie aurait alors béni le houx, lui conférant la capacité de rester vert toute l’année… Au carrefour des rites druidiques et de la tradition chrétienne, le houx fut cependant un temps interdit dans les églises, en raison de sa connotation païenne… 

Même toxicité pour ses baies, avec une connotation encore plus sacrée pour le gui. Pour les druides gaulois, le gui était celui qui « guérit tous les maux » et que ces derniers cueillaient, vêtus de toges blanches, à la serpe d’or, la sixième nuit du solstice d’hiver, la « nuit mère ». Symbole d’immortalité en raison de sa capacité à rester toujours vivant sur l’arbre auquel il se cramponne, même quand celui-ci paraît mort, cette plante atypique suspendue entre terre et ciel était réputée avoir des pouvoirs magiques, comme chasser les mauvais esprits et purifier les âmes.

Considéré comme une panacée, on lui attribuait de nombreuses vertus médicinales. Paracelse, Pline, puis sainte Hildegarde vantèrent les usages de ses feuilles, notamment pour faire baisser la tension artérielle, mais aussi contre l’asthme, l’épilepsie, infertilité, les états nerveux, les maux de tête et les troubles de la ménopause. Son usage semble s’être un peu perdu au fil des siècles jusqu’à ce qu’en France, le docteur René Gaultier s’y intéresse, et remette à l’honneur ses propriétés hypotensives, lesquelles furent plus tard démontrées in vitro sur des animaux, un effet certainement dû à ses amines spécifiques, saponosides et viscotoxines.

Mais c’est avec le philosophe allemand Rudolf Steiner, fondateur du mouvement de l’anthroposophie, que le gui gagna ses lettres de noblesse en phytothérapie, en tant que traitement adjuvant au cancer. S’inspirant en effet de la Théorie des Signatures, il fit le lien entre cette plante parasite vivant aux dépens de son hôte jusqu’à le tuer et les mécanismes des tumeurs cancéreuses. De nombreuses études cliniques ont depuis montré que les extraits de gui fermenté, très utilisés en Allemagne comme soin de support, permettent de ralentir la chute cancéreuse après le traitement classique et prolongent sensiblement l’espérance de vie. 

Quant à la coutume du baiser de Nouvel An sous le gui, qui a perduré jusqu’à nous, elle ne viendrait pas de nos contrées gauloises, mais de Scandinavie. La légende raconte que le démon Loki, par jalousie, tua le dieu soleil Baldr lui décochant une flèche empoisonnée avec du gui. Frigg déesse de l’amour, implora les dieux de redonner vie à Baldr, promettant d’embrasser quiconque passerait sous le gui… Baldr ressuscita, et naquit la coutume du baiser sous le gui, symbole de l’amour et du pardon.

Préparez votre thé de Noël 

Des épices, des agrumes, et de la chaleur… Rien de tel qu’un thé de Noël fait maison, avec des ingrédients soigneusement sélectionnés. Réalisez ce mélange le plus tôt possible (idéalement deux semaines à l’avance) afin qu’il s’imprègne bien des différentes saveurs. 

Ingrédients : 1 orange, 1 clémentine, ½ citron, 2 bâtons de cannelle, noix de muscade, 10 clous de girofle, 1 gousse de vanille, 250 g de thé. 

  1. Prélevez la peau d’orange avec un économiseur, avec le minimum de blanc, puis coupez-la en petits dés. Faites de même avec le demi-citron et la clémentine.
  2.  Disposez le tout sur une assiette que vous poserez sur un radiateur ou près d’une source de chaleur continue. Laissez sécher pendant une dizaine de jours en retournant les morceaux de temps en temps.
  3.  Cassez les bâtons de cannelle en petits morceaux, pilez les clous de girofle, ciselez la vanille en petits tronçons et mettez ces épices dans un saladier avec le thé et les zestes hachés et séchés. Saupoudrez légèrement de muscade râpée.
  4. Mélangez du bout des doigts et mettez ensuite dans un bocal hermétique. Servez-vous de ce thé le matin ou en journée et retrouvez les saveurs de l’enfance !

 

 


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