L’aunée officinale : un traitement anticancer « intelligent »

L'aunée est traditionnellement connue pour ses vertus diurétique, tonique et expectorante. Des chercheurs ont également mis en avant son action sur certaines tumeurs cancéreuses.


[Mis à jour le 05/05/2018] L’aunée  est  une  plante mystérieuse, remarquable par ses vertus médicinales. Originaire d’Asie, bien implantée en Europe et ce depuis des siècles (les Romains la citaient comme condiment et médicament), l’aunée est de la famille des inules. Il en existe une trentaine, dont une dizaine prospèrent en France, préférant les haies, les prairies humides, les fossés, ou la lisière des bois pour s’épanouir. La plus usitée reste la grande aunée. Si vous en découvrez dans votre jardin, protégez farouchement vos pieds d’aunée. Ils vous offriront un remède à large spectre. La liste des propriétés médicinales de cette plante assez commune est en effet impressionnante. Tonique, expectorante, cholagogue, stomachique, diurétique…

La racine d'aunée, protectrice intestinale

L’aunée participe tout autant à réguler des anémies dues aux pertes menstruelles abondantes qu’à lutter contre des affections hépato-biliaires ou des catarrhes pulmonaires. Traditionnellement, la racine est utilisée en infusion pour les voies respiratoires, à raison d’une cuillère à café par tasse. En somme, elle porte avec honneur son nom : Inulahelenium. Inula vient vraisemblablement du grec «ineo»qui signifie « je purge ». Helenium, viendrait quant à lui d’Hélène de Troie. D’aucuns affirment qu’elle portait une branche d’aunée lorsqu’elle fut enlevée par Pâris, d’autres que c’est de ses larmes que la plante aurait poussé. Nous savons de l’aunée qu’elle agit tant sur la flore intestinale que sur certaines hormones parmi lesquelles l’inuline et l’hélénine. L’inuline (présente à hauteur de 40 %) est une molécule à chaîne longue, à l’instar de l’amidon. Sa grande particularité est d’être désagrégée par la flore intestinale dans le côlon, et non par les sucs digestifs dans la vésicule biliaire. C’est un prébiotique, un fructo-oligosaccharide, plus exactement. L’inuline contribue donc à l’équilibre de la flore intestinale en stimulant la prolifération des probiotiques.

L’hélénine, présente à hauteur de 3 % dans la racine de la plante, est une molécule aromatique particulièrement volatile. Elle stimule l'hypophyse et agit sur les troubles de la ménopause. 

L'aunée officinale anti-cancer intelligente

Mais, l’action de l’aunée ne se limite pas à la liste des vertus médicinales identifiées depuis des siècles par les herboristes. Dans une étude menée par le Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York, les chercheurs ont démontré que les extraits de la racine d’Inula helenium possèdent une cytotoxicité… sélective. En clair, sur un panel de quatre types de cellules tumorales, les propriétés biologiques de l’aunée officinale se révèlent particulièrement virulentes, tout en se montrant quasiment inoffensives sur des lymphocytes B périphériques (responsables de l’immunité humorale). La destruction, par l’aunée, des cellules tumorales a été vérifiée au microscope électronique. La destruction cellulaire qui se produit  s’apparente  plus  à  une nécrose (destruction immédiate) qu’à une apoptose (mort cellulaire programmée). Cette destruction cellulaire propose de réel bénéfice dans le cas où un cancer présenterait une résistance à l’apoptose.

Dans ce cadre, la cytotoxicité sélective relevée dans les extraits de la racine d’Inula helenium (cent fois supérieure à celle des lymphocytes B périphériques), présente de réelles promesses. Imaginez un traitement anticancéreux «intelligent», capable de ne s’attaquer qu’aux seules cellules tumorales ! A suivre donc...

 

 

 


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