• Perce-neige

Le perce-neige ralentit Alzheimer

Le perce-neige est employé depuis l'Antiquité. Dans les années 1950, on isole une molécule, la galanthamine, utilisée jusqu'à aujourd'hui dans des médicaments prescris aux personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer.


[Mis à jour le 10/06/2018]

L’usage traditionnel du perce-neige remonte à l’Antiquité. Dans l’Iliade et l’Odyssée, Homère décrit comment Ulysse, roi d’Ithaque, fût, lors d’un banquet, empoisonné par la magicienne Circée, vraisemblablement avec un extrait de datura, un puissant anti-cholinergique. Le Dieu Hermès lui conseilla le perce-neige comme antidote !

Où l’on découvre un précieux alcaloïde dans le perce-neige

Au début des années 1950, on met en évidence la fonction insecticide d'une molécule contenue dans la plante, la galanthamine : elle inhibe l’enzyme acétylcholine estérase provoquant ainsi un blocage du système nerveux des insectes. Dès 1956, un scientifique bulgare, Paskov, isole cet alcaloïde dans le bulbe du perce-neige (Galanthus nivalis). Il l’étudie et en tire un traitement (baptisé Nivaline) qui sera utilisé dans des indications neurologiques et neuro-musculaires.

Parallèlement, les thérapeutes de tous bords se sont rendus compte que la supplémentation avec des inhibiteurs de l’acétylcholinestérase (apparentés à ceux que l’on retrouve dans le perce-neige) peut enrayer le déclin de la mémoire associé au vieillissement et apporter une aide significative aux patients souffrant d’Alzheimer.

Améliore les fonctions cognitives

Récemment, les scientifiques se sont appuyés sur deux importantes études cliniques dont ils ont recoupé les résultats avec les conclusions du scientifique bulgare : ainsi, ils ont pu confirmer que la galanthamine extraite du perce-neige agissait en inhibant l’acétylcholinestérase (l’enzyme qui détruit le neuro-transmetteur acétylcholine) mais aussi, d’une manière beaucoup moins conventionnelle, en stimulant les récepteurs nicotiniques – très nombreux dans les régions du cerveau affectées par Alzheimer. Ce qui a pour conséquence d’améliorer de façon significative l’apprentissage, la mémoire, l’attention et la concentration chez des patients atteints de la maladie.

La première étude, regroupant 636 patients, a montré qu’après douze mois les personnes supplémentées avec 24 mg quotidiens de galanthamine amélioraient de 1,7 point leur score sur l’échelle Adas-cog (Alzheimer’s disease assessment scale-cognitive), échelle d'évaluation de la maladie d'Alzheimer. Dans le même temps, le groupe placebo perdait deux points. En ce qui concerne la deuxième étude, réalisée sur un échantillon de 978 patients, les malades supplémentés avec 16 mg de galanthamine par jour ont obtenu des scores bien meilleurs que le groupe placebo quant aux symptômes cognitifs et comportementaux.

À court terme (3 à 6 mois, à raison de 16 à 24 mg/jour), la galanthamine améliore les fonctions cognitives, retarde le développement des troubles comportementaux et des symptômes psychiatriques et maintient l’autonomie. Et, plus le traitement est entrepris tôt dans le processus de la maladie, plus il sera efficace. La galanthamine est disponible dans le médicament Reminyl® et sous forme de générique. Elle est cependant contre-indiquée lors d’insuffisances rénales et hépatiques sévères. Son temps de demi-vie (environ six heures) implique une prise toutes les douze heures, au cours d’un repas, en augmentant progressivement les doses sur huit semaines jusqu’à 24 mg/jour.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com