• Les propriétés anti-inflammatoires, antalgiques, anesthésiantes, décontracturantes sont présentes parmi les molécules aromatiques.

Faire taire la douleur

Dans certains tableaux cliniques, les douleurs sont rebelles et les effets secondaires au traitement classiques lourds de conséquences. Le soutien de l’aromathérapie permet d’améliorer la prise en charge de la douleur dans un plus grand respect de l’organisme mais aussi de notre individualité.


Hypersensibilité, sensation d’échauffement, d’engourdissement, de crampe, de serrement, de brûlure, ou bien phénomène lancinant profond et sourd, ou à l’inverse ressenti électrique, aigu et violent, algie permanente même au repos, ou bien juste à l’effort : la douleur est un terme générique pour désigner des phénomènes complexes et qui s’expriment différemment selon le sujet, mais aussi la nature du tissu qui souffre. Les composés aromatiques présents dans les essences végétales, utilisés aux doses thérapeutiques conseillées, sont puissants. Ils permettent d’envisager des indications larges dans le domaine de la douleur, utilisés seuls ou en complément de l’allopathie. Ils agissent directement sur la zone endommagée pour la réparer et calmer le phénomène inflammatoire, ainsi que sur le tissu nerveux, qui est le siège de la conduction de l’influx douloureux.

Une manifestation complexe

La douleur est une expérience sensorielle émotionnelle désagréable qui appelle la conscience du sujet qui souffre à un endroit précis de son corps. Dans les cas extrêmes, son champ de conscience peut même se résumer à cette partie douloureuse. C’est un phénomène subjectif qui signifie une perte d’intégrité ou de fonctionnalité d’un tissu ou d’un organe, potentielle ou réelle, suite à un traumatisme, une infection, une maladie ou encore une décompensation psychique. Étant de nature à la fois électrique (conduit par influx nerveux) et chimique (existence de médiateurs de l’inflammation et de la douleur), on peut constater certains aspects mécaniques (compression ou altération d’un tissu) et psychique (peur, anxiété, stress) venant aussi alimenter le phénomène douloureux. La douleur est un signal d’alarme pour que le corps physique, psychique et l’individu «soigne» l’endroit qui souffre. Certaines douleurs sont aussi parfois inexpliquées (fibromyalgie, douleurs neurogènes). Leur existence même renvoie aux limites de la médecine allopathique et montre que le mécanisme algique présente aussi une dimension « hors de la matière ». Il semble donc évident qu’une bonne gestion de la douleur tienne compte de cette complexité. La nature même holistique des huiles essentielles est un atout majeur dans ce domaine.

Le secret de l’efficacité

La synergie antalgique proposée ci-dessous est à la fois universelle, c’est-à-dire indiquée pour toutes les origines du phénomène douloureux, mais aussi très puissante. Pour obtenir cette puissance, j’ai privilégié l’association de huit huiles essentielles, dont les actions thérapeutiques non seulement s’additionnent, mais se potentialisent. En effet, le seuil de la douleur diminue de manière plus significative lorsque le matériel moléculaire aromatique utilisé est varié et que les mécanismes d’action sont associés. Les propriétés anti-inflammatoires, antalgiques, anesthésiantes, décontracturantes sont présentes parmi les molécules aromatiques.

Le camphre, à titre d’exemple, possède un pouvoir antalgique et myorelaxant important, très prisé par les sportifs ou les
personnes qui souffrent de crampes. Ses propriétés anti-lithiasiques lui donneront une indication particulière dans les douleurs liées à la présence de calculs (colique néphrétique, calcul biliaire...).

Le menthol (HE de menthe poivrée), par son effet vasoconstricteur, anesthésie la zone où il est appliqué pendant plusieurs dizaines de minutes. C’est l’HE de l’urgence pour les douleurs de pincement.

Le salicylate de méthyle (présent à 99% dans l’HE de gaulthérie couchée) n’est autre que le métabolite anti-inflammatoire de l’aspirine; son action n’est plus à démontrer pour la gestion des douleurs articulaires et tendineuses inflammatoires.

Le linalol, présent dans l’HE de lavande fine, est une molécule analgésique, tandis que l’eugénol (HE de clou de girofle) est un actif aromatique qui se fixe directement sur les récepteurs de la douleur (les nocicepteurs) et stoppe les algies, en particulier celles du tissu nerveux (neuropathie ou douleur neurogène). Cette propriété antinociceptive se retrouve aussi chez toutes les HE qui contiennent des aldéhydes aromatiques, comme le lemongrass.

L’HE de basilic exotique amène une analgésie neuromusculaire utile pour toutes les douleurs impliquant les tissus musculaire et nerveux, pour ainsi dire la plupart des douleurs chroniques anciennes ainsi que les douleurs viscérales et neuropathiques.

L’HE de katrafay présente des molécules sesquiterpéniques largement anti-inflammatoires, antalgiques particulièrement adaptées pour soulager toutes les congestions (entorse, œdème...).

D’autre part, la vasoconstriction opérée par le menthol de la menthe poivrée amène quasi instantanément un soulagement rapide.

A contrario, l’HE de romarin à camphre a un effet retardé, d’où une efficacité globale à la fois rapide et durable.

Lorsque la manifestation de la douleur est intense, l’impact psychologique est bien réel et l’anxiété alimente la sensation douloureuse. Si la douleur est un des symptômes de la dépression, celle-ci est bien souvent une résultante des douleurs chroniques.
Dans ce cas de figure, la voie d’administration la plus adaptée peut paraître inattendue : c’est la voie olfactive. Les douleurs chroniques et profondes de la fibromyalgie, de la maladie cancéreuse ou bien encore celles de la fin de vie trouvent un apaisement supplémentaire quand le sujet respire aussi une synergie qui comprendra l’HE de camomille noble (sédative, préanesthésiante et fluidifiante émotionnelle), l’ylang-ylang ou la lavande fine (sédative, antalgique, elle permet de lâcher prise), la myrrhe amère ou encore l’encens et le nard, qui sont toutes trois des huiles essentielles mentionnées dans la Bible.

Calme et apaisement

Le choix de ces HE se porte sur les plus éthériques, les plus subtiles, celles qui adressent au système nerveux un message de douceur, de calme et d’apaisement. Parce que les HE sont des produits holistiques, il serait dommage de ne pas bénéficier de tout le potentiel des actifs aromatiques volatils. Associées et diluées à 30 % (3 ml d’HE pour un flacon de 10 ml) dans une huile végétale de noyau d’abricot, le mélange est à respirer à volonté à l’intérieur des poignets. La fragrance réinforme et régularise le système nerveux petit à petit, mettant la douleur à distance.

Ma formule aroma : un antalgique universel

Indication : formule à visée anesthésiante, antispasmodique, décontracturante et anti-inflammatoire.

  • HECT* de menthe poivrée (Mentha piperait) : 80 gouttes
  • HECT de katrafay (Cedrelopsis grevei) :  80 gouttes
  • HECT de romarin à camphre (Rosmarinus officinales) : 80 gouttes
  • HECT de gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens) : 80 gouttes
  • HECT de giroflier (Eugenia caryophyllata) : 80 gouttes
  • HECT de basilic exotique (Ocimum basilicum) : 80 gouttes
  • HECT de lemongrass (Cymbopogon flexuosus) : 80 gouttes
  • HECT de lavande fine (Lavandula angustifolié) : 80 gouttes

* HECT : huile essentielle chémotypée.

Préparation : verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées dans un flacon en verre teinté de 30 ml muni d’un compte-gouttes. Refermer et agiter.

Voie cutanée : appliquer 6 à 10 gouttes en regard de la zone douloureuse, répéter à volonté dans la journée selon l’intensité douloureuse (sauf en cas d’apparition d’une intolérance cutanée). Si la douleur est intense, il est conseillé d’appliquer cette synergie trois ou quatre fois de suite à 15 ou 20 minutes d’intervalle, pour un effet d’attaque.

Indications : tous les types de douleurs musculaires, articulaires, neurogènes, aiguës ou chroniques, en complément des traitements antalgiques allopathiques.

Contre-indications : chez l’épileptique, la femme enceinte et allaitante, l’enfant de moins de 6 ans, et en cas de traitement anticoagulant, d’allergie à l’aspirine (gaulthérie couchée).

La lavande aspic et le feu

Se brûler provoque des algies souvent violentes et durables. La prise en charge de la douleur à la maison est bien souvent laissée pour compte alors qu’il y a un geste simple et aussi bienfaisant pour la réparation et la cicatrisation des tissus, qui apporte un soulagement instantané. L’application précoce de lavande aspic est vraiment magique.

À faire :

Sans dilution préalable dans une huile végétale, déposez par légers tapotements l’huile essentielle sur la zone brûlée. Elle va instantanément pénétrer et repousser la douleur. Il est vivement conseillé de répéter l’application tous les quarts d’heure tant que la douleur ne s’apaise pas suffisamment. Ce geste permettra d’autre part, en cas de brûlure profonde, d’amorcer très tôt la réparation des tissus et d’éviter des problèmes de surinfection, voire une greffe de la peau. La nature a bien toujours une longueur d’avance en matière de prévention.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com