• Huiles essentielles : un remède tout terrain pour enfant casse-cou

Huiles essentielles : un remède tout terrain pour enfant casse-cou

Les vacances riment avec repos, détente, activités de plein air mais elles peuvent être aussi l’occasion d’incidents, surtout avec des enfants. Coups de chaleur, déshydratation, piqûres d’insectes, allergies peuvent venir gâcher le moment présent. Vous partirez plus serein en emportant avec vous une préparation aromatique polyvalente et faite maison !


L’été est le moment où l’on prend le temps de vivre. Paradoxalement, d’un point de vue énergétique, la médecine chinoise considère que cette saison s’accorde plutôt avec un moment de pleine activité et d’effervescence. En réalité, ce repos tant attendu est plutôt un changement de rythme et d’état d’esprit qui rejoint d’une certaine manière la logique orientale. C’est l’heure des randonnées, des activités nautiques et sportives, du rire et de la fête entre amis, de nouveaux apprentissages pour les enfants. La remise en mouvement caractéristique du printemps s’accomplit jusqu’à son terme.

L’homme fait partie intégrante de cette dynamique ; il est important qu’il la suive, son organisme en a besoin. Les enfants sont d’ailleurs plein de vie : ils ont bonne mine, mangent bien et s’amusent joyeusement. Quand l’hiver, saison ying, invite à l’intériorité et au calme, l’été, saison yang, attire vers l’extérieur. Et pourtant, malgré ce regain de vitalité, la nature peut être hostile si elle est mal appréhendée, surtout chez l’enfant. Pour eux, le mot d’ordre est protection et prévention.

Une histoire de chaud et froid

Pour tout accident, quelle qu’en soit la gravité, il est nécessaire de réagir rapidement pour soulager, mais aussi pour réparer les cellules endommagées et se rassurer pour l’avenir. Lorsque la peau est soumise à une exposition trop prolongée au soleil – rappelons que les enfants de moins de deux ans ne devraient pas être exposés aux rayons ultraviolets – elle développe une réaction inflammatoire. Le « coup de soleil » se présente en différents stades de brûlure. L’inflammation, ou érythème, est le premier, mais il peut y avoir développement de phlyctènes douloureux et d’ulcérations de la peau. Face à cette agression par le chaud, le corps mobilise l’« énergie froid » pour rétablir l’équilibre en sollicitant les liquides de l’organisme comme la lymphe et les globules blancs.

Le premier réflexe sur une brûlure est d’appliquer de l’eau fraîche. Ce geste est utile, et même recommandé, mais en aromathérapie il ne faut pas être tenté d’appliquer l’huile essentielle (HE) à effet frais celle de menthe poivrée ou menthe des champs. Son action réfrigérante est tellement puissante qu’elle envoie une information d’« agression par le froid » et l’organisme, en réponse, réagit en renvoyant l’« énergie chaud » pour tenter de ramener les tissus à l’équilibre. Ce phénomène explique que l’application de menthol sur toute zone brûlée ne fait qu’empirer la douleur. En revanche, ce menthol reste un excellent antalgique chez l’adulte et l’enfant de plus de 6 ans, lors d’un choc ou d’un trauma violent, avec hématome ou non. Dans ce cas, l’application d’HE de menthe poivrée pure sur une zone très localisée, par mouvement circulaire pour disperser la congestion, soulage immédiatement par l’effet glaçon du menthol, et favorise d’autre part la réparation plus rapide des tissus grâce à la menthone.

Le « gel pédiatrique de secours » est une formule complète qui répond à différentes situations de l’urgence. L’hélichryse italienne et la lavande aspic amènent une dimension réparatrice puissante par leurs propriétés anti-inflammatoires sur les tissus cutanés et vasculaires. Elles canalisent la réaction inflammatoire source de douleur, mais la soutiennent aussi en restaurant les tissus et les cellules endommagées. Les rayons ultraviolets altèrent les cellules et modifient le matériel génétique ; ils sont, rappelons-le, la principale cause de vieillissement cutané par stress oxydatif. La camomille allemande, tout comme la variété noble ou romaine, est une remarquable anti-inflammatoire percutanée, et la présence de chamazulène lui confère une dimension supplémentaire antiallergique intéressante.

Tempérer la nervosité

Comme un voile d’apaisement et de fraîcheur, ce gel bleuté réhydrate, calme et répare la peau enflammée par le soleil, la piqûre d’un insecte ou la réaction allergique à une agression (ortie, herbes urticantes ou produits caustiques). La présence du géranium rosat d’Égypte confère au gel une fragrance de rose citronnée, qui tempère les états de nervosité, d’énervement ou de stress. C’est l’huile essentielle qui calme le sanguin, qui chasse l’anxiété et qui attire vers soi le positif. En voyage, dans un environnement nouveau, cette énergie du géranium protège et rassure les enfants. Au-delà de cet effet psychique utile pour rester détendu, cette HE a mille vertus sur la peau. Astringente, antalgique et cicatrisante, elle est hémostatique et stoppe les saignements. Elle éloigne aussi par son côté citronné les moustiques.

Chez l’enfant, et a fortiori le nourrisson, la piqûre venimeuse peut aboutir à une situation critique. Le choc anaphylactique peut engager le pronostic vital. Les premiers symptômes correspondent aux troubles cutanéomuqueux avec une réaction d’érythème et/ou d’œdème plus ou moins étendue. Dès lors que le rythme respiratoire ou cardiaque s’accélère, que l’activité bronchique monte avec une toux voire des difficultés à déglutir, des nausées ou des vomissements, la réaction allergique est alors exacerbée et généralisée à l’ensemble de l’organisme. L’urgence vitale est en jeu, l’intervention des secours est inévitable.

Quand bien même vous n’êtes pas confronté à ce scénario, les premières secondes qui suivent une piqûre sont décisives pour la suite des événements. Débarrasser mécaniquement la zone de l’objet toxique est la première des choses à faire. L’Aspivenin est pour cela un accessoire indispensable de l’été.

Ensuite, l’aromathérapie entre en scène avec une huile essentielle aux propriétés uniques et inégalées dans le monde de la phytothérapie et même celui des médicaments allopathiques, celle de lavande aspic. Cette huile essentielle de l’urgence nous vient d’une lavande à grandes feuilles (Lavandula latifolia), qui pousse à une altitude plus basse que la lavande fine (Lavandula angustifolia, à petites feuilles). Sur ses hauteurs, la lavande fine est sous l’emprise du vent, son huile essentielle sera très polyvalente et balaiera bon nombre de petits bobos du quotidien : douleurs musculaires ou digestives, cicatrices, sommeil perturbé, stress. L’aspic, plus à l’abri du vent, n’est jamais très loin des serpents de la chaude garrigue. Elle fournit une huile essentielle à haute valeur thérapeutique, qui est un véritable contrepoison et antitoxique. Restituant comme par mimétisme, dans ses actifs aromatiques son environnement toxique.

Ma formule Aroma : un gel pédiatrique de secours

Indications : formule à visée anti-inflammatoire percutanée, antalgique, antiprurigineux, antihistaminique, antitoxique, répulsif moustique.

Ingrédients :

  • HECT* de lavande aspic (Lavandula spica) : 1 ml ou 30 gouttes
  • HECT d’hélichryse italienne (Helichrysum italicum) : 0,5 ml ou 15 gouttes
  • HECT de camomille allemande (Matricaria recutita) : 0,25 ml ou 8 gouttes
  • HECT de géranium rosat d’Égypte (Pelargonium asperum CV Égypte) : 0,25 ml ou 8 gouttes
  • Huile végétale de calendula : 2 ml
  • Huile végétale d’argan : 2 ml
  • Gel d’aloé vera : QSP* 50 g

*HECT : huile essentielle chémotypée. 

QSP : quantité suffisante pour 

Préparation : réussir le gel de secours demande simplement de respecter l’ordre de mise en contact des ingrédients. Le gel est une substance aqueuse tandis que les huiles essentielles et végétales sont lipophiles. Pour une bonne miscibilité, la concentration maximum en corps gras ne peut excéder 12 %.

  1. Poser le mortier sur la balance, puis la tarer.
  2. Y verser ensuite les huiles végétales de calendula et d’argan prélevées à l’aide d’une pipette graduée.
  3. Ajouter les huiles essentielles selon les quantités indiquées.
  4. Mélanger au pilon.
  5. Puis ajouter le gel d’aloé vera.
  6. Mélanger hors de la balance jusqu’à ce que la mixtion soit complète entre les deux phases, la couleur bleutée doit être bien répartie.

    Ce gel est à conserver au frais et à utiliser dans les deux mois.

Indications :

  • Ampoule ou zone échauffée,
  • piqûre de moustique (prévention et guérison), d’insectes ou d’animaux venimeux,
  • coup de soleil,
  • brûlure domestique, 
  • contusion ou hématome, prurit allergique.

    À partir de 3 mois.


Voie cutanée
: déposer une noisette de gel sur les zones à traiter, pendant 4 à 5 jours, quatre fois par jour. En cas de piqûre d’insecte venimeux, appliquer dès que possible après avoir retiré le dard ou le venin, toutes les minutes par tapotements pendant cinq minutes, puis tous les quarts d’heure pendant les deux premières heures.

Trousse de secours : une lavande pas comme les autres

Si vous n’avez pas préparé le gel avant de partir, emportez de l’huile essentielle de lavande aspic. En cas de piqûre venimeuse, appliquez 1 goutte de cette HE diluée dans une autre goutte d’huile végétale (calendula par exemple), le plus tôt possible après la piqûre, par légers tapotements, elle canalise les réactions inflammatoires et allergiques. Il en résulte un soulagement quasi instantané et miraculeux. Il est recommandé, même chez le nourrisson, de répéter l’application, pendant les deux premières heures qui suivent la piqûre, jusqu’à une dizaine de fois si la douleur est violente. Le soulagement sera général et cette lavande ne se fera jamais oublier par la suite. Les adultes et les enfants à partir de 6 ans peuvent l’utiliser pure.

Réactions cutanées : attention aux huiles qui brûlent

L’application cutanée d’essences et d’huiles essentielles contenant des furo et pyrocoumarines provoque, sous exposition solaire, des réactions érythémateuses susceptibles de favoriser une grave brûlure de la peau et des cicatrices irréversibles. Ce sont toutes les essences d’agrumes : bergamote, pamplemousse, citron, lime, mandarine, ainsi que le khella et l’angélique. D’autres composés, appelés phtalides, sont susceptibles de favoriser les taches d’hyperpigmentation sous l’action des rayons ultraviolets, ce sont les HE de céleri et de livèche. Ces risques concernent surtout l’application cutanée, pour laquelle on évitera toute exposition solaire pendant 24 heures. L’absorption interne peut provoquer ces effets secondaires, mais à un degré moindre. On évitera de les absorber au long terme pendant la période ensoleillée. L’huile végétale de calophylle et le macérat huileux de millepertuis sont aussi des produits photosensibilisants à ne pas appliquer avant un bain de soleil.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com