• chyawanprash

Le chyawanprash, confiture de jouvence

Fabriqué et consommé traditionnellement par un grand nombre de familles indiennes, le chyawanprash est un fortifiant ayurvédique dont la recette originale remonte à plus de 2 000 ans.


C’est dans l’Antiquité védique et le Charaka Samhita, considéré comme l’un des textes fondateurs de l’ayurvéda, que l’on trouve la légende à l’origine du chyawanprash, qui fait ainsi figure de marmelade magique. Celle-ci raconte qu’un vieux sage nommé Chyawan demanda à ses médecins ayurvédiques de l’aider à retrouver sa jeunesse et sa vitalité afin de séduire une jeune princesse dont il était tombé amoureux dès le premier regard. Les jumeaux Ashvins, médecins ayurvédiques des dieux et dieux de la médecine ayurvédique, lui offrirent alors la recette secrète d’un nectar de jouvence qui lui permit de retrouver sa jeunesse et de vivre heureux avec sa bien-aimée : le Chyawanprash. On s’en doute, la recette a évolué au fil des siècles et des régions, mais l’utilisation de cette préparation à base de plantes, d’épices, de miel et de ghee (beurre clarifié) continue de faire partie du quotidien des familles indiennes depuis plus de 2 000 ans.

 Une marmelade magique

« En Inde, tout le monde prépare le chyawanprash, explique Kiran Vyas, praticien ayurvédique et fondateur des centres Tapovan en France. C’est le premier des rasayana, compléments alimentaires de la santé globale et de la jeunesse. Dans la recette originelle, on compte une quarantaine d’ingrédients différents, mais aujourd’hui, on utilise plutôt une quinzaine ou une vingtaine de plantes médicinales. »

En effet, dans le Charaka Samhita, la recette compte trente-six plantes médicinales, épices et fruits et quatre adjuvants. Parmi eux, l’amla, « amalaki »en sanskrit, est une sorte de groseille indienne qui contient 20 fois plus de vitamine C qu’une orange. On y trouve ainsi du pippali, ou poivre long, qui agit sur le système digestif et les infections respiratoires, du shatavari, nutritif et aphrodisiaque ou encore de l’haritaki, petite baie aux vertus digestives et riches en antioxydants.Enfin, de l’huile de sésame, du ghee, mais surtout du miel sont utilisés comme adjuvants. En effet, dans l’ayurvéda, le miel et le ghee, sont considérés comme « yogavahi » : mélangés à des herbes médicinales, ils vont aider l’organisme à mieux assimiler leurs bienfaits.

De multiples propriétés

Bien que la liste des propriétés du chyawanprash soit surprenante, il est principalement utilisé en cure comme fortifiant, et stimulateur des défenses immunitaires, des petits et des grands, notamment durant l’hiver. Mais on y a recours aussi pour divers petits bobos : problèmes digestifs comme la nausée, les flatulences ou les crampes intestinales, troubles respiratoires comme la toux… On lui attribue aussi des propriétés aphrodisiaques et un rôle dans la normalisation du cycle menstruel.

Enfin, aussi appelé « marmelade de jouvence », on lui confère de merveilleuses vertus de régénération… que l’on peut attribuer aux vertus antioxydantes de la vitamine C. Selon l’ayurvéda, le chyawanprash aurait le pouvoir de rétablir l’équilibre entre les trois doshas ou « natures profondes », et de calmer les tempéraments stressés et anxieux…

Tester la recette

Dans la recette originale, les herbes et les épices sont préparées en décoction avant d’être filtrées et mélangées à du miel, un peu de ghee et d’huile de sésame. Puis sont ajoutées les épices : cardamome, cannelle, clou de girofle… On obtient ainsi une sorte de mélasse acide et épicée, dont le goût peut paraître un peu fort aux palais occidentaux. On recommande aux adultes d’en consommer une cuillère à café matin et soir, une cuillère à café le matin pour les enfants, seul, sur du pain, ou dans un peu de lait chaud. « Aujourd’hui, chacun prépare le chyawanprash avec ce qu’il a à disposition, indique Kiran Vyas, et la recette a été simplifiée. On peut aussi y rajouter des oligo-éléments, très importants dans l’ayurvéda. Les familles les plus aisées peuvent même y mettre du cuivre, voire de l’or…. ».

 

Pour un chyawanprash 100 % made in France, pourquoi ne pas fabriquer le vôtre ? Si vous ne trouvez pas d’amla, remplacez-le par des groseilles à maquereau, du cynorrhodon ou des baies d’argousier, riches en vitamine C…

Voici une recette « occidentalisée » simple à réaliser :

 

Ingrédients pour 6 portions :

250 g de groseilles à maquereau ou autre baie riche en vitamine C

100 g de sucre roux

100 g de miel

6 cuillères de ghee (beurre clarifié)

6 graines de cardamome

1,5 cuillère à soupe de poivre noir en grains

1 bâton de cannelle de 2,5 cm

1 cuillère à soupe de graines de cumin

2 cuillères à soupe de graines de fenouil

1 pincée de safran.

Réalisation

Moudre les épices ensemble puis faire cuire les baies avant de les réduire en purée.

Dans une poêle, faire chauffer le ghee puis y ajouter la purée de groseille et remuer pour bien mélanger.

Ajouter le sucre roux et le miel et laisser cuire pendant 5 minutes. Ajouter les épices, mélanger et laisser cuire jusqu’à ce que le mélange devienne un peu collant et se détache des parois de la casserole.

Laisser refroidir avant de mettre en pot.

 

En France, vous pouvez trouver du chyawanprash importé dans les épiceries indiennes ou sur le site www.chin-mudra.com


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com