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Préparer un macérat de pousses d’églantier

Le début du printemps est propice à la récolte des bourgeons et jeunes pousses. Celles de l’églantier offrent un remède de gemmothérapie polyvalent, que ce soit pour la sphère ORL ou pour les épisodes inflammatoires de l’arthrose. Il est particulièrement bien adapté aux enfants. Voici nos conseils de préparation et d’emploi.


L’églantier (Rosa canina L.) est un arbrisseau touffu aux rameaux couverts d’épines et doté d’un fruit, le cynorhodon. Bien que souvent appelé « bourgeon », l’églantier ne possède pas de véritable bourgeon mais de jeunes pousses. Ce sont ces jeunes pousses que l’on récolte pour concocter son macérat. En gemmothérapie, on utilise les tissus embryonnaires frais des bourgeons, des radicelles ou des jeunes pousses d’arbres ou d’arbustes. Le bourgeon commence à pousser en automne, s’arrête rapidement en hiver et se déploie au printemps. Il en est ainsi de tous les arbres fruitiers qui préparent déjà les bourgeons de leurs futurs fruits au mois d’août. C’est pourquoi on dit que les arbres « aoûtent ». Ils élaborent les bourgeons du printemps vers la fin de l’été de l’année précédente. La jeune pousse, quant à elle, se développe seulement le printemps venu et se déploie rapidement une fois sortie.

Les tissus embryonnaires du bourgeon et de la jeune pousse sont situés à sa base (au niveau du méristème*) et concentrent tout le patrimoine et les informations génétiques de toutes les parties de la future plante dont une seule cellule peut reconstituer le végétal dans sa totalité. Ces tissus végétaux sont riches en acides nucléiques, acides aminés, hormones végétales, enzymes, vitamines, oligo-éléments, minéraux et sève. Ils représentent une vraie synergie de principes actifs qu’on ne retrouvera plus nécessairement dans la plante adulte : c’est ce que l’on appelle le totum optimum de la plante.

Dans le cas de notre macérat d’églantier, on bénéficie à la fois des propriétés anti-infectieuses de ces fruits, mais aussi des vertus astringentes de ses feuilles associées à celles, anti-inflammatoires, de ses pétales.

Totum optimum en cas d’infections d’ORL

Ces jeunes pousses d’églantier représentent le macérat glycériné de prédilection pour toute la sphère ORL : rhinites, amygdalites ou sinusites à répétition, rhinopharyngites. Elles possèdent une affinité particulière avec la bouche. On l’utilise avant et après des soins dentaires mais aussi contre toutes les inflammations de l’intestin.

C’est aussi le remède de gemmothérapie idéal à utiliser avec les enfants : il renforce et stimule leurs défenses naturelles face aux infections hivernales aiguës ou chroniques telles que grippe, bronchites ou otites grâce à sa haute teneur en vitamine C. Il calme la toux, régénère les muqueuses et contribue à une bonne croissance osseuse. Pour les retards de croissance, on l’associe au bourgeon de sapin. Il peut être pris en synergie avec le bourgeon de cassis pour son action positive sur le système immunitaire.

Ses vertus anti-inflammatoires en font un choix de premier ordre dans les épisodes inflammatoires chroniques touchant le système musculo-squelettique comme l’arthrose ou les rhumatismes au niveau du genou. En dermatologie, il va être bénéfique sur l’eczéma, l’herpès, les inflammations autour des ongles et les verrues.

On a tout intérêt à introduire les macérats de gemmothérapie dans sa pharmacie naturelle : les bourgeons et jeunes pousses sont constitués de substances actives en faible concentration, leurs couches externes les protègent des polluants, ils ne contiennent pas de molécules toxiques et on n’y retrouve pas ou très peu d’huiles essentielles. Ainsi leur usage est très sécuritaire et le risque d’une intoxication est très faible.

Une cueillette sous haute surveillance

On peut cueillir soi-même ses bourgeons pour concocter ses propres macérats avec quelques précautions : attendre plusieurs années entre deux cueillettes sur la même plante, ne pas l’endommager par un prélèvement trop intense ou trop fréquent, ne prélever que le tiers du plant, et jamais la totalité pour optimiser sa repousse et garantir sa longévité.

Quand cueillir ces jeunes pousses ? Le choix du moment de la cueillette est très délicat et va influencer le degré d’efficacité thérapeutique du remède obtenu. Les jeunes pousses en croissance sont prélevées à un stade précis : celui du « débourrage », une période brève allant de quelques heures à quelques jours au moment où ils sont gorgés de sève, gonflés mais peu ouverts. On les surveille comme le lait sur le feu, car si des gels tardifs surviennent, elles peuvent ne pas survivre. Si, au contraire, se présente une journée un peu chaude, elles s’ouvrent très vite et il faut alors se dépêcher !

Un repérage de la bonne espèce botanique est indispensable car chez les arbres, avant la floraison et la pousse des feuilles, l’identification reste difficile. La récolte se fait soit grâce à notre connaissance, soit à l’aide de botanistes lors de balades sur le terrain, ou de guides botaniques des différentes espèces d’arbres et arbustes. L’églantier se reconnaît à ses tiges arquées couvertes d’épines acérées, plus fines que celles du rosier domestique.

Comment faire soi-même son macérat d’églantier ?

La macération dans le solvant se fait au fur et à mesure de la cueillette. On n’utilise que de jeunes pousses fraîches d’églantier en s’assurant que le méristème est récolté avec (elles ne doivent pas présenter de trou à leur base). Elles ne sont ni coupées ni broyées. Une fois notre récolte terminée, on les fait macérer dans de l’alcool à 50 % et la glycérine. L’eau contenue dans l’alcool participe à la transmission des molécules et des « informations énergétiques ». Elle extrait les sels minéraux, les vitamines (notamment C, B et E) contenues dans les jeunes pousses d’églantier, les flavonoïdes, les sucres et les polysaccharides. L’alcool extrait les flavonoïdes, les glucosides, les huiles essentielles et les saponines. La glycérine extrait les composés liposolubles (flavonoïdes, vitamines), c’est-à-dire des substances solubles dans les lipides.

Pour réaliser son macérat on utilise 50 g de jeunes pousses d’églantier, pour 1 litre de solvant constitué d’alcool et de glycérine :

  • 2/3 alcool à 50 %
  • 1/3 glycérine végétale

Faire macérer 3 à 4 semaines. Remuer tous les jours, filtrer, presser délicatement et conserver à l’abri de la lumière et au frais avant utilisation. Si la glycérine est mal tolérée ou si l’on est diabétique, on peut la remplacer par du sirop d’agave biologique. C’est un bon solvant pour les jeunes pousses et bourgeons et son index glycémique est très faible.

*Méristème : tissu de cellules végétales de type embryonnaire à multiplication rapide, il est à l’origine de l’ensemble des tissus et des organes en croissance chez les végétaux. Les méristèmes permettent aux plantes de croître.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com