Abricot : l’anti-fatigue de l’été

Ce fruit du soleil, indissociable du plein été, est apprécié depuis plusieurs milliers d’années. La saison de dégustation étant brève, on le conserve de multiples façons pour en profiter plus longtemps. Mais c’est tout de même cueilli mûr et mangé aussitôt qu’il reste le meilleur !


À l’occasion de fouilles archéologiques dans le sol d’une ancienne cité arménienne, on a retrouvé des noyaux d’abricot datant de plus de 6 000 ans avant J.-C., et c’est dans une lettre chinoise vieille de 4 000 ans que l’abricotier est mentionné la première fois. L’arbre fruitier est ramené en Occident par le proconsul romain Lucullus, un siècle avant notre ère, époque à partir de laquelle sa culture est diffusée sur le pourtour méditerranéen.

La forme du fruit stimule les esprits grivois. On raconte qu’Eudoxie, belle impératrice d’Orient en 395, scandalisa l’Église byzantine par son luxe et ses débauches: blâmée par le patriarche de Constantinople Jean Chrysostome, elle l’exila. Le peuple assiégea alors son palais et le bombarda... d’abricots. À la cour de France, le rébus, en faveur durant toute la Renaissance, devient une véritable mode sous le règne d’Henri III : on rivalise d’esprit pour y introduire le mot « abricot » à des fins de marivaudage d’un goût souvent douteux, au point que la reine fait interdire l’emploi de ce mot.

Plus sérieusement, au XVIIe siècle, les guérisseurs algériens font cuire et dessécher la pulpe d’abricot, recommandée pour guérir l’aphonie. Les abricots, bouillis dans de l’huile d’olive, étaient aussi conseillés le matin contre les diarrhées. Au début du XXe siècle, le Dr Henri Leclerc a constaté que, pour combattre l’anémie consécutive à une hémorragie, une cure d’abricots équivalait à une cure de foie de veau.

Dans les années 1970-1980, les amandes des noyaux suscitèrent l’intérêt des scientifiques. En effet, ils contiennent de la vitamine B17 susceptible d’avoir des vertus anticancéreuses. Mais la structure de cette molécule, capable de libérer de l’acide cyanhydrique en fait un traitement alternatif controversé et aujourd’hui non reconnu.

Antianémique, nutritif, régénérant, antiradicalaire…

  • L’abricot est le fruit le plus riche en carotène (ou provitamine A) qui lui donne des qualités nutritionnelles remarquables et sa belle couleur orangée. Il contient aussi des vitamines B (B1, B2 et B6), C, E et PP.
  • Frais ou séché, le fruit est riche en sels minéraux et oligo-éléments : magnésium, calcium, soufre, manganèse, fluor, cobalt, chrome, phosphore, potassium, fer, cuivre. Frais, il est astringent (et permet de lutter contre les diarrhées) alors que sec, il est laxatif.
  • Sa composition, très complète et utile pour stimuler nos défenses naturelles le fait apprécier des sportifs (en particulier sous sa forme séchée, plus énergétique) et recommander aux enfants, adolescents et personnes âgées ainsi que lors de périodes de fatigue.
  • Attention : il peut provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes.

Côté jardin

Cet arbre frileux peut néanmoins être cultivé un peu partout en France, sous réserve de quelques précautions. Pour votre balcon, pensez aux variétés naines.

Où ?

L’abricotier apprécie un endroit ensoleillé. Au nord de la Loire, il est possible de le palisser contre un mur qui lui apportera une protection contre froid et vent. Cet arbre a besoin d’une terre légère, sablonneuse et profonde ; en terre argileuse, lourde et humide, il poussera difficilement.

Quand ?

La plantation d’arbres à racines nues se fait en automne. Prévoir un trou d’environ 60 cm sur 60 cm au fond duquel on mélange du fumier bien décomposé et de la corne broyée. Recouvrir ce fumier de quelques centimètres de terre, les racines ne devant pas être en contact direct avec cette nourriture. Bien arroser la première année.

Comment ?

Cet arbre supporte mal les coupes importantes, d’où la nécessité de le former quand il est très jeune. Supprimer les petites branches mortes, et dans le cas de tailles plus importantes, prévoir un emplâtre d’argile sur la coupe. À l’automne, du compost, incorporé par griffage du sol, sera apprécié au redémarrage de la végétation.

Semis

Les semis ne coûtent rien à mettre en place. Il suffit de récupérer les amandes des noyaux et de les faire tremper une journée dans de l’eau tiède. Les placer ensuite dans du coton pendant une semaine puis les planter en terre dans des godets, attendre environ deux semaines pour la levée. Vous pourrez planter au début de l’hiver quand le plant aura un an. Pour une bonne qualité des fruits, un greffage sera nécessaire.

Le tour de main de l’herboriste

Smoothie estival

  • 2 abricots dénoyautés, 1 petite carotte. Facultatif : 2 glaçons.
  • Passez le tout au blender et boire aussitôt. La consommation régulière d’abricot (fruit peu calorique) et de carotte donne naturellement bonne mine tout en favorisant le bronzage.

Boisson énergisante

  • 3 abricots dénoyautés, 1 yaourt au lait de brebis, 1 cuiller à café de miel de sarrasin.
  • Passez au mixer tous les ingrédients et dégustez sans attendre.

Fluide régénérant

  • 50 ml d’huile de noyaux d’abricot, 50 ml de gel d’aloé vera. Facultatif : 50 gouttes d’huile essentielle de géranium rosat.
  • Mettre tous les ingrédients dans un flacon. Agitez fortement avant chaque emploi. Utilisez sur le visage et le corps.

Masque bonne mine

  • 2 abricots, 1 cuiller à soupe de paillettes de levure.
  • Écrasez finement les abricots en les mélangeant avec la levure. Appliquez sur votre visage et cou préalablement nettoyés. Laissez poser 20 minutes.

Cure reminéralisante

  • Consommez 5 à 6 abricots par jour pendant une douzaine de jours.

Plantes et Santé vous aide à découvrir le trésor caché dans votre jardin, qui rend la vie belle et joyeuse.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com