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Plantes des sommets : des vertus au top !

Elles croissent et se développent dans un milieu glacial et inhospitalier où les humains ne font, au mieux, que passer. Ces conditions extrêmes expliquent l’hyper-résistance des plantes d’altitude, véritables concentrés de jouvence : protectrices et revitalisantes, elles nous livrent leurs secrets de santé.


Naturellement préservée par des conditions d’accès difficiles, la haute montagne abrite un écosystème unique. Au-dessus de 2 000 mètres d’altitude, lorsque forêts et pâturages disparaissent, quelques plantes de l’extrême survivent à flanc de roche, au creux des moraines et des éboulis. Un écrin minéral hostile, fait de vents forts et d’écarts de températures, qui les condamne à s’adapter en permanence. Leur capacité à puiser la nourriture dans les fentes de terre entre les rochers et des poches d’humidité profondes les dote de mécanismes de défense puissants, particulièrement intéressants en phytothérapie.

En 2012, dans le parc national des Écrins, deux botanistes rencontrent une petite plante aux fleurs violacées, qui pousse en coussinets sur les parois, dès la fonte des neiges. C’est la première fois, dans les Alpes françaises, qu’une plante est découverte au-delà de 4 000 mètres. La saxifrage à feuilles opposées détient le record d’altitude de tout l’arc alpin, puisqu’on la retrouve même à 4 507 mètres, côté suisse. Les saxifrages, qu’on appelle aussi « perce-pierres », sont des réservoirs de vitalité. Sa cousine la saxifrage granulée (Saxifraga granulata) est une plante d’ornement riche en vitamine C. Cholagogue et diurétique, elle stimule la production de bile, soulage le foie, les troubles de la vessie et draine les calculs rénaux. De là à détrôner les stars des sommets, il n’y a qu’un pas... ou plutôt un coup de piolet.

L’edelweiss, le Graal des peaux sensibles

Emblème des Alpes, l’edelweiss est la plus célèbre des plantes de montagne. Avec son duvet laineux et son inflorescence étoilée, la petite fleur blanche, nommée aussi « reine des glaciers », est un symbole de pureté, mais aussi de courage et d’honneur. Une aura de noblesse, nourrie dès le XIXe siècle, par l’essor de l’alpinisme. Rapporter une fleur d’edelweiss de son ascension signe alors l’exploit du grimpeur. Réputée inaccessible, laplante devient une récompense convoitée.

Loin de n’être qu’un mythe esthétique, l’edelweiss est aussi une guerrière de la survie. Entre2 000 et 3 000 mètres d’altitude, son manteau de poils emprisonne l’air et forme une couche isolante. Un pouvoir ultra-protecteur, autrefois utilisé dans la médecine populaire pour traiter les douleurs abdominales et protéger le bétail des infections, que l’industrie cosmétique met aujourd’hui au service de la peau.

Riche en mucilages et en polyphénols, ses propriétés anti-oxydantes et antiradicalaires aident à lutter contre le vieillissement prématuré et maintiennent l’élasticité de la peau. Intégré à la composition de crèmes et sérums concentrés, l’edelweiss renforce la barrière cutanée des peaux matures, sensibles, réactives, sujettes à démangeaisons ou exposées au froid. Anti-inflammatoire, il apaise les gerçures, les coups de soleil, le feu du rasoir et favorise la cicatrisation des petites plaies et crevasses. Antifongique et anti-bactérien, il nettoie les impuretés. L’infusion de ses fleurs séchées s’utilise en compresses légèrement désinfectantes. Extrait en macérat huileux adoucissant, l’edelweiss sert de base nutritive avant la crème de jour ou en huile de massage.

Victime d’un engouement qui a mis l’edelweiss en danger, sa cueillette est désormais interdite dans plusieurs communes des Hautes-Alpes depuis les années 1990 et limitée à la contenance d’une main par personne, sur le reste du territoire. L’edelweiss utilisé en cosmétique n’est pas sauvage et provient souvent de l’autre côté de la frontière, où une coopérative cultive 4 000 mètres carrés d’edelweiss bio dans le Valais suisse.

Génépi, le tonique anti-coup de pompe

La célèbre liqueur, connue dès le Moyen-Âge grâce à la production des moines puis des distilleries savoyardes, s’est fait un nom au pied des pistes, en même temps que les premières stations de ski prenaient leur essor. Cette armoise aromatique, qui appartient à la même famille que l’absinthe, est appréciée pour favoriser la digestion des viandes grasses et des fromages. Elle se partage en gage d’amitié et accompagne les moments conviviaux, propres à la culture montagnarde. Dans les Hautes-Alpes, on en trouve quatre variétés, soumises à une cueillette très réglementée : génépi bleu, génépi noir, génépi blanc et génépi jaune. C’est ce dernier, aussi appelé « génépi vrai », qui est utilisé par les liquoristes.

Typique des Alpes, elle pousse jusqu’à 3 500 mètres, à proximité des glaciers, et peut supporter plusieurs couches de neige. Derrière la boisson des fins de repas, le génépi cache des vertus médicinales méconnues. Aussi rare et résistante que l’edelweiss, le génépi déploie tous ses bienfaits en infusion.

Tonique général, la plante ouvre l’appétit et combat l’asthénie et les coups de fatigue des sportifs en altitude. Fébrifuge, elle provoque la sudation et aide à faire tomber la fièvre. Elle est recommandée en cas de refroidissements et de mal des montagnes, un état nauséeux qui cause vertiges et maux de tête. Antitussive et expectorante, elle évacue le mucus, vient à bout des maux de gorge et des affections pulmonaires. Grand stimulant, le génépi serait aussi indiqué en cas de règles insuffisantes, pour régulariser le flux menstruel. On prendra 30 à 50 grammes de brins de génépi séché pour un litre d’eau, dans 2 à 4 tasses par jour.

Attention, les génépis contiennent des huiles essentielles plus ou moins riches en thuyone, une molécule présente également dans l’absinthe. En surdosage, elle est potentiellement dangereuse, en raison d’un risque de convulsions. La plante ne sera donc pas conseillée chez l’enfant et la femme enceinte ou allaitante.

La cueillette du génépi est interdite dans le parc national de la Vanoise et soumise à restriction dans les autres. Pour assurer le maintien de l’espèce, il faut aussi apprendre à bien le cueillir, en le coupant avec des ciseaux afin de ne pas le déterrer. Les fabricants de l’alcool de génépi, eux, ont dû s’adapter et commercialiser des recettes composées de génépi, à 50% minimum, et d’un mélange d’autres plantes.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com