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Les avantages du doute

doute

Oui, nous avons le droit de douter ! Cela peut d’ailleurs être une force. Laisser place à l’incertitude permet en effet de s’interroger, d’affiner ses jugements ou de se découvrir des capacités d’empathie. Et si nous abandonnions les mauvaises raisons qui nous interdisent de profiter pleinement de cette source de sagesse ?

Pour aller de l’avant, il est parfois bon de s’arrêter. C’est ce moment suspendu qu’offre le doute. Ce temps de déséquilibre inconfortable nous renvoie à nos fébrilités. Mais cet état d’insécurité nous rappelle aussi que nous ne sommes pas des machines programmées pour avoir réponse à tout ! Au fil de notre existence, les hésitations nous font grandir (à condition, bien sûr, de ne pas refléter une profonde déprime). Elles font voler en éclat nos préjugés, invitant à donner du sens à nos actes, à partager des confidences ou des idées. D’ailleurs, la science progresse toujours à coup de remises en question. Pourquoi redouter le doute ? Menons l’enquête : recherchons les émotions qui nous font fuir cet état d’embarras, de perplexité ou de tâtonnement qui embrume un peu les méninges. Puis, regardons si les élixirs foraux, pour une fois, ne peuvent pas contribuer à brouiller les pistes qu’on croyait solides… pour en éclairer d’autres.

Assouplir son esprit

S’habituer à cette sensation un peu brouillonne peut être un atout dans une époque qui valorise la flexibilité. Nous devons sans cesse nous adapter à la nouveauté rapidement et, si possible, sans renoncer à nos désirs profonds ! Tâchons donc de ressembler à ces galets lisses et doux à force d’être polis par les flots, plutôt qu’à cette roche rugueuse sur laquelle tout s’accroche. Cette métaphore est la signature de l’élixir d’eau de roche, une fleur de Bach qui transforme le psychorigide en personne plus sensible, capable de lâcher un peu ses certitudes dogmatiques pour laisser place au questionnement constructif.

La dureté et l’exigence envers soi-même empêchent souvent d’avoir accès à ces moments de flottement qui peuvent pourtant ouvrir à de nouvelles perspectives. Parfois, la peur de douter se manifeste par un entêtement inconscient. On refuse d’être dérangé dans ses façons de fonctionner, et on reproduit sans cesse les mêmes erreurs. Tel le bourgeon qui retient prisonnière une fleur pressée de s’épanouir, l’élixir de bourgeon de marronnier d’Inde nous donne cette retenue qui empêche de foncer sans se poser de questions. Il permet de tirer les leçons de ce qui arrive afin de briser le cercle des répétitions. Sortir de ses mauvaises passes...

suppose de se hasarder dans ses propres zones d’ombre. Mais attention à ne pas s’isoler, telle la violette d’eau qui se cache dans les mares et les fossés. Elle flotte, détachée des autres, dans son propre espace. Comme si elle ne voulait pas être importunée. Comme ces grands solitaires qui pensent qu’il vaut mieux que chacun se mêle de ses affaires. Son élixir permet à ces indépendants de s’ouvrir au partage. En ôtant son voile de méfiance, on accepte que d’autres bousculent notre point de vue bien établi. Ou qu’ils nous tirent de nos cogitations, car à douter seul dans son coin, on en vient à créer des réponses sur-mesure parfois inadaptées. Pour autant, ne soyons pas crédules. L’élixir de tournesol peut aider ces personnes qui avancent aveuglément dans une seule direction. Cette fleur solaire qui s’épanouit harmonieusement auprès de ses « soeurs » invite à rééquilibrer son lien à l’autorité, qu’on soit effacé ou arrogant.

Ouvrir son coeur

Un ego trop faible ou trop fort peut conduire à un manque de discernement, ce qui ne permet pas de suspendre son jugement, d’émettre des réserves ou de détecter un mensonge. Or, c’est à cela que sert le doute. Ceux qu’on accuse parfois d’être donneurs de leçons, « toujours plus savants que les autres », ont tout à gagner à choisir l’élixir de vigne pour ouvrir leur coeur à d’autres convictions. Le cep rigide et noueux ne donne-t-il pas des fruits sucrés et savoureux? Nul ne détient la vérité. Prenons exemple sur les philosophes qui s’interrogent sur l’existence en écoutant les autres
!
De nombreuses émotions entravent ce sentiment d’indétermination constructif. Et des élixirs les rééquilibrent. Évoquons rapidement la colère, qui empêche de se poser, représentée par le houx aux feuilles rigides et épineuses, ou le sens du devoir incarné par le chêne, arbre majestueux sous lequel se rendait la justice. L’incertitude, il est vrai, nous inconforte. Certains élixirs aident à naviguer dans cet état. La bistorte, par exemple, possède une signature très parlante. Sa racine est tordue deux fois, d’où son nom. Et elle s’accroche ! Il faut dégager la terre tout autour si on ne veut pas qu’elle casse, car elle ne se laisse pas « prendre ». Son élixir, qui recentre et fortifie, aide à surmonter la désorientation. Et ses fleurs roses qui bougent en symbiose au gré du vent, tel un ballet exécutant une chorégraphie silencieuse, évoquent la capacité à se laisser balloter dans un groupe tout en restant soi-même.

Ce réancrage est important. Car après le temps des incertitudes viendra celui de la décision, prise en accord avec ses propres désirs et valeurs. Cultiver le doute est un défi inhabituel, mais peut aussi mener à une vie plus enrichissante. D’ailleurs, tout être humain s’y confronte à travers les éternelles questions qui l’animent : d’où viens-je, où vais-je ?…

Édelweiss : de la brume à l’air pur

Cette fleur des sommets illustre la vertu du tâtonnement à chaque fois qu’on se lance dans un projet de vie. Elle nous montre que c’est en gravissant des montagnes qu’on peut se retrouver seul face à soi, dans un espace pur et grandiose qui favorise l’intériorité. Cette étoile des neiges concentre ses forces en poussant dans des conditions difficiles. Pourtant, elle affiche une texture veloutée et une blancheur qui réconforte. Son élixir montre la voie de la lucidité. Il invite à ne pas se précipiter pour atteindre ses buts : du moment qu’on évolue avec ses aspirations profondes, même si on se sent parfois perdu, on ne s’égare jamais. Et quand l’horizon se dégage, notre projet peut éclore dans la sérénité.

Leçon de scepticisme

Prôner le doute est rare dans l’univers du développement personnel. Inspirée des enseignements d’une civilisation mexicaine ancestrale, « la Voie toltèque » propose d’adopter des principes moins illusoires que les croyances et attitudes limitantes qui régissent nos vies. Aux quatre premiers principes, aussi appelés « accords » (« que votre parole soit impeccable », « n’en faites jamais une affaire personnelle », « ne faites aucune supposition » et « faites toujours de votre mieux »), ses fondateurs ont ajouté plus tard : « Soyez sceptique, mais apprenez à écouter ! » Car à systématiquement tenir pour vrai ce qu’on pense et perçoit, on se raconte des histoires. Cela favorise l’autojugement et nuit aux nouvelles opportunités et à la créativité. Cela empêche aussi de comprendre l’autre. Or, nous n’avons pas besoin de croire autrui, mais de respecter sa vision du monde. Pour cultiver le scepticisme, tentez sur une journée de vous interroger sur tout et de ne jamais livrer vos conseils ou opinions.

Observez qui vous écoutez.
Essayez de penser l’inverse de ce que vous croyez (et si cela était plausible ?).
Demandez-vous pourquoi d’autres agissent ou pensent à l’opposé de vous en étant sûrs, tout comme vous, d’avoir raison.
Imaginez-vous vivre ailleurs ou à une autre époque : penseriez-vous de la même façon ?
Remettez en cause vos connaissances.
Repérez les intentions derrière le message qu’on vous délivre. Comme lorsque vous soupçonnez un e-mail frauduleux ou du green washing dans une publicité ! 

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