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Les jardins panoramiques de Limeuil Poésie et pédagogie au sommet

Les jardins panoramiques de Limeuil

Dominant l’un des plus beaux villages de France, ces jardins offrent un point de vue grandiose sur la Dordogne. Très pédagogiques, ils procurent une multitude d’enseignements sur les plantes et leurs usages – médicinal, tinctorial ou écologique.

La visite commence dès l’arrivée au pied du village médiéval, tout au long des ruelles qui partent de la rivière et grimpent en pente raide jusqu’aux Jardins panoramiques de Limeuil. Quel accueil ! Coquelicots, pavots, roses, glycines et valérianes rivalisent de couleurs, agrippés aux pierres centenaires ou adossés aux murets des maisons riveraines. Parvenu en haut de cet éperon rocheux, on découvre sa récompense : deux hectares de verdure luxuriante, délimités par les remparts de l’ancien château fort, et qui forment ensemble une sorte de grand vaisseau posé au sommet du village.

Six jardins pédagogiques

Créés au XIXe siècle, ces jardins furent d’abord la réalisation du rêve d’un médecin à la retraite. Expatrié pendant de nombreuses années au Maroc, il se retira dans son village natal et acquit ce domaine haut perché. Le voyageur réalisa les plantations en s’inspirant des jardins hispano-mauresques qui marient terrasses et patios, scènes aquatiques et jeux d’ombres et de lumières... autant d’éléments pour inviter la poésie au jardin! On peut toujours admirer les arbres aujourd’hui centenaires : le séquoia, les magnolias, les conifères (if, cyprès, cèdre de l’Atlas...) et les buis. À la mort du médecin, la végétation fut laissée à l’abandon, et ce n’est qu’environ un demi-siècle plus tard que la municipalité de Limeuil décida de réhabiliter le domaine.
Elle sollicita pour cela l’association Au Fil du temps et ses botanistes passionnés qui imaginèrent non pas un mais six jardins pédagogiques. Depuis 2004, il y a donc tout juste dix ans, c’est une balade très instructive qui nous est offerte. À l’accueil, les enfants se voient remettre un livret qui leur propose un jeu de piste à la découverte des plantes et de leurs usages. Les adultes ne sont pas en reste avec une signalisation des massifs et des arbres très pointue, riche en enseignements historiques, pratiques et écologiques. À vos crayons !
Le premier jardin est dédié aux plantes médiévales

> et distingue les simples telles que l’angélique, la sauge officinale et la rose de Damas ; les légumes « anciens », carde, panais, raifort ; les utilitaires avec le fragon et la saponaire; et enfin les plantes rapportées des explorations botaniques comme le tabac, le maïs et l’aubergine. Le second espace met en scène les plantes tinctoriales, pastel, gaude, garance ou mahonia. Une petite ronde autour du grand séquoia et l’on découvre le jardin des sorcières qui abrite des officinales mais aussi des plantes à toucher aux textures bien différentes: l’épiaire à oreille d’ours, le gazon d’Espagne, la fétuque bleue ou le sedum...

Une succession d’ambiances

La balade nous conduit à son point culminant en nous offrant une superbe vue sur la rencontre entre la Dordogne et son affluent la Vézère. Se succèdent ensuite un jardin gourmand qui accueille les différentes variétés de fraises cultivées en Dordogne, un jardin d’eau qui rassemble des plantes des rivières locales – sagittaire, iris d’eau et cératophyllum –, et enfin le jardin des insectes avec sa jachère fleurie et sa collection de buddleias. Cette succession d’ambiances procure une promenade très riche en enseignements sur les traditions et les différents écosystèmes de la région.

S’initier à la teinture végétale    

En juillet et en août, on peut aussi expérimenter la teinture végétale aux jardins de Limeuil. L’occasion de rappeler que cette activité devint une véritable industrie sous l’impulsion de Colbert. En 1671, un règlement royal établit même deux corps distincts de teinturiers, ceux du grand teint et ceux du petit teint, précisant aussi les plantes et procédés autorisés pour l’un et l’autre. Le développement des teinturiers participe aussi à la démocratisation de certaines couleurs. Le rouge issu auparavant de bois de campêche (Haematoxylum campechianum) devient plus commun grâce à la garance cultivée dans le Vaucluse à partir de 1770. « Ce sont les racines de cette plante aux petites fleurs jaunes qui donnent une belle teinture rouge », rappelle Anne-Cécile Godet de l’association Au Fil du temps. Pendant les ateliers organisés aux jardins, on extrait le principe colorant, réalise un bain de teinture, y plonge une étoffe de coton ou de soie et on repart avec le résultat !

Renseignements sur les différents ateliers : www.au-fil-du-temps.com

1. Mahonia à feuilles de houx Mahonia aquifolium
Cet arbuste épineux originaire d’Amérique du Nord est depuis longtemps naturalisé en Europe. Il fleurit pendant l’hiver avant de produire de grandes grappes de baies violacées. Elles sont comestibles, en confiture ou en liqueur. Crues, elles sont très acides et amères et ne doivent pas être consommées en grande quantité car les alcaloïdes que contient la graine sont toxiques. Les Amérindiens fabriquaient un colorant jaune à partir des racines et des écorces. Des études récentes présentent les extraits d’écorce de racine comme très prometteurs dans le traitement de l’eczéma et du psoriasis.

2. Fragon épineux Ruscus aculeatus
Cet arbuste à feuilles persistantes et coriaces est originaire des maquis du bassin méditerranéen. En Gironde, il était appelé gringon et servait à la fabrication de balais rustiques. Il fut longtemps utilisé pour le traitement de la constipation, des troubles urinaires et des douleurs abdominales. Puis il est tombé dans l’oubli jusqu’à ce que deux scientifiques français, dans les années 1950, isolent dans ses rhizomes deux molécules aux propriétés vasoconstrictrices. La plante est aujourd’hui indiquée dans le traitement de divers troubles circulatoires, notamment l’insuffisance veineuse (jambes lourdes et enflées, varices, etc.) et les hémorroïdes. Les jeunes pousses sont comestibles, crues ou cuites.

Comment y aller

En voiture Depuis l’autoroute A89(Bordeaux- Brive), emprunter la sortie n° 16 puis prendre la direction Le Bugue et suivre enfin celle de Limeuil.
En train Plusieurs gares se trouvent à proximité, Le Buisson-de-Cadouin (6 km), Le Bugue (6 km), Sarlat (36 km) ou Bergerac (42 km).
Adresse place des Fossés, 24510 Limeuil. Tél. : 05 53 57 52 64. www.jardins-panoramiques-limeuil.com
Les visites des jardins ont lieu tous les jours sauf le samedi de 10 heures à 12h30 et de 14 à 18heures ; en juillet et août de 10 à 20 heures. Les jardins sont ouverts toute l’année pour les groupes.
Tarif plein : 7,50 €. En juillet et août ce tarif inclut la participation aux ateliers.
Hébergement La Rolandie haute propose deux chambres d’hôtes à 55€ la nuit, petit-déjeuner compris. La Rolandie haute, 24510 Limeuil. Tél. : 05 53 73 16 12. www.larolandie-limeuil.com 

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