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Jardin de Genève : Une botanique de précision

Jardin de Genève

Le Jardin botanique de Genève ne s’endort pas sur ses lauriers. Résolument moderne et innovant, il invite le visiteur dans un monde où chaque plante est célébrée, du modeste plantain au plus sacré des lotus.

On loin du siège de l’ONU, le Conservatoire et Jardin botanique de la ville de Genève abrite un herbier d’importance internationale. D’abord construit au coeur de la ville en 1817, il a été déplacé vers son site actuel en 1904. Plus qu’un simple jardin, le Conservatoire possède aussi une mission de recherche scientifique. Afin de mieux les protéger, les chercheurs étudient notamment des espèces devenues rares en Suisse telles que le panicaut des Alpes, un chardon, ou la littorelle, plante des rivages lacustres dont quelques spécimens vivent encore au bord du lac Léman.

En parcourant les 28 hectares du jardin, le promeneur saute d’un univers botanique à un autre. On parcourt l’arboretum où se dresse un chêne rouvre de plus de trois cents ans et des rocailles si bien conçues qu’on se croirait en pleine nature. S’il fait frisquet, les serres tropicales permettent de se réchauffer tout en admirant les appétissantes vanille, cannelle et muscuda. À côté de ces classiques, des conceptions originales telles que les terrasses des officinales et des utilitaires valent aussi le détour. Cinq cents espèces de plantes médicinales, alimentaires, à parfums, tinctoriales et mellifères s’épanouissent dans dix jardins en terrasses.

Plantes et racines en cuisine

Parmi les plantes alimentaires cueillies en Suisse, on trouve la noix de terre, dont la racine au goût de noisette est comestible. Ses graines sont également utilisées comme succédané de cumin. La bardane, dont les racines se cuisinent comme le salsifis, agrémente aussi les plats. De plus, elle s’avère diurétique et combat les affections rhumatismales. Un peu plus loin pousse un exhausteur de goût naturel: la livèche. L’ensemble de la plante rappelle le sel de céleri dont on assaisonne les potages. Surtout, le goût de sa racine est analogue à celui du bouillon cube d’une célèbre marque, les additifs...

chimiques en moins, bien évidemment.

Au jardin empoisonné

Les plantes médicinales sont classées en fonction des organes qu’elles soignent : foie, yeux, reins... On y trouve l’alchémille commune, aussi appelée herbe des femmes, car elle soulage les règles douloureuses et les jambes lourdes. Ses larges feuilles étaient prisées des alchimistes qui y recueillaient la rosée versée dans leurs préparations. À ses côtés pousse la consoude, dont le nom provient de sa capacité à consolider les os. Riche en allantoïne, en calcium et en silice, elle s’utilise en cataplasme pour traiter plaies et fractures. En revanche, il est déconseillé de la manger. Les terrasses accueillent également deux créations inédites : le jardin des blés et le jardin vigneron. Le premier accueille des espèces anciennes comme l’engrain, ou petit épeautre, qui fournit une farine goûteuse, prisée des pâtissiers. Surtout, les plates-bandes comptent aussi des plantes messicoles. Elles accompagnent les céréales depuis la naissance de l’agriculture, mais ont largement disparu à cause des herbicides. Ici, on laisse grandir l’aspérule des champs et l’adonis annuel, qui ont totalement disparu de champs. De même, l’élégante nielle des blés, qui ne subsiste encore qu’au milieu des cultures traditionnelles du canton du Valais.

Le jardin vigneron présente pour sa part des cépages anciens, du chasselas notamment, le raisin roi de Suisse romande. La vigne abrite aussi ses plantes compagnes comme la rare et magnifique tulipe sauvage. L’ornithogale, le muscari et toutes sortes d’aulx y poussent également, loin des traitements chimiques. Les découvertes continuent vers le jardin empoisonné... À vous de poursuivre ce voyage, direction la Suisse !

Comment y aller

Par les transports en commun
Trains régionaux au départ de la Gare Cornavin en direction de Lausanne, arrêt Genève-Sécheron. Par le bus n° 1, 11, 25 ou 28, arrêt Jardin botanique. En voiture : le parking des Nations se situe à dix minutes à pied du jardin.
Renseignements
Ouvert du 25 octobre au 31 mars de 9h30 à 17h, et du 1er avril au 24 octobre, de 8h à 19h30. Entrée libre.
Hébergement
Un cadre en pleine nature à 25 minutes de Genève, chambre d’hôte dans le Haut-Jura. 75 € la chambre double. Infos et réservation : www.martenie.cmonsite.fr
Infos
Site du jardin : www.ville-ge.ch/cjb

De l’usage des plantes sacrées

Le Jardin botanique propose actuellement, et jusqu’au 18 octobre, une  exposition sur le thème des plantes et de la spiritualité. Dans les liens  entre le végétal et le sacré, les religions asiatiques sont notamment à  l’honneur. Une belle statue du Bouddha trône au milieu de ses lotus, fleur symbole d’éternité. On découvre aussi le tagète, communément  appelé œillet d’Inde. Utilisé comme offrandes en Asie, il est originaire  du Mexique où il est employé lors des cérémonies de la fête des  morts. Les plantes hallucinogènes des chamans attirent l’œil des  curieux, mais restent à l’abri d’une construction en verre, pour éviter  la tentation. Un espace monothéiste présente les bois utilisés pour  la confection des croix et des chapelets. On apprend même que le  prophète de l’islam recommande le frotte-dent, la brosse à dents  africaine. Au Sénégal, quinze espèces végétales sont utilisées pour les  fabriquer. Certaines se révèlent bactéricides, digestives et favorisent  même le blanchiment des dents. 

1. La grande absinthe  (Artemisia absinthium)
La première recette d’absinthe était un breuvage médicinal inventé  par une guérisseuse du canton de Neuchâtel, en Suisse romande. Cette plante est vermifuge et combat la fièvre. Peu de temps après,  elle deviendra la célèbre boisson alcoolisée, parfois nommée « fée  verte », si appréciée des poètes maudits français. La thuyone qu’elle contient est une molécule qui peut  être toxique à haute dose.

2. L’edelweiss (Leontopodium alpinum)
L’edelweiss n’est plus cueilli dans  la nature en Suisse. Il est cultivé  de manière biologique depuis  une vingtaine d’années. En France,  la cueillette est interdite dans les Hautes-Alpes et souvent restreinte  ailleurs à une dizaine de fleurs.  L’industrie cosmétique l’inclut dans  ses formules de crèmes antirides pour  l’acide léontopodique qu’il contient. 

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