• Plantes médicinales : ferme du bec-hellouin

La Ferme du Bec-Hellouin, un jardin nourricier

 

Fouler la terre de la Ferme du Bec-Hellouin, voilà une expérience que j’attendais avec impatience. Située à une quarantaine de kilomètres de Rouen, elle n’a pas déçu mes espoirs : un potager riche et morcelé, un cheval de trait, un four à pain, une chaumière typique de la campagne normande, de nombreux arbres disséminés... « Nous voulions créer une ferme ancrée dans la tradition », raconte Charles Hervé-Gruyer qui a acquis, avec son épouse Perrine, le statut d’agriculteur en 2006. Je suis tout de suite frappée par le travail de fourmi réalisé par ce couple très dynamique : sur 16 hectares dont 12 sont boisés, ils ont gardé une approche de jardinage. « La main de l’homme est au cœur de notre ferme », conclut Charles.

Pas moins de 800 végétaux différents sont cultivés. Mais la ferme n’est pas un simple lieu de production : c’est un véritable écosystème au sein duquel plusieurs milieux s’imbriquent. Passé le petit canal qui traverse le lieu et alimente l’abbaye du village, nous arrivons sur des îlots : les plantes potagères y poussent sur des buttes et respectent de savantes associations. Dans une « forêt nourricière », des arbres fruitiers cohabitent avec une multitude de petits végétaux comestibles. Le jardin « mandala » reste la partie la plus étonnante visuellement : aménagé en cercles concentriques, on s’y ressource tout en jardinant. « Chaque milieu profite à l’autre, et le tout est plus que la somme des parties. »

À y regarder de plus près, cette ferme se trouve à la pointe des nouvelles pratiques agroécologiques. Il y a trois ans, Perrine et Charles ont en effet adapté la permaculture à leur activité maraîchère : « Cette approche, qui propose de faire alliance avec les forces de vie, nous a tout de suite passionnés », se souviennent-ils. Ils l’ont expérimentée avec succès : depuis 2010, le public se bouscule au portillon pour découvrir ce qui est devenu une référence en permaculture. Et des grands noms de l’agroécologie, comme Pierre Rabhi, Philippe Desbrosses ou Marc Dufumier ont tous fait le déplacement pour connaître l’œuvre de Perrine et Charles.

« D’une certaine manière, nous pratiquons une agriculture inspirée des peuples premiers, c’est-à-dire très productive et de faible impact sur l’environnement », se réjouit le paysan. Non contents de produire des fruits, des légumes, du vinaigre de cidre ou des plantes médicinales pour la famille, ces néo-ruraux approvisionnent, entre autres, deux AMAP. Perrine et Charles se nourrissent du paysage harmonieux qu’ils ont créé. À la Ferme du Bec-Hellouin, j’ai rêvé d’un autre espace rural : celui qui contente aussi l’esprit.

  • Pour écouter l'interview d'Adeline Gadenne qui a rencontré Charles Hervé-Gruyer sur Radio Médecine Douce, cliquez ici

 

• Comment y aller :
La ferme se situe sur la D39, à 1 km du village du Bec-Hellouin en direction de Saint-Martin-du-Parc. Gare SNCF la plus proche : Bernay.
 

• Renseignements :
Visites réservées aux groupes de 15 personnes.
Visites individuelles les 14 juillet et 18 août, de 14 à 18 heures, 8 € ; enfants, 4 €.
Adresse : 1 sente du Moulin-au-Cat, 27800 Le Bec-Hellouin.
Tél. : 02 32 44 50 57, www.fermedubec.com.
Dès la fin mars, formations sur la permaculture, le jardinage et l’agriculture naturelle.
 

• Hébergement :
L’écocentre (bâtiment bioclimatique construit avec des matériaux anciens) peut être loué comme gîte de groupe (jusqu’à douze personnes).
Devis sur demande.