La canneberge : une solution alternative contre la cystite

La canneberge, petite baie native d'Amérique du Nord, est connue pour son action antibiotique, notamment pour le traitement et la prévention des infections urinaires.


[Mis Ă  jour le 17/05/2018] Bien connue outre-Atlantique, rĂ©gion dont elle est native, comme remĂšde traditionnel des infections urinaires, la grande airelle rouge d’AmĂ©rique du Nord livre enïŹn quelques-uns de ses secrets Ă  la communautĂ© scientiïŹque. Outre des propriĂ©tĂ©s anti-oxydantes dues Ă  une forte concentration en polyphĂ©nols (deux fois plus que dans le raisin rouge, champion en la matiĂšre), la canneberge d’AmĂ©rique du Nord ou Vaccinium macrocapon (Ă  ne pas confondre avec la canneberge europĂ©enne ou encore avec l’airelle, dont la composition en acides organiques ainsi que le proïŹl en anthocynes sont diffĂ©rents) diminuerait de façon signiïŹcative la frĂ©quence des infections urinaires et rĂ©duirait la rĂ©cidive des cystites, une inflammation aiguĂ« ou chronique de la vessie qui frappe tous les ans en France deux millions de personnes dont 85 % de femmes.

Autour des Grands lacs d’AmĂ©rique du Nord, les Indiens raffolaient de ces fruits sauvages et rares qu’ils appelaient atoka. Ils apprĂ©ciaient en particulier leurs effets bĂ©nĂ©fiques pour la dĂ©sinfection des plaies, les problĂšmes de vessie ou de reins et l’hygiĂšne bucco-dentaire. La lĂ©gende raconte que de part et d’autre du fleuve Saint Laurent, vivaient deux tribus. La premiĂšre qui avait la chance de voir pousser de la canneberge sur ses rives, arborait une dentition parfaite et d’une blancheur Ă©clatante. L’autre, n’avait pas eu ce don du ciel et souffrait d’une dentition dĂ©plorable.

Anti-adhésif bactérien

Des Ă©tudes cliniques randomisĂ©es, rĂ©alisĂ©es par les chercheurs de l’UniversitĂ© de Rutgers dans le New Jersey ont dĂ©montrĂ© que les effets bĂ©nĂ©ïŹques de ce fruit sauvage qui pousse exclusivement autour des Grands lacs du continent nord amĂ©ricain, sont liĂ©s Ă  l’inhibition de l’adhĂ©rence de certaines bactĂ©ries escherichia coli pathogĂšnes sur la muqueuse urinaire. Surtout, ils ont identifiĂ© les pro-anthocyanidines de type A, exclusivement contenues dans la canneberge (ou cranberry) comme agent destructeur de ces bactĂ©ries. EmpĂȘchĂ©es de se ïŹxer sur les parois vĂ©sicales, les escherichia colis sont alors simplement Ă©liminĂ©es lors de la miction. À tel point que les autoritĂ©s sanitaires françaises ont donnĂ©, le 6 avril dernier, un avis favorable Ă  l’emploi de cette plante et ont estimĂ© que : « les donnĂ©es prĂ©sentĂ©es suggĂšrent que la consommation de jus de Vaccinium macrocarpon conduit à une diminution de la frĂ©quence des infections urinaires dues à certains E.coliuro pathogĂšnes chez la femme adulte».

Trois fois moins de cystites 

Fort de ces donnĂ©es, le laboratoire français Pharmatoka, spĂ©cialisĂ© dans les complĂ©ments alimentaires, vient de mettre sur le marchĂ© Urell, un concentrĂ© de pur jus de cranberry, pasteurisĂ© et sans ajout, directement importĂ© de la rĂ©gion des Grands lacs. "Nous avons pris soin, lors de la pasteurisation, de ne pas dĂ©naturer, par des tempĂ©ratures Ă©levĂ©es, les substances naturelles anti-oxydantes du fruit qui, outre leurs bienfaits sur la santĂ©, permettent une conservation prolongĂ©e, et sans ajout du jus concentrĂ©", tient Ă  prĂ©ciser LoĂŻc Renard, directeur gĂ©nĂ©ral de Pharmatoka. Vendue depuis peu en pharmacie et parapharmacie et prĂ©sentĂ©e en ïŹ‚acon de 300 ml avec une pipette de 5 ml, une bouteille d’Urell autorise une cure de trente jours.

« L’objectif, souligne le patron du petit laboratoire de Rueil-Malmaison (92), est d’éviter, grĂące Ă  une supplĂ©mentation en cranberry dĂšs la dĂ©claration de la cystite, la prise rĂ©pĂ©titive d’antibiotiques et de prĂ©venir ainsi les risques de rĂ©sistance, mais surtout de diminuer de trois Ă  quatre fois la frĂ©quence des infections urinaires dues Ă  des escherishia coli chez la femme ».

Aux Etats-Unis, le jus de canneberge est systĂ©matiquement prescrit couplé à de l’antibiothĂ©rapie pour traiter les cystites rĂ©cidivantes.


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un prÚs de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com