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Le lotus : faites la paix avec vous-même

Je me promenais avec mon amie dans Paris, un soir d’hiver, parmi les vieilles rues pavées. C’était l’heure du dîner, il faisait froid et il pleuvait. C’est alors que nous avons aperçu une enseigne rouge, en caractères chinois. Je proposais de tenter le coup. Après tout, nous ne risquions qu’un dîner.

Un quart d’heure plus tard, nous étions assis devant une bassine en métal, récipient de la fondue chinoise, et plein de petites assiettes de viande, de poisson et de légumes crus, destinés à être bouillis. Décontenancés mais pas bégueules, nous nous sommes mis à faire cuire notre repas à l’aide de piques, à partir des aliments qui nous semblaient les plus familiers.

Et là, j’ai remarqué un gros radis plein de trous, dont la forme avait celle d’un barillet vu de face. N’ayant jamais vu ni mangé quoi que ce soit de semblable, j’ai appelé la serveuse pour lui demander ce que c’était. Elle m’a répondu, dans une langue assez hésitante, qu’il s’agissait tout simplement de lotus.

Je restais interloqué. Comment pouvait-on manger le lotus, qui a la réputation d’être la plante la plus sacrée de toute l’Asie ? Et pourquoi cette plante si gracieuse prenait-elle une forme si étrange ?

En fait, il s’agissait de la racine du lotus.

Le lotus est une plante connue pour sa fleur suspendue au-dessus de l’eau boueuse des marais, et c’est de sa puissante racine qu’elle tire la force de se tenir droite. C’est donc à partir de là que j’ai commencé ma petite enquête dans le but d’en savoir plus sur cette plante à juste titre si admirée.

 

Un bolide dans votre assiette

J’étais bien ridicule de croire que la consommation de cette plante ait pu être sacrilège ! Cela fait longtemps que le lotus est cultivé et consommé en Asie, et il n’a plus rien d’une plante exclusivement sauvage.

Quant à sa racine, c’est un aliment très sain à recommander, même s’il est utile de savoir bien la cuisiner. Vous trouverez heureusement de nombreuses recettes sur internet ou dans les livres de cuisine asiatique.

Un « lotus » de 100 g vous fournira ainsi un tiers de votre apport journalier en vitamines C, beaucoup de fibres, de la vitamine B6, du cuivre, du phosphore et du potassium, c’est-à-dire des nutriments essentiels à une alimentation saine et équilibrée.

Cette racine est de longue date utilisée en Chine, et permet de lutter contre le diabète et l’obésité, grâce à ses facultés de régulation du sucre dans l’organisme. En consommer dans le cadre d’une alimentation variée vous aidera donc à maigrir, et à terminer cette lutte contre soi-même que l’on appelle régime.

Voilà la première sorte de paix à laquelle vous invite le lotus.

 

Immaculé en toutes circonstances

Vous imaginez que la Bible se soit appelée le livre de l’olivier ? Étrange non ? Pas en Asie, où l’un des livres sacrés du bouddhisme s’appelle l’Enseignement (Sutra) du lotus. C’est dire la haute estime dans laquelle les Asiatiques, de l’Inde au Japon, tiennent cette plante.

Il existe une légende selon laquelle le Bouddha se serait servi de lotus pour ressusciter 500 femmes de son peuple, lesquelles auraient été tuées par un roi voisin. Dans ce récit, le lotus tient le rôle de symbole, celui de la vertu salvatrice de la sagesse, mais il laisse deviner ses pouvoirs dissimulés.

Certes, vous avez sans doute entendu parler de cette technique de yoga appelée « position du lotus ». Mais connaissez-vous « l’effet lotus » ? Il explique en bonne part l’excellente réputation de cette plante. 

Il s’agit d’une capacité particulière du lotus qui consiste à demeurer imperméable aux liquides extérieurs, grâce aux piques microscopiques qui parsèment sa surface.

Car les gouttes de liquide n’imprègnent une matière que si leur surface se brise. Or les piques du lotus les en empêchent, de la même façon que les soies du gerris, cet insecte qui « marche sur l’eau ».

Aujourd’hui, cet effet lotus est étudié par de nombreux ingénieurs, notamment pour produire des verres qui n’ont pas besoin d’être essuyés.

Mais les sages de l’Orient antique y percevaient un symbole plus spirituel. Cette plante demeure immaculée, alors qu’elle pousse justement dans les marais, qui sont en principe les lieux les mieux pourvus en eaux croupies, bactéries et parasites.

Et puis, le lotus a cette autre particularité qui fait que sa fleur, grâce à sa tige et à sa racine très résistante, ne baigne jamais dans les eaux sales, mais demeure suspendue au-dessus, comme en lévitation

Vous le savez, plante sacrée rime avec panacée. C’est pour cette raison que le pouvoir du lotus à demeurer immaculée peut se manifester dans votre corps. On prête entre autres, à ses graines, des vertus anti-oxydantes.

Malheureusement, il est plutôt difficile de trouver des graines ou des feuilles de lotus pour s’en préparer soi-même des remèdes. Déjà que les herboristes spécialisés dans la flore de nos contrées sont trop rares, ceux qui peuvent prétendre à la connaissance des plantes asiatiques le sont plus encore.

Toutefois, le lotus étant une plante appréciée internationalement, il est facile de s’en procurer sous la forme d’huile essentielle ou de thé.

Bonne contre l’acné, le rhume et la grippe, l’huile essentielle de lotus renforce le système immunitaire, désinfecte et cicatrise les plaies même profondes.

Laissez-moi vous conter comment elle m’a fait découvrir le plus grand pouvoir du lotus : celui d’apaiser le corps et l’esprit. 

 

La sérénité faite huile

Un soir qu’elle revenait tout juste d’Inde, nous discutions des simples de l’Inde classique, auxquels les auteurs des épopées anciennes prêtaient des vertus miraculeuses. Me sentant porté à l’ironie, mon amie sortit alors de son sac un flacon d’huile essentielle de lotus et commença à me vanter ses vertus apaisantes.

Devant mon incrédulité, elle se saisit de son brûle-parfum et y versa soigneusement quelques gouttes. L’arôme du lotus se mit à embaumer la pièce : l’ambiance a changé du tout au tout, nous invitant à un calme bienfaisant.

Ainsi se dévoila ce qui est, à mon humble avis, la principale vertu du lotus : il apaise les crises d’angoisses comme les petites anxiétés. Il agit mieux que tous les décontractants chimiques, et son effet est rapide.

Ce n’est pas pour rien qu’il est appelé lotus sacré, et que les moines bouddhistes boivent régulièrement du thé aux étamines de lotus. Ses effets sont donc aux antipodes de ceux du lotus bleu, hallucinogène et aphrodisiaque, et qui appartient à une autre espèce.

L’effet sédatif du lotus est également réputé. Évitez donc de l’employer dès le matin pour contrer ces bouffées d’anxiété qui peuvent survenir avant les journées difficiles. Vous risqueriez, en fin de compte, de vouloir rester au lit !

Je sais très bien que ni l’huile ni le thé de lotus ne seront suffisants pour me faire atteindre l’Illumination. Mais un peu de sérénité, pour moi qui ai longtemps été un angoissé chronique, c’est toujours ça de pris.

Et puis, on n’est jamais assez proche des racines, même lorsqu’elles viennent de l’autre côté de la planète !

 

À votre bonne santé,

 

Gary Laski 
 




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