• Sauge

La sauge : propriétés et recettes

Appréciée depuis l’Antiquité, la sauge est parée de tant de vertus qu’on a même fini par dire qu’elle pouvait rendre immortel. Il n’en reste pas moins que ses feuilles aromatiques sont efficaces pour de nombreux problèmes de santé.


La réputation de la sauge n’est plus à faire. Ce n’est pas pour rien que son nom – salvia – signifie en latin la plante qui sauve la vie ! Les anciens Égyptiens connaissaient ses effets sur le système hormonal des femmes. On la retrouve quel­ques siècles plus tard en Grèce où Diosco­ride la conseille pour les maux féminins mais aussi pour traiter les infections des muqueuses. Au début du IXe siècle, Charle­magne impose sa culture.

Une plante de traditions et de rituels.

Et c’est tout naturellement qu’elle se retrouve dans de nombreuses préparations : eau d’arquebuse, eau céleste, eau impériale. La sauge était si appréciée des Chinois qu’au début du XVIIe siècle ils échangeaient avec des marchands hollandais une caisse de feuilles de thé contre trois de feuilles de sauge. À la même époque, elle entre dans la composition du « vinaigre des quatre voleurs » censé protéger de la peste. Louis XIV, qui vécut jusqu’à un âge canonique pour son époque, buvait chaque matin une décoction de sauge. Au XVIIIe siècle, les vertus de la sauge sont mises à profit par les asthmatiques, ses feuilles sont fumées, comme du tabac, pour soulager les crises !

Père de l’hydrothérapie moderne, l’abbé Kneipp (1821-1897) apprécie aussi la sauge et fait cette recommandation : « Aucun propriétaire de jardin n’oubliera, en le cultivant, d’y planter un pied de sauge… ». Il fait ainsi écho au dicton provençal : « Qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin. »

La sauge a été historiquement associée à de nombreux rites. Les Romains la cueillaient à la main, vêtus de toges immaculées, les pieds nus. Chez les Celtes, les druides la cueillaient aussi à main nue, ou avec une serpette en or, jamais avec un outil  en métal ferreux. Traditionnellement, elle est employée lors des rituels de purification. La sauge des devins, Salvia divinorum, aux vertus hallucinogènes, était utilisée par les chamans mexicains.

La sauge : la plante des femmes

Riche en molécules de type œstrogèniques (hormones féminines), la sauge peut jouer un rôle d'accompagnement dans la transition de la ménopause, en palliant en partie à la chute hormonale qui la caractérise. Elle atténuera notamment la formation des bouffées de chaleur et des suées nocturnes, tout en ayant un effet modérateur sur les glandes sudoripares et la transpiration excessive. Pour cette même raison, on pourra l'utiliser dans le cas d'aménorrhées pour stimuler l'ovulation.

Si cette plante peut il est vrai aider à préparer à l’accouchement, on la limitera pendant la grossesse à une utilisation culinaire ponctuelle.  La sauge sera toutefois déconseillée aux femmes qui allaitent puisqu’elle est anti-galactogène ainsi qu'aux femmes avec des antécédents de cancers hormono-dépendants (du fait de ses propriétés oestrogéniques).

Ses propriétés oestrogéniques pourront également être mises à profit localement dans les problèmes d'alopécie androgénique, c'est à dire de perte de cheveux en lien avec des déséquilibres hormonaux (voir recette plus bas).

 

Tonique, digestive et antiseptique


On le sait moins, mais la sauge est une plante bactéricide et antivirale efficace. Pour soigner les rhumes, l’infusion de trois feuilles de sauge dans un verre de lait miellé a une réputation efficace. Faire des gargarismes de décoction de sauge en cas de maux de gorges s'avère également efficace. En cas de troubles digestifs (ballonnements, flatulences, lenteurs digestives), des infusions régulières de sauge peuvent avoir un effet régulateur intéressant, par son double effet assainissant mais aussi stimulateur de la production de bile.

Très riche en antioxydants, dont certains qu'elle partage avec le romarin (acide rosmarinique, carnosol), la plante a un effet tonifiant et anti-asthénique général.

Le tour de main de l’herboriste

• Lotion fortifiante pour les cheveux

Faites macérer 100 g de feuilles de sauge séchées dans 1 l de vodka ou de rhum, pendant 10 jours.
Massez le cuir chevelu avec cette lotion assainissante qui stimule la croissance des cheveux.

• Bain de sauge

Jetez 250 g de feuilles ou de tiges fleuries de sauge officinale ou sclarée dans deux litres d’eau bouillante.
Laissez reprendre l’ébullition, couvrez et retirez du feu.
Laissez infuser 15 minutes, filtrez et versez dans l’eau de votre bain.

Tonifiant, soulageant les rhumatismes et traitant les problèmes de transpiration, le bain de sauge posséderait aussi quelques vertus coquines…

A noter : le bain de siège à la sauge est connu pour être un remède de première urgence en cas d'infection urinaire.

• Antitranspirant

Quelques feuilles (fraîches ou sèches) posées dans les chaussures sont fort utiles pour les pieds souffrant de forte transpiration.

• Lotion pour les peaux grasses

L’infusion (une grosse poignée pour 250 ml d’eau, à infuser un quart d’heure) assainit les peaux grasses.

• Désinfectant

On peut brûler des feuilles sèches de sauge officinale, ou mieux de sauge blanche (Salvia apiana), encore plus parfumée, pour assainir l’atmosphère d’une pièce.

 

Côté cuisine : des plats plus digestes

Les jeunes feuilles de sauge fraîche seront utilisées, hachées sur les salades ou les légumes vapeur. On peut aussi en faire des beignets, ou les cristalliser au sucre. Quant à la sauge ananas (Salvia elegans), vous pouvez la parsemer sur tous les desserts de fruits.

Les feuilles sèches, à l’arôme plus marqué que les fraîches, s’utilisent dans les farces, les pâtes à pain. Elles aromatisent les huiles, les vinaigres ainsi que le vin. Ajoutez quelques feuilles dans tous les plats riches, car elle en facilite la digestion. Riche en vitamine K, la sauge sera utilisée parcimonieusement en cuisine par les personnes sous traitement anticoagulant.

Côté jardin : où, quand, comment cultiver la sauge

Cette vivace très facile à cultiver peut être utilisée dans le jardin à la fois comme condiment, aromate et plante médicinale. Mais il ne faut pas négliger son aspect ornemental, elle forme de très jolis massifs. 

  • Où : La sauge préfère une situation ensoleillée, chaude, une terre riche ou pauvre, sableuse ou caillouteuse, mais surtout très bien drainée, car trop d’eau, fait pourrir et mourir la sauge. Arrosez lors de la plantation et surveillez jusqu'à la reprise, ensuite, la sauge officinale se contente de l’eau du ciel. Eau et engrais font perdre une partie de leurs propriétés aux plantes médicinales.

    Vous pourrez installer la sauge officinale en pleine terre ou en potées, près des navets et choux dont elle éloigne la piéride ou près des carottes dont elle masque l’odeur à la mouche, mais attention aux arrosages !
  • Quand : Les semis ont lieu en mars, à l'abri. La sauge se multiplie aussi par boutures de jeunes tiges au printemps et par marcottage effectués en cours d’été.
  • Comment : Ce sous-arbrisseau au feuillage persistant, peut atteindre 80 cm de hauteur. La taille est recommandée pour garder une allure touffue, et même nécessaire pour les sauges en bordures.

    La sauge officinale est vivace et rustique. Elle résiste facilement à -10°. Elle peut vivre plusieurs années. La sauge sclarée, bisannuelle, se ressème généralement seule d’année en année. 

Choisir sa variété

Près de 700 variétés de sauges poussent actuellement dans le monde : médicinales, aromatiques ou simplement ornementales. La sauge sclarée, aux propriétés similaires à la sauge officinale, était également appelée Toute bonne ou Herbe aux plaies. La sauge officinale (Salvia officinalis) espèce au feuillage gris vert argenté, apprécie la compagnie de  Salvia officinalis « Purpurescens » feuillage rouge sombre, ainsi que Salvia officinalis  « Aurea » bicolore vert fluo et jaune doux, sans oublier Salvia officinalis « Tricolor » au feuillage blanc vert et rose (coloris variant au cours des saisons).  Le regroupement de ces superbes et utiles  « trois mousquetaires », peut avoir lieu dans le carré des aromatiques comme dans le jardin d'agrément !

Fabriquez vous-mêmes votre huile de macération solarisée de sauge 

Solariser une macération huileuse de plante, c’est fournir à la macération toute l’énergie solaire qu’elle peut prendre et emmagasiner. C’est une réelle dynamisation qui permet aux principes actifs de la plante de venir au cœur de l’huile végétale et de s’y inscrire pour arriver à une synergie huile/plante performante sur le plan de son activité. 

Propriétés de l’huile de macération solarisée de sauge

Astringente, antiseptique, hémostatique, anti-inflammatoire, anti-sudorale, oestrogen-like.

Utilisations  

  1. La macération huileuse solarisée de sauge est antiseptique et astringente pour soulager les maux de gorge, et assainir la cavité buccale en bain de bouche. Calme les aphtes.
  2. Pour les brûlures et les blessures, laver et désinfecter avec la macération pour accélérer la cicatrisation. En compresses sur les piqûres et les morsures, l’application calme la douleur et soulage le prurit.
  3. En massage léger et doux, elle a un effet anti-inflammatoire sur les érythèmes solaires.
  4. En massage du bas ventre, effet œstrogen-like pour les règles douloureuses et les effets désagréables de la ménopause comme les bouffées de chaleur.
  5. En massage général : tonique – rééquilibrante du système nerveux.
  6. Friction du cuir chevelu pour éviter la chute de cheveux et la formation de pellicules. Très utile sur cheveux gras. Elle leur rend de l’éclat. 

Associations possibles :

1.Huile de laurier noble

2.Huile de millepertuis

3.Huile de lavande

4. Huile d’armoise, d’achillée millefeuille

5.Huile de romarin ou sarriette

 

Comment la préparer 

  • Mettre la sauge dans un bocal en verre blanc, bien limpide et transparent. Ne pas couper les plantes, surtout les fleurs. Cela induit la fuite d’énergie.

  • Ne pas tasser pour que toute la végétation soit bien exposée et reçoive les rayons solaires. Remplir le bocal en recouvrant largement avec de l’huile végétale (huile de tournesol + noisette 20% + amande douce 20%). Exposer le bocal en plein soleil afin qu’il soit éclairé sur toutes ses faces au cours de la journée. Exposer le bocal le plus près possible du lieu de la récolte en le déposant directement sur la terre pour maintenir la communication entre la plante et les forces telluriques.

  • Tourner chaque matin le bocal de 180° afin que l’ensoleillement soit uniforme au cours de l’exposition.

  • Exposer pendant trois semaines, du dimanche au samedi. Si pendant la durée de l’opération il y a pleine lune, couvrir le bocal avec un tissu noir. Les rayons lumineux de la lune qui envoient de la lumière réfléchie par rapport au soleil annulent une certaine quantité d’énergie de la plante solarisée et donc enlèvent une partie du bénéfice de la solarisation.

  • À la fin de l’exposition on peut séparer la plante et l’huile. On peut même presser fortement la plante pour extraire complètement ses principes actifs.

  • Conserver l’huile dans un flacon, en verre fumé de préférence, stockée à l’abri de la lumière et à température moyenne : entre 16 et 20°C.

 

Recette tirée du livre « Les huiles essentielles de fleurs solarisées » du Docteur Claudine Luu

Lire aussi :  

"La ménopause en douceur grâce aux plantes"

"Du mélilot pour soulager les bouffées de chaleur et la circulation sanguine"

"Réguler sa transpiration grace aux plantes"

"Bien vivre sa ménopause grace aux huiles essentielles"