• LE GINKGO, UN SOUPÇON D'IMMORTALITÉ

Le Gingko, un soupçon d'immortalité

Le ginkgo est réputé pour prolonger la vie. Sa célébrité est établie dans toute la médecine extrême-orientale. De la Chine, il est passé au Japon et en Corée dès le XIIe siècle. Là-bas, il est devenu un symbole sacré de longévité.  


Je vais vous parler d’un arbre sacré dans tout l’Extrême-Orient. Son espèce est tout simplement la plus vieille au monde, et affiche avec aplomb ses 150 millions d’années. Il a résisté avant-hier à l’extinction des dinosaures, comme hier aux miasmes mutagènes d’Hiroshima.

Cet arbre est fort réputé pour ses nombreuses vertus thérapeutiques, notamment pour ralentir les dégâts dus à l’âge. Vous le connaissez déjà, il s’agit du Ginkgo biloba.

 

Un abricot d’argent pour 40 écus d’or

Le Ginkgo biloba est un arbre de la famille des Ginkgoacées, l’une des plus anciennes familles d’arbres au monde. On dit à tort de lui qu’il est un arbre « fossile ». Cela arrive souvent quand l’espèce fossilisée a été découverte avant les spécimens vivants.

A l’époque où notre arbre a commencé à pousser, les feuilles n’avaient pas développé cette veine centrale qui détermine leur forme actuelle. C’est pourquoi celles de cet arbre sont formées de deux lobes, qui ressemblent aux ailes d’un papillon. D’où son nom de biloba, « aux deux lobes ».

L’arbre, originaire de Chine, n’existe presque plus hors de la culture qui en est faite. Si l’espèce a été sauvée, c’est grâce aux bouddhistes qui les faisaient pousser autour de leurs temples. Il fallut attendre 1712 pour que les Européens apprennent son existence…

Son nom vient du japonais gin kyo, qui signifie « abricot d’argent ». Le nom « d’arbre aux 40 écus » est dû au botaniste français amateur Pétigny, qui en acheta 5 pousses pour 40 écus d’or, une somme considérable. Les ginkgos plantés sur notre sol descendent de ces pousses. On l’appelle aussi l’arbre aux mille écus, car lorsque ses feuilles blondissent à l’automne, elles évoquent des écus d’or.

Ginkgo : en voilà une orthographe étrange ! Le naturaliste qui l’a « découvert » (E. Kaempfer) a voulu retranscrire gin kyo… avec l’orthographe de sa langue maternelle, un dialecte allemand. Aussi les Français ne prononcent tout simplement pas ce deuxième « g » un peu trop difficile.

Le ginkgo est réputé pour prolonger la vie. Sa célébrité est établie dans toute la médecine extrême-orientale. De la Chine, il est passé au Japon et en Corée dès le XIIe siècle. Là-bas, il est devenu un symbole sacré de longévité.

En plus d’appartenir à l’espèce d’arbre la plus ancienne qui soit, notre végétal est potentiellement immortel, n’ayant ni parasite naturel, ni maladie qui lui soit associée ! Le plus vieux spécimen, celui du jardin botanique de l’université de Sendai, au Japon, affiche avec fierté ses 1250 ans.

Sa résistance à toute épreuve et sa longévité en ont fait le symbole de la ville de Tokyo – la ville la plus peuplée du monde – depuis 1989. Mais il ne s’agit là que d’une consécration tardive.

En effet, c’est au XIXe siècle que les artistes européens commencent à s’intéresser à lui. Ainsi Goethe, l’un des plus illustres poètes allemands, lui consacra un poème paru en 1819, dans le Divan Occidental-Oriental :

La feuille de cet arbre, qui, de l’Orient,
Est confiée à mon jardin,
Offre un sens caché
Qui charme l’initié.
 
Est-ce un être vivant,
Qui s’est scindé en lui-même,
Sont-ils deux qui se choisissent,
Si bien qu’on les prend pour un seul ?
 
Pour répondre à ces questions,
Je crois avoir la vraie manière :
Ne sens-tu pas, à mes chants,
Que je suis à la fois un et double ?

L’influence artistique du Japon en France, dans la seconde partie du XIXe siècle,  s’est appelée japonisme. Les premiers designers français s’en inspirèrent pour révolutionner le mobilier mondial avec le mouvement Art Nouveau, dont la capitale fut Nancy.

Aussi, on retrouve dans cette ville des feuilles de ginkgo sculptées sur les façades, ou illustrées par la mosaïque et la ferronnerie.

Mais parce qu’il est très résistant aussi à la pollution, c’est le ginkgo vivant que nous retrouvons désormais dans nos villes, où l’on plante essentiellement des arbres mâles.

Ce n’est pas par machisme, rassurez-vous. Le ginkgo étant antérieur à l’invention par la nature de la graine qui hiberne, la femelle porte des ovules, comme le cycas, dont on tire une amande comestible. Or ces ovules dégagent une odeur indésirable lorsqu’ils mûrissent. Et surtout, ils ont l’inconvénient de salir les trottoirs lorsqu’ils tombent.

Nous pouvons ainsi dire que le Ginkgo biloba est entré dans notre culture. Mais qu’en est-il de notre corps ?

 

4 700 ans de pratique

La médecine chinoise faisait déjà référence au ginkgo 2700 ans avant J.-C. La feuille et la graine étaient alors appréciées pour leur qualité de stimulation de la circulation. De nos jours, on conseille en Chine d’en consommer les amandes, bouillies ou grillées, contre la toux, les bronchites et les maladies pulmonaires.

En 1932, au Japon, le chimiste Furukawa découvrit et isola dans les feuilles du ginkgo des substances jaunes qu’il nomma flavonoïdes. Le premier extrait de feuilles fut produit en 1965. Il est utilisé en France depuis 1972.

En plus de contenir de la vitamine C, des acides organiques, de l’huile essentielle et des tanins, les feuilles contiennent des pigments flavoniques, en particulier des biflavones et des hétérosides flavoniques ayant une activité antioxydante au niveau de la rétine et du cerveau.

Les ginkgolides sont aussi des agents antiplaquettaires, le ginkgolide B étant le plus actif. Les extraits de ginkgo se sont montrés très efficaces contre la démence. Ils sont de plus en plus utilisés dans le traitement de l’insuffisance cérébrale et pour stabiliser l’humeur. Ils agiraient aussi comme anxiolytique chez les patients âgés

Enfin, les « graines » que l’on trouve au cœur des ovules, et que l’on préfère appeler amande ou noix, sont nommées « pa-kwo » en Chine. Elles provoquent l’irritation de la peau au contact, mais contiennent une huile douce, du glucose et de l’acide citrique. Elles sont vendues comme vermifuges (antihelminthiques).

 

Une clé vers la longévité

En Asie, les guérisseurs utilisent les extraits des feuilles depuis des milliers d’années pour traiter l’asthme, la bronchite et la toux. Il doit son succès en Occident au fait qu’il peut être d’un grand secours aux personnes du 3e âge.

L’absorption de Ginkgo biloba ralentit les effets du vieillissement, de la perte de mémoire, d’audition, et le risque d’accident vasculaire cérébral. Il permet également de combattre la maladie d’Alzheimer et plus généralement la démence sénile, la confusion, la diminution de la vue, notamment en cas de dégénérescence maculaire.

De ce fait, le ginkgo est particulièrement préconisé pour protéger les yeux, car il diminue les dommages rétiniens dus aux radicaux libres. Il ralentit ou prévient les glaucomes, la cataracte et la rétinopathie diabétique.

Enfin, cet arbre plus vieux que tous les Mathusalems est également utilisé pour pallier les insuffisances dans la circulation rétinienne insuffisante. Ce qui montre qu’en plus d’être bon pour la mémoire et la concentration, il favorise la circulation sanguine.

 

Une pompe pour faire redémarrer la santé

Car c’est un fait, le ginkgo améliore la circulation du sang, plus spécifiquement cérébrale. On l’utilise en cas de circulation périphérique difficile (fourmis dans les bras, les jambes, extrémités exsangues), de gangrène, de maladie de Raynaud, cette affection qui rend les mains rouges.

Il améliore la circulation coronaire, soulage l’angine et l’artériosclérose. Il diminue la viscosité du sang, prévient les caillots et améliore la récupération en cas de crise cardiaque et de blessure à la tête. Excellent dans le traitement des varices, il peut servir à atténuer la migraine en augmentant l’irrigation du cerveau.

Le Ginkgo biloba a également une multitude d’usages, comme de protéger contre le mal d’altitude ou contre les neuropathies périphériques.

Parce qu’il favorise la respiration, il inhibe les facteurs activant les plaquettes et les composants inflammatoires associés aux allergies respiratoires comme l’asthme et la bronchite chronique obstructive. Il accroît l’immunité aux infections, aide à prévenir les rhumes, la toux et les affections respiratoires.

Il est très facile d’en trouver dans les herboristeries ou sur internet.

Les remèdes à base de Ginkgo couvrent aussi un large éventail d’usages potentiels, parmi lesquels la lutte contre la perte de l’audition (surdité partielle ou hypoacousie)et les acouphènes, qui peuvent rendre fou.

Toutefois, le ginkgo n’est pas sans contre-indication. Evitez autant que possible la prise d’aspirine durant votre traitement, de même que les aliments, les produits ou les médicaments contenant de la warfarine. Il s’agit d’une sorte de coumarine que l’on utilise comme anticoagulant, pesticide et comme poison pour les rongeurs.

Les anticoagulants sont donc à éviter en général avec le Ginkgo biloba, à cause de son effet sur les plaquettes. Ne prenez pas de ginkgo si vous faites de l’hémophilie.

Mais surtout, arrêtez votre traitement au moins une semaine avant une opération chirurgicale.

Enfin, à trop fortes doses, les graines peuvent provoquer des lésions cutanées et des maux de tête, tandis que les feuilles donneront des diarrhées.

 

Quelques recettes avant le dancing.

En cas de respiration sifflante, de toux persistante ou d’asthme, il suffit de se préparer une décoction à partir de 3 à 4 « graines » tirées de l’ovule, infusées dans 60 cl d’eau, 3 fois par jour.

La médecine traditionnelle chinoise utilise les feuilles pour traiter les maladies cardiovasculaires. Elle préconise une infusion de 40 à 60 g de feuilles pour un litre d’eau, trois fois par jour également.

Si vous ne souffrez pas de ces affections handicapantes, mais que vous voulez éprouver par vous-même tous les bienfaits du ginkgo, vous pouvez vous préparer une infusion plus douce : une cuillère à soupe de feuilles séchées, infusées dix minutes, à prendre là aussi trois fois par jour.

Les extraits standardisés (SIPF, EPS) sont prescrits médicalement pour les troubles de la mémoire, la dépression, les troubles articulaires et les vertiges. Les doses recommandées étant différentes pour chacune de ces affections, je vous recommande d’aller prendre conseil chez votre phytothérapeute.

Toutefois, pour celles et ceux qui désirent un traitement léger et qui ne sont pas rebutés par l’ingestion quotidienne d’une solution hydro-alcoolique, vous pouvez prendre du ginkgo sous forme de teinture mère. A ce titre, les recommandations varient de 30 à 60 gouttes, trois fois par jour.

Enfin, pour la circulation sanguine, une recette éprouvée consiste à appliquer des compresses imbibées d’une infusion de 100 grammes de feuilles dans un litre d’eau pour les mains et les pieds, ou bien de les tremper dans cette infusion. On peut également appliquer à cette fin des cataplasmes de feuilles broyées, et l’on note de meilleurs résultats en combinant usage interne et application externe.

 

Un remède n’est pas à prendre à la légère

L’un des effets les plus intéressants du Ginkgo est son activité anti-tumorale, comme en atteste Vassilios Papadopoulos, vice-président du centre médical universitaire de Georgetown, tout près de Washington.

Néanmoins, comme pour illustrer la bataille que la phytothérapie mène tous les jours pour survivre contre le rouleau compresseur de l’industrie pharmaceutique, le Ginkgo biloba a été victime d’études partiales menées par le programme national de toxicologie américain.

Celui-ci a trouvé intéressant de gaver des rongeurs particulièrement sujets aux cancers de feuilles de ginkgo. L’étude en question aurait donc prouvé qu’en instillant les actifs du ginkgo à des rongeurs, par surdoses titanesques, 55 à 108 fois plus élevées que celles préconisées par les traitements aux humains, nous arriverions à des effets inverses de ceux, anti-cancer, habituellement attribués aux feuilles de notre arbre.

C’en est presque comique. Multiplier par cinquante la consommation de n’importe quel aliment vous rendra malade, alors un remède… Sans compter que notre poids n’a rien de comparable à celui des rats de laboratoire.

Rappelons à ces tourmenteurs de rongeurs que pharmakos en grec, dont nous tirons le terme pharmacie, signifie à la fois remède et poison. Parce qu’il est efficace, chaque remède, s’il est surdosé, est potentiellement nocif. S’il ne l’était pas, cela signifierait qu’il n’a tout simplement aucun effet.

Cependant, s’il y a un usage du Ginkgo biloba qui prouve son innocuité dans des doses raisonnables, c’est la cuisine. Car l’amande du fruit du ginkgo, grillée ou bouillie, est très appréciée en Extrême-Orient.

Ainsi, en Thaïlande, elle entre dans la composition de nombreux plats, notamment lors des fêtes et des célébrations. Son goût peu prononcé rappelle celui du pignon de pin. Elle se consomme entière, en apéritif, dans les soupes ou les plats à la vapeur. Elle peut aussi être moulue ou pilée.

Au Japon, elle est servie grillée dans les bars pour accompagner les boissons alcoolisées. Et c’est aussi une garniture dans la gastronomie coréenne, où elle est appelée shinsollo. Enfin, sachez qu’elle donne une huile comestible après pressage.

En vous espérant une vie longue comme celle de l’arbre aux 40 écus.

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