Mélisse : un antioxydant de choc

Joliment appelée citronnelle, piment des ruches ou thé de France, la mélisse a été introduite en Espagne au VIIe siècle par les Arabes. Son nom vient du grec melissa signifiant « feuille à abeille », car là où elle pousse, les abeilles se bousculent pour butiner ses fleurs. Son parfum est doux, légèrement poivré et citronné, souvent confondu avec la menthe.

Ses principaux constituants, le camphre, les tanins et principes amers, font de la mélisse une plante facilitant la digestion. La mélisse est tout aussi célèbre pour son action sur le système nerveux, elle est relaxante, utile dans les crises nerveuses, les convulsions ou l’épilepsie. La vedette des infusions a récemment fait l’objet de nouvelles études. Cette plante a démontré des propriétés antioxydantes trois fois supérieures à celles de la vitamine C et de l’extrait de thé vert. Une découverte française qui va faire des envieux.

Le Maine-et-Loire, terre de la mélisse

Les études sur la mélisse ont été menées sur les terres de sa culture, au cœur de l’Anjou, dans le Maine-et-Loire, une région où l’histoire et le terroir sont liés aux plantes médicinales. Présente en abondance, cultivée bio, la mélisse a interpellé la société Nat’Inov qui développe et fabrique des extraits végétaux sur mesure pour les professionnels. Nat’Inov a soumis la mélisse à un test de mesure de son pouvoir antioxydant, les résultats sont surprenants. Cette plante si commune a révélé un taux d’antioxydant élevé, sans toutefois atteindre celui du raisin et de ses pépins ou encore du pruneau. Mais l’extrait sec issu de la mélisse, affiche une activité antioxydante, titré (quantité de substance active) à 10 % d’acide rosmarinique. Cet acide, reconnu pour lutter efficacement contre les dommages importants causés par le stress et le vieillissement cellulaire, diminuerait le taux de mort cellulaire due à l’oxydation. Pour cette étude, la mélisse a été testée avec la méthode ORAC (oxygen radical absorbance capacity) permettant d’attribuer une mesure standardisée du pouvoir oxydant. À la suite de cette découverte, les propriétés de la mélisse ont été présentées par Nat’Inov sur le salon professionnel européen HIE, à Francfort, en novembre dernier. Mais la belle aventure ne s’arrête pas là. Les recherches vont se poursuivre avec des méthodes analytiques plus poussées et dans le cadre très sérieux et prometteur du pôle de compétitivité « végétal spécialisé » des pays de la Loire, reconnu par le gouvernement comme « projet à vocation mondiale ». Les professionnels du secteur du végétal du Maine-et-Loire unissent leurs compétences avec la coopération de 5 000 étudiants, 1 000 chercheurs et des centaines d’entreprises horticoles de la région dans un même but : améliorer la santé humaine et l’environnement paysager. En 2009, à Angers, s’ouvrira au grand public un parc de loisirs autour du thème du végétal, ayant pour nom Terra Botanica, fruit de ces découvertes.

Mode d’emploi

L’extrait sec de mélisse (poudre) est à boire dilué dans de l’eau, en attendant de la retrouver en ingrédient pour la diététique, la nutraceutique et les compléments alimentaires à base d’extraits végétaux, mais aussi en principe actif pharmaceutique naturel, dans la cosmétique et cosméceutique ou encore en applications aromatiques (arômes et fragrances).

Il existe aussi des liqueurs, dont la bénédictine et la chartreuse (des préparations alcooliques créées vers la fin du Moyen-Âge et à la Renaissance dans des monastères français (on les appelait alors élixirs, élixirs de longue vie ou liqueurs de santé), qui renferment également plusieurs autres plantes. On connaît également l’eau de mélisse des Carmes, créée en 1611. Quant aux feuilles, elles peuvent être utilisées en compresses et en décoction dans le bain. Fraîches, elle sont également utilisées en cuisine, dans les salades, pour assaisonner le poisson et les œufs, ou dans les desserts.