• Dé libérer de la peur

Se libérer de la peur grâce aux élixirs floraux

Il existe deux types de peur. L’une est instinct de survie, c’est celle de l’animal fuyant devant son prédateur. L'autre est issue de notre imaginaire, c'est une construction mentale qu’on entretient face à l’inconnu : peur d’être croqué par le loup, d’être délaissé par son amour, d’être au chômage, de tomber malade, de se faire agresser… Les élixirs floraux nous sont d'une grande aide pour dépasser ses peurs paralysantes.


Comme le souligne le philosophe indien Krishnamurti dans Le vol de l’aigle, on peut agir sur ses peurs conscientes, mais se libérer de ses peurs profondes et cachées, pour lesquelles il n’existe pas de remède intellectuel, est beaucoup plus difficile. Discuter et argumenter avec sa peur ne sert à rien : elle aura toujours raison... En revanche, les élixirs de plantes agissent dans le corps, là où justement la peur crée nœuds et tensions.

Il existe deux types de peur : l’une est instinct de survie, c’est celle de l’animal fuyant devant son prédateur, celle du piéton qui sans réfléchir fait un écart pour éviter un véhicule surgi au coin de la rue. Face à elle, c’est le corps qui réagit. Mais une fois le danger évité, une autre s’installe chez l’homme. Issue de son imaginaire, elle est une construction mentale qu’il entretient face à l’inconnu : peur d’être croqué par le loup, d’être délaissé par son amour, d’être au chômage, de tomber malade, de se faire agresser…

A force d’imaginer toutes sortes d’anticipations négatives, nous laissons une angoisse diffuse s’installer en nous. Prisonniers du cercle vicieux de la peur d’un avenir par définition imprévisible, nous sommes devenus incapables de vivre l’instant présent… Or n’est-il pas le seul temps sur lequel nous ayons réellement prise, puisqu’hier est terminé et que nous ignorons tout de demain ?

Si la peur est due à un traumatisme ayant laissé une empreinte durable, un remède simple consiste à prendre de l’élixir d’urgence, le fameux Rescue du Docteur Bach, composé de cinq fleurs. Les hypersensibles ou écorchés vifs qui reçoivent le monde sans filtre, de plein fouet, lui préfèreront l’élixir d’étoile de Bethléem, un incontournable des blessures vives et récentes. Si la peur est liée à une phobie identifiable (maladie, pauvreté, etc.), l’élixir de mimulus est également recommandé.

Une seconde catégorie de personnes susceptibles de développer plus de blessures que la moyenne sont les personnalités mues par un profond sentiment d’injustice. Prêtes à tout pour défendre les causes qui leur tiennent à cœur, elles ne comptent pas leurs dépenses physiques et psychologiques. Assez logiquement, leur combat pour un monde meilleur les expose à des désillusions et, quand elles multiplient leurs actions, à l’impression de perdre pied. L’élixir de verveine apaise ce trait de caractère et apprend à l’individu à se maîtriser.

Dans la plupart des cas, la peur qui s’accroche à notre ventre correspond plutôt à des peurs de type angoisse et survient sans raison objective. Parmi les élixirs les plus appropriés pour se libérer de ces peurs viscérales et diffuses, on trouve l’élixir de tremble. Il convient à toute personne de nature inquiète, profondément angoissée, avec comme symptômes le ventre noué, l’estomac bloqué, le plexus solaire paralysé.

La peur est une protection, mais à trop se protéger de la vie on s’empêche de la vivre. S’en affranchir permet donc non seulement de soulager son corps, mais aussi de revenir dans le flot de la vie… L’emprise de la peur fait généralement souffrir les intestins et l’estomac. Une personne angoissée est souvent constipée ou nouée. En phytothérapie, les plantes décontractantes des intestins et de l’estomac lui sont recommandées, au premier plan desquelles l’angélique (extrait sec, teinture mère), plante qui agit à la fois sur les crispations du système digestif ainsi que sur la fatigue et l’insomnie induites par un stress prolongé.

Perméables aux changements de société, les jeunes enfants et les adolescents développent aujourd’hui des peurs... d’adulte. Hormis le divorce de leurs parents, ils craignent la guerre, les terroristes ou les bombes. Jusqu’à l’âge de 12 ans environ, certaines frayeurs typiquement enfantines laissent parfois les parents démunis. L’adulte tente de trouver les mots qui apaisent. Hélas, le raisonnement suffit rarement ! Un câlin et des bisous calment l’enfant sur le moment.

Mais la peur est une émotion utile (elle l’alerte de la survenue d’un danger qu’il n’est pas prêt à affronter), et elle doit être digérée et dépassée pour ne pas se transformer en angoisse persistante. Les fleurs de Bach peuvent l’aider à affronter une phase essentielle de son développement. Sans effets secondaires et compatibles avec n’importe quel médicament, les élixirs sont autorisés dès la naissance, mais on adaptera les posologies* et on ne les administrera jamais purs à un enfant car ils contiennent de l’alcool.

Parmi les scénarios classiques de la peur enfantine, il y a celle de la nuit. Pendant les « temps morts » où ses parents ne sont plus auprès de lui, il craint leur disparition... et la sienne. Si la peur de l’abandon explique une partie des terreurs nocturnes, les inquiétudes qui naissent dans l’obscurité n’en sont pas moins alimentées par l’imagination fertile du jeune enfant. Anti-cauchemars, on retrouve l’élixir de tremble, qui permet d’apprivoiser ce changement d’ambiance entre jour et nuit. Il rassure ces êtres sensibles qui se sentent menacés par une présence invisible. L’enfant hanté par la visite de voleurs, sorcières ou autre créatures fantomatiques dans sa chambre retrouve une détente corporelle et mentale.

S’il est pris d’une vraie panique, se réveille en sueur ou a fait pipi au lit, c’est l’élixir d’hélianthème qui conviendra le mieux pour le sortir de son mauvais rêve. Cette fleur, en quelque sorte, l’investit d’une force héroïque qui l’aide à trouver le courage de prendre le dessus sur ses frousses, y compris celle de l’orage. Tout comme Rescue, l’hélianthème peut aussi l’aider à retrouver ses esprits en cas de chute ou s’il assiste à un événement traumatisant.

« Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », disait Nietzsche. La prise de conscience de ce qui nous a meurtris nous pousse à soigner cette plaie qui, sans ça, continuera d’agir à notre insu, quitte à nous blesser de plus belle. Rares sont celles et ceux qui traversent l’existence indemnes, sans se sentir, à un moment ou un autre, affectés ou profondément blessés par un événement (le deuil d’un proche, une rupture amoureuse, une trahison…). Pour tout être normalement constitué, traversé d’affects et doté d’une sensibilité, ces blessures sont inévitables et même souhaitables en cela qu’elles nous renseignent sur nous-mêmes, sur nos ressentis et nos éventuelles fragilités.

Pour autant, nous ne sommes pas tous égaux dans nos façons de réagir, face aux chocs et contrariétés de l’existence. Certains restent meurtris durablement, sans réussir à dépasser des blessures qui s’enkystent. Face à une blessure, deux réactions sont possibles. La première consiste à tenter de comprendre ce qui nous heurte tant, avec une telle intensité, pour écouter sa blessure et la soigner. La seconde consiste à se replier sur soi-même, sur sa souffrance, dans un réflexe d’autoprotection. Si cet « automatisme » reste profondément humain, il n’en est pas moins stérile car il limite le champ des possibles de l’existence.

Plusieurs manifestations ou symptômes correspondent à ce repli sur soi : l’aigreur, l’amertume, la misanthropie… Dans ce dernier cas, quand la personne manifeste de l’aversion pour les autres, l’élixir de swertie aide à rester dans l’amour de son prochain. Mais ce besoin d’autoprotection décrit plus haut pourra générer une attitude égocentrique, cette tendance à se recentrer sur soi pour ne plus souffrir par ou du fait de l’autre. Cet intérêt excessif pour soi-même, qui dénote une fragilité dans la relation à l’autre, pourra être gommé dans le sens d’une plus grande ouverture avec l’élixir de chicoré.

 Existentielles ou non, brutales ou pas, toutes les crises déstabilisent. Rien ne sera plus comme avant. C’est un moment décisif, ainsi que le suggère l’origine grecque du mot krisis, décision. Dans un contexte de déstabilisation, il faut redonner du sens à cette crise pour réduire le doute, la colère ou la paralysie. Cela nécessite de passer du tumulte au recul sur soi, puis de saisir l’opportunité de renouer avec ses aspirations profondes afin d’envisager l’avenir sous un autre angle. La fleur de la passion permet en effet de dissiper la confusion émotionnelle qui nous empêche d’observer ce qui nous arrive avec sérénité. Elle aide à se pardonner et à pardonner aux autres, et l’ouverture d’esprit qu’elle engendre favorise une approche plus philosophique, voire spirituelle, de l’épreuve à traverser.

La sensation d’être désorienté se traduit de mille façons. Certaines personnes ont envie d’accélérer le temps pour ne pas rester dans cet état de transition qui les met mal à l’aise. L’élixir d’impatiens apaise ce sentiment d’urgence. D’autres peuvent avoir l’impression que le monde s’écroule. La crise remet en cause leurs croyances et ils se sentent seuls et rejetés. L’amarante leur permettra de trouver un sens à leur souffrance. Dans ces moments de doute profond, le fatalisme peut prendre le dessus. L’élixir d’ajonc redonne alors la force d’espérer et de croire en soi. De même, l’églantier renforce la vitalité des plus résignés en favorisant le lâcher prise et en amenant à s’ouvrir à des réalités moins obsédantes.

Espérons que ces quelques conseils puissent vous accompagner et vous aider à traverser ces moments difficiles.

 

* Pour le bébé allaité, l’idéal est que la maman les prenne elle-même : ils lui seront transmis par le lait maternel. Pour un enfant, on mélangera 2 gouttes de chaque fleur avec de l’eau de source ou bouillie dans un flacon de verre stérilisé. On lui proposera le mélange tout au long de la journée par petites gorgées. Si l’émotion est plus ancienne ou profonde, utiliser un flacon compte-gouttes ; mettre 2 gouttes par élixir de fleur et compléter avec l’eau ; déposer 4 gouttes du mélange dans la bouche de l’enfant ou dans une boisson, et ce quatre fois par jour.