• Aesculus californica (copyright James Gaither, Creative commons)

Arthrose : les huiles essentielles qui soulagent inflammations et douleurs

Cette maladie évolutive et particulièrement handicapante est aujourd’hui la pathologie articulaire la plus fréquente, et pas seulement quand on avance en âge. Que peut-on attendre des molécules aromatiques pour atténuer ces douleurs parfois paralysantes ? Voici nos conseils ainsi que deux formules à base d'huiles essentielles, une antalgique, une pour aider à la mobilité des articulations.


La douleur se révèle à l’effort ou après un certain temps de mobilisation de l’articulation. Et se manifeste plutôt en fin de journée. On peut distinguer la douleur de la crise, violente, subite, aiguë et la douleur de fond, lancinante et souvent ancienne. Mais ces douleurs s’intriquent, se chevauchent, alternant parfois avec des périodes d’indolence offrant un répit de courte durée.

Ce tableau clinique évoque des lésions douloureuses, dites froides ou yin dans la conception de la médecine chinoise, par opposition aux douleurs arthritiques inflammatoires dites yang, présentes en fin de nuit, dès le réveil matinal. Raide et douloureuse, l’articulation arthrosique devient parfois complètement impotente et fige le sujet dans un handicap déprimant. Il arrive même qu’un épanchement liquidien fasse gonfler l’articulation.

Dérèglement immunitaire

Si l’arthrose est favorisée par des facteurs mécaniques comme le surpoids, les traumatismes articulaires (chutes, fractures, sursollicitation de l’articulation) ou plus simplement l’âge, elle correspond en fait à un profond bouleversement cellulaire.

Le cartilage articulaire subit en fait un vieillissement accéléré et perd rapidement son intégrité. Les cellules qui habituellement l’entretiennent et le réparent, appelées chondrocytes, sont en fait déréglées.

La membrane synoviale est elle aussi concernée et les synovites sécrètent des facteurs pro-inflammatoires qui agressent et érodent aussi le cartilage. Les chondrocytes ne peuvent plus assurer leur fonction régénératrice de la matière constitutive du cartilage, à savoir le collagène (qui donne de la résistance) et les protéoglycanes (qui assurent la souplesse et le moelleux du cartilage).

Ces cellules se sont comme déprogrammées de leur mission initiale. Elles remplissent même une fonction totalement opposée, consistant à faire la guerre à leur environnement proche en relarguant des neuromédiateurs pro-inflammatoires.

L’articulation présente alors des signes douloureux et devient moins flexible. Tout cela concourt à la perte d’intégrité de l’articulation. Le cartilage s’effrite, les débris cartilagineux auto-alimentent l’excitation inflammatoire. C’est le cercle vicieux. À terme, le cartilage s’amincit, voire même disparaît, et l’ultime solution reste la prothèse.

Minimiser les facteurs de risque de l’arthrose

À côté de ces symptômes classiques, on constate également des signes ou tableaux cliniques totalement atypiques. Si l’arthrose a longtemps été un problème considéré comme une usure précoce des articulations les plus souvent sollicitées, on observe aussi des cas d’arthrose chez certains adultes jeunes. Il est manifeste que cette pathologie est multifactorielle et que des facteurs génétiques, épigénétiques et même alimentaires entrent en ligne de compte.

Aussi pour ralentir et prévenir ces symptômes, on peut actionner différents leviers. Il faut éviter les traumatismes, minimiser le risque de chute, préparer ses muscles à l’effort pour le sportif, tout cela en privilégiant un sommeil de qualité. Quand le système nerveux est à son état d’équilibre, l’ensemble du corps est mieux orchestré et dirigé.

Pour stopper la cascade inflammatoire, il est primordial aussi de réduire les sources de molécules pro-inflammatoires dans l’alimentation, comme les graisses hydrogénées et les sources d’oméga 6 (produits laitiers, viandes, graisses cuites, matières grasses solidifiées, sucres rapides). Ce sont des facteurs de vieillissement accéléré et d’oxydation qui font rouiller le corps avant l’heure.

Le corollaire évident est de privilégier les apports de nutriments « anti-inflammatoires », pour la plupart présents dans le règne végétal. Curcuma et gingembre sont parmi les épices les plus efficaces sur les terrains inflammatoires. Leur rhizome est à consommer au quotidien, dans des jus frais de légumes, des plats cuisinés cuits ou crus.

Même si le terrain n’est pas inflammatoire, curcumine, gingérols, shogaols ou autres vanilloïdes sont des composés aux puissantes propriétés antiradicalaires et anti-inflammatoires, et qui s’opposent au vieillissement par leur effet antioxydant.

Réordonnancer le cartilage

Face à ces expériences douloureuses et complexes, le matraquage à coup de molécules « anti-inflammatoires » est un remède pire que le mal. Certes, s’il faut tout faire pour éviter la perte totale de mobilité et la dépression, il faut aussi rester vigilant devant les graves effets secondaires de ces molécules allopathiques initialement testées pour gérer des douleurs passagères.

Tournons-nous du côté des molécules aromatiques anti-arthrosiques choisies en fonction de plusieurs axes thérapeutiques. Tout d’abord, le ciblage de la dégénérescence. Pour cela, on va faire appel à des molécules immunomodulantes comme le bornéol présent dans l’HE de thym saturéoides et le zingibérène présent dans l’HE de gingembre.

Objectif : tenter de donner une perspective « curative » et de résoudre le désordre cellulaire qui existe au niveau des chondrocytes qui ont perdu leur fonction réparatrice. Le tissu conjonctif pourra prétendre retrouver mois après mois plus de consistance si des compléments alimentaires à base de glucosamine, de chondroïtine et d’antioxydants comme les vitamines E et C sont présents par ailleurs.

Des huiles essentielles pour soulager l’arthrose

Ensuite, l’utilisation d’actifs vasorelaxants comme le salicylate de méthyle, présent dans l’HE de gaulthérie couchée, mais aussi le citronnellol, dans l’HE de géranium d’Égypte, vont participer à la réoxygénation et au réchauffement des tissus, ce qui est utile aussi pour potentialiser l’effet des autres molécules.

Enfin, pour sublimer la synergie, l’axe antalgique ne doit pas être oublié. L’application doit instantanément apporter un soulagement pour qu’elle soit adoptée. Certaines HE, particulièrement puissantes sur les douleurs, pourront faire office d’anti-inflammatoires et d’antalgiques par voie cutanée, ainsi celle de clou de girofle, bien connue pour ses effets anesthésiants.

Une autre molécule, moins connue car assez rare dans l’univers des HE, est celle de paracymène. Il se trouve que cette molécule est présente dans un certain chémotype de thym. Cette plante est réputée pour son axe immunitaire et anti-infectieux, mais elle n’en est que plus intéressante dans ce contexte de dégénérescence cellulaire.

Inflammation : la solution qui vient de l’intérieur

À l’origine, le phénomène inflammatoire est une réaction d’autoguérison qui a normalement pour but de mobiliser les cellules de défense pour nettoyer, réparer et rétablir l’équilibre au sein d’un tissu agressé. Dans ces processus inflammatoires chroniques totalement exacerbés comme l’arthrose, non seulement la guérison n’aboutit jamais, mais en plus le phénomène s’autoalimente et s’amplifie.

Pour ne pas contrarier totalement la physiologie humaine, tout en cherchant à canaliser l’emballement inflammatoire, le recours aux moyens naturels est vivement conseillé, surtout si les besoins de soulager sont fréquents. En aromathérapie, une cure d’HE de curcuma par voie interne va en quelques jours mettre de l’eau sur le feu inflammatoire articulaire et enrayer les différentes inflammations articulaires. Pour ce faire prendre 3 gouttes d’HE de curcuma dans une petite cuillère avec un peu d’huile de lin à la fin de chaque repas, en cure de 3 semaines, puis arrêt. Peut être renouvelé après 8 à 10 jours d’arrêt.

Une formule antalgique à effet prolongé à base d'huiles essentielles.

Le camphre présent dans certaines huiles essentielles est généralement utilisé dans la gestion de la douleur chez la personne âgée, notamment pour les douleurs rhumatismales, ou encore chez le sportif. Il potentialise l’effet thermique des autres actifs qui lui sont associés et prolonge ainsi leur effet dans le temps. Cette molécule aromatique présente dans l’HE de romarin camphré à hauteur d’environ 20 % sera associée à une HE de menthe poivrée ou encore de gaulthérie couchée. 

Quand l’humidité et le froid ambiant grippent les rouages, et que les articulations commencent subitement à gonfler, à coincer et à faire atrocement mal, les HE peuvent apporter un soulagement et permettre de retrouver plus vite de la mobilité. Pour cela, il convient de privilégier les actifs aux propriétés antalgiques et même anesthésiantes, dans le but d’endormir l’articulation. La synergie suivante allie à la fois le chaud par la présence de la gaulthérie et du clou de girofle, et le froid avec l’effet réfrigérant poivré et camphré.

Préparation :

Dans un flacon de 50 ml : HE romarin camphre 5 ml, HE menthe poivrée 5 ml, HE clou de girofle 5 ml, HE gaulthérie couchée 10 ml, HV de calophylle QSP 50 ml.

Mode d’emploi :

Appliquer lorsque les articulations sont bloquées 15 gouttes, jusqu’à 5 fois par jour, en cure de 6 à 8 jours. Peut être couplé à la synergie de la page précédente pour augmenter son potentiel antalgique, à raison de 6 applications maximum par jour en tout avec les deux synergies, pendant 6 à 8 jours.

 

Une formule à base d’huiles essentielles pour la mobilité des articulations

Ses propriétés sont antalgique, anesthésiante, réchauffante, anti-inflammatoire, immunomodulante, relaxante musculaire et tonique circulatoire. Elle sera indiquée en cas de douleurs articulaires, tendineuses et ligamentaires d’origine arthrosique ou rhumatismale.

 

Composition de la formule : 

HE géranium Égypte : 2,5 ml (Pelargonium asperum CV Egypte)

HE gaulthérie couchée : 2,5 ml (Gaultheria procumbens)

HE thym saturéoïdes : 5 ml   (Thymus satureoides)

HE thym à paracymène : 5 ml (Thymus vulgaris paracymeniferum)

HE gingembre : 5 ml (Zingiber officinale)

HV calophylle inophyle : 10 ml (Calophyllum inophyllum)

Huile végétale de noyau abricot, QSP 50 ml

 

Explication de la formule :

1 ml = 25 gouttes.

HECT : huile essentielle chémotypée.

HV : huile végétale

QSP = Quantité suffisante pour.

 

Préparation :

Dans un flacon de 50 ml muni d’un compte-gouttes, verser les HE et l’HV de calophylle, rajouter l’HV de noyau d’abricot jusqu’en haut du flacon, refermer et agiter.

Utilisation :

Voie cutanée, 15 à 20 gouttes en massage des articulations douloureuses, 3 fois par jour en cure de 3 semaines.

Contre indications  :

Enfants de moins 7 ans, femmes enceintes et allaitantes.

Précautions d’emploi  :

Contient du salicylate de méthyle (gaulthérie couchée) : prudence chez les sujets allergiques à l’aspirine et à ses dérivés. Avant de vous masser, il est conseillé de la tester sur le creux du coude pour prévenir une réaction allergique.