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Des huiles essentielles pour protéger les bambins

Pin sylvestre

Les huiles essentielles sont réputées lutter efficacement contre les microbes. On parle moins souvent de leurs bienfaits sur l’immunité et notamment chez les enfants et les bébés. Or il est possible de mettre à profit ce potentiel dès le plus jeune âge, au moment où l’enfant construit ses défenses immunitaires. Et en respectant les modes d’utilisation.

On entend souvent dire que les huiles essentielles (HE) sont contre-indiquées chez les enfants et a fortiori chez les bébés. Ces concentrés aromatiques seraient « trop forts » pour être utilisés en toute sérénité. Parallèlement, l’expertise clinique montre que les nourrissons qui reçoivent des HE – en guise de prévention ou même en traitements curatifs lorsqu’ils souffrent de rhinite, d’otite ou d’autres infections hivernales – sont bien plus résistants que les autres. La « bravoure » et la « témérité » de ces mamans tournées vers la santé au naturel apportent la preuve que, lorsque l’utilisation est appropriée, les bénéfices sont significatifs. Si le choix des HE, des doses, des voies d’administration est plus limité que pour l’adulte, l’aromathérapie chez le bébé est incontestablement une des médecines les plus efficaces pour forger son immunité et charpenter ce petit être en pleine construction. C’est en côtoyant les bactéries et les antigènes que le nourrisson apprend à « faire la guerre » aux microbes et acquiert une bonne capacité à se défendre.

Stocker les munitions

En effet, il faudra attendre ses 2 ans pour que les lymphocytes B (les cellules qui fabriquent les anticorps) aient leur pleine fonctionnalité. Au fur et à mesure des confrontations, ces cellules de l’immunité deviennent beaucoup plus réactives et efficaces. Elles parviennent même à mémoriser et à stocker les munitions microbiologiques, pour pouvoir les ressortir en cas d’une nouvelle confrontation. Les HE complètent ces défenses en soutenant l’immunité innée, celle des macrophages entre autres. Ces cellules sont les combattantes de première ligne.

Le phénomène est le même dans le règne végétal. Pour bien protéger la plante, son essence est censée effectivement avoir un large spectre d’activité immunitaire, car, dans la nature, les prédateurs sont nombreux et diversifiés. Ainsi, les essences de conifères, les plus vieux aromatiques de la planète, sont beaucoup plus tournées vers une stimulation de l’immunité innée. L’HE de pin sylvestre est dite « roborative », car elle aide à se relever des plus grandes fatigues et nous rend robustes.
Le bébé, in utero, évolue pendant 9 mois dans un univers dépourvu de microbes et totalement stérile. Il ne côtoie donc aucun antigène, c’est-à-dire aucun élément étranger potentiellement dangereux avant sa naissance. Le cordon ombilical lui apporte par ailleurs les anticorps maternels protecteurs. Cet univers hautement sécurisé laisse le temps au foetus de construire les bases de son immunité dans sa moelle osseuse et son thymus (glande maîtresse de la maturation des lymphocytes T).

Le thym, symbole de force

Ce système est sûrement un des plus complexes et des plus importants de l’être humain. Il lui permet à la fois de se défendre, de se réparer, mais aussi de reconnaître, d’identifier, de tolérer ou au contraire de combattre ce qui lui est étranger. Lymphocytes, anticorps, polynucléaires neutrophiles, macrophages, histamine, interleukine, amygdales, végétations, thymus : la liste des médiateurs, des organes et des acteurs de l’immunité est longue. L’installation de tous ces protagonistes et de leurs réseaux de communication peut rencontrer des perturbations. Par exemple, de gros coups de faiblesse laissant le bébé plus vulnérable face aux épidémies virales et à leur surinfection. Ou bien, à l’inverse, des excès de zèle et une surréactivité immunitaire par rapport à tout ce qui entoure l’enfant : allergies ou terrain atopique. Pour rester dans le juste milieu, certaines HE sont, en aromathérapie, des guides remarquables pour sécuriser les étapes de construction.

Or...

, certaines ciblent particulièrement l’univers des bactéries et des microbes, notamment les plantes qui poussent à ras du sol, en contact direct avec la terre, comme le thym. Il côtoie l’humus, reste toujours vert et lignifié. Cette plante dégage des fragrances chaudes et piquantes et reste le symbole de la force et du courage. Son nom fait référence à une glande primordiale pour la construction de l’immunité spécifique : le thymus. Il se situe au milieu de la cage thoracique. L’HE de thym recommandée en pédiatrie est celle qui est riche en linalol. C’est à la fois l’HE de la construction de l’immunité et celle de l’enfant intérieur aussi. Utilisée en cure (comme conseillé dans la formule), cette HE de thym à linalol apporte une régulation neurovégétative propice à l’équilibre immunitaire, due aux propriétés sédatives du linalol, et une stimulation douce des lymphocytes pour une immunité plus puissante, plus précise et plus fine. Une autre HE bien tolérée par le nourrisson et aux propriétés à la fois antibactérienne, antivirale, et immunostimulante, est celle de palmarosa. Elle provient d’une plante particulièrement bien ancrée, utilisée pour stabiliser les sols sablonneux et mouvants. Cette citronnelle parle d’incarnation et d’amour : elle évoque aussi la délicatesse de la rose par sa biochimie riche en géraniol.

Garde du corps et du coeur

La construction immunitaire ne se résume pas à la fabrication d’anticorps et à la lutte contre les infections. Elle s’inscrit dans une véritable construction identitaire. Vivre en harmonie avec les gens autour de soi et savoir réagir aux événements de la vie est l’apprentissage de toute une vie. De même qu’apprendre à céder, à accepter ou au contraire à s’affirmer et réagir d’une manière juste, comme dans les périodes de l’enfance et de l’adolescence, parfois laborieuses sous ces aspects.
Les enfants, jusqu’à l’âge de 7 ans, ont tous leurs antennes sensorielles et extra-sensorielles déployées et opérationnelles. Intuitifs et sensibles, ils ressentent le moindre déséquilibre chez leur maman ou au sein du foyer. La diffusion atmosphérique des huiles essentielles est un outil qui leur convient particulièrement.

L’HE de bois de rose est comme le câlin d’une grand-mère, la lavande fine rassure comme le regard de la maman, la camomille noble associée à l’HE de palmarosa chasse les peurs, et l’HE de ravintsara donne confiance, comme une empreinte paternelle, puissante et rassurante. Dans un diffuseur à ultrasons, mettre 5 gouttes de chacune de ces HE (bois de rose, lavande fine, camomille noble et palmarosa) et diffuser 15 minutes dans la chambre de bébé avant le coucher. Pour réchauffer le coeur d’un bambin fragilisé et craintif, souvent bousculé par son cheminement identitaire intérieur (colères, cauchemars), ces HE peuvent lui donner confiance pour affronter l’altérité et acquérir son autonomie dans l’harmonie et la paix.

Les règles de l’art aromatique pour les petits

Quelques grandes précautions sont à connaître en matière d’utilisation des HE chez le nourrisson. Sa peau, ses voies respiratoires, son métabolisme et son système nerveux ne sont pas encore pleinement fonctionnels. Cette immaturité abaisse le seuil de toxicité des médicaments et des molécules aromatiques. Par ailleurs, une HE est un pur concentré de molécules aux propriétés pharmacologiques. Il faut donc appliquer ces règles de prudence.
• Diluer systématiquement les huiles essentielles (HE) dans une huile végétale de noyau d’abricot à 20 ou 30 % maximum à partir de 9 mois.
• Ne pas utiliser les voies sublinguale et orale.
• Les molécules convulsivantes sont strictement contre-indiquées (pulégone, pinocamphone, thuyone, menthone, piperitone, bornéone, fenchone...) et aussi celles qui sont dermocaustiques (HE à phénols et à aldéhydes aromatiques). Les HE riches en 1,8-cinéole sont à manipuler sur la base de conseils avisés.
• Face à toutes ces contraintes, il est conseillé d’être guidé par un professionnel ou un ouvrage spécialisé. Mais une fois les bons gestes enregistrés, les HE aident à créer un continuum entre parents et enfants en stimulant la sensorialité et guidant la construction immunitaire.

Ma formule
Immunité pédiatrique

Propriétés
Immunostimulante, anti-inflammatoire, antiinfectieuse, tonique psychique et physique, relaxante nerveuse et réconfortante sur le plan émotionnel.

Indications
Fatigue passagère, baisse immunitaire, prise d’antibiotique conventionnel (à prendre en association), infection aiguë ou chronique ORL (bronchite, otite, rhino-pharyngite), trouble du sommeil (cauchemar, difficultés d’endormissement) et désordre émotionnel (contrariétés à l’école, hyperactivité, stress, timidité).

HE palmarosa (15 gouttes) 
Cymbopogon martinii

HE thym CT linalol (15 gouttes) 
Thymus vulgaris CT linalol

HE pin sylvestre (15 gouttes) 
Pinus sylvestris

HV noyau d’abricot  (QSP 10 ml)

1 ml = 25 gouttes HE : huile essentielle HV : huile végétale CT : chémotype QSP : quantité suffisante pour…

Matériel
Prendre un flacon en verre teinté de 10 ml muni d’un comptegouttes, y verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées, et compléter jusqu’en haut du flacon avec l’huile végétale de noyau d’abricot. Refermer soigneusement et agiter.

Mode d’utilisation

En voie cutanée, appliquer matin et soir la quantité adaptée à l’âge du bébé sur le thorax et/ou la colonne vertébrale, en cure de 10 jours.
• Bébé de 9 mois à 18 mois : 6 gouttes.
• Bébé de 18 mois à 30 mois : 10 gouttes.
• Enfant de 30 mois à 6 ans : 15 à 20 gouttes Cette cure de 10 jours peut être renouvelée tous les mois si besoin.

Précautions d’emploi
Il est impératif de respecter les doses recommandées en fonction de l’âge ainsi que la durée du protocole. Prudence sur les peaux allergiques, atopiques et eczémateuses. Pour ces sujets, il est préférable de réaliser un test allergique. En cas de doute sur la réaction allergique, masser non pas le thorax et/ou la colonne vertébrale, mais la voûte plantaire avec le même nombre de gouttes. 

Terrain allergique ? Testez la douceur du iary

Voilà une HE qui mérite de sortir de l’ombre. Magnifique par son bouquet entre le conifère et le fruit, bien tolérée par la peau et sans risque toxique intrinsèque pour les enfants, l’HE du iary (Psiadia altissima) est une magnifique immunitaire et antivirale. Appartenant aux astéracées, cette essence restitue l’intelligence de la perfection et de l’organisation propre à cette famille botanique. Elle est particulièrement efficace sur les sujets souffrant de désorientation immunitaire comme l’allergie. Elle guérit et semble rééduquer en même temps, laissant place à plus de tolérance par rapport à l’environnement.

À faire
Dans la formule de la page précédente remplacer l’HE de pin sylvestre par celle de iary dans les mêmes quantités.  

À partir de 18 mois, coup de pouce en bouche

Pour compléter les massages du ventre ou des pieds, la voie interne est royale pour soutenir l’immunité. Par contre, la mise en bouche des HE est contre-indiquée avant l’âge de 7 ans. Il y a une HE pas comme les autres, qui présente une grande « douceur thérapeutique » et donc une belle tolérance métabolique, celle de citron (Citrus limon, zeste). Cette essence provient du zeste de citron jaune et possède des propriétés hépatiques douces : purifiante des hépatocytes, détoxifiante douce, elle est aussi immunostimulante et anti-infectieuse (bactéries et virus).

À faire
À partir de 18 mois, mettre en bouche à raison d’une goutte d’essence de citron dans une petite cuillère diluée avec un peu de compote par exemple. 1 goutte une fois par jour pendant 10 jours (deux fois par jour à partir de 30 mois, et 2 gouttes 2 fois par jour à partir de 6 ans).  

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