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Le parc Jean-Jacques Rousseau Une promenade dans l’esprit des Lumières

Le parc Jean-Jacques Rousseau

Au XVIIIe siècle, le marquis de Girardin crée un parc d’un genre nouveau à Ermenonville. Pour cet ami de Rousseau, rien ne vaut la beauté d’une nature en liberté. Aujourd’hui, ce lieu bucolique parsemé de monuments curieux offre aux visiteurs une belle promenade entre nature et culture.

L’histoire débute en 1766. Le marquis de Girardin décide d’aménager un parc de 63 hectares dans son domaine d’Ermenonville. Il le dessine à la manière d’un artiste, en créant une succession de paysages mettant en valeur la nature sans avoir l’air de la domestiquer. Cette approche rompt avec le modèle des jardins à la française et ses perspectives rectilignes. Girardin est en effet conquis par les « allées tortueuses et irrégulières » du « jardin de Julie ». Un jardin totalement fictif, fruit de l’imagination de Jean-Jacques Rousseau. Dans sa Nouvelle Héloïse, l’écrivain invente ce lieu pittoresque pour servir de cadre aux amours de son héroïne. Selon Rousseau, un bon jardinier doit laisser la nature s’exprimer, plutôt que de lui imposer un ordre géométrique incapable d’émouvoir. Une conception qui influencera beaucoup Girardin.

Fervent admirateur de l’écrivain, le marquis l’invite même, en mai 1778, à le rejoindre dans son domaine. Rousseau, alors âgé de 66 ans, est très affaibli. Il ne le sait pas encore, mais c’est à Ermenonville qu’il passera les deux mois qui lui restent à vivre. Dès son arrivée, il est touché par le charme du parc. Il y fait de longues promenades, récoltant fleurs et plantes pour les ajouter à son herbier, et prenant plaisir à écrire dans une « cabane » aménagée non loin d’un étang. Quand il meurt, le 2 juillet, le marquis de Girardin décide de l’inhumer dans le parc, sur l’île des Peupliers. Il y reposera quelques années, avant que la Convention n’ordonne son transfert au Panthéon.

« Quand on commence la visite », explique...

Vincent Lahache, responsable des espaces paysagers, « on s’arrête près d’une borne sur laquelle Le parc Jean-Jacques Rousseau Une promenade dans l’esprit des Lumières est écrite cette maxime de Girardin : “Le jardin, le bon ton, l’usage peut être anglais, français ou chinois, mais la nature, les prés, les bois, le paysage sont de tout temps, dans ce lieu sauvage et tous les hommes sont amis, tous les langages sont admis !” » Les valeurs de Rousseau s’expriment ici dans le respect des différences et de l’égalité entre les hommes et la protection d’une nature bienveillante.

Le parcours du visiteur l’entraîne ensuite dans une grotte, le faisant passer de la lumière à l’ombre. Les sens sont éveillés par le murmure d’une cascade et la fraîcheur du lieu. En sortant, on a une vue plongeante sur le miroir de l’étang en contrebas, bordé d’arbres vénérables : platanes, hêtres, chênes. Un platane semble couché sur l’eau. « Il est retenu par son système racinaire, qui se prolonge chez ses voisins », explique Vincent Lahache. « Nous le gardons, car il représente une niche écologique pour de nombreuses espèces animales. » Près des berges pousse l’éranthe d’hiver, une petite fleur jaune assez rare, ainsi que la fritillaire pintade, qui se plaît dans les milieux humides, sans oublier la reine des prés. La plupart des espèces sont endémiques. D’ici, le regard se porte en toute liberté sur le fond de la vallée, les prairies humides et les coteaux boisés couverts de fougères.

Petit à petit, le visiteur s’approprie une pluralité de découvertes en connexion avec la nature et la philosophie. Érigé sur un plateau forestier se dresse un temple. « Il s’agit du symbole de la philosophie moderne », explique le paysagiste. « Il n’y a pas de toit, car on ne couvre pas la pensée ! » Chaque colonne porte le nom d’un philosophe : Descartes, Montesquieu, Rousseau... Le monument est volontairement inachevé pour laisser aux jeunes générations, le soin d’honorer à leur tour leurs contemporains. Les nombreuses « fabriques » (temples, autels, stèles…) qui parsèment le parc sont autant de témoignages de la philosophie des Lumières dont le marquis était si imprégné. Beaucoup d’entre elles rappellent le passage de son hôte illustre.

Pratique

En voiture (47 km de Paris) prendre l’A1, sortie n° 7 (Saint- Witz, Ermenonville), puis N 330, direction Ermenonville-centre. En train De la gare du Nord, arrivée gare du Plessis-Belleville (à 7 km du parc), puis taxi.
Adresse 1, rue René-de- Girardin, 60950 Ermenonville
Renseignements
Du 1er octobre au 31 mars, ouvert de 11 h à 17 h 30. Du 1er avril au 30 septembre, ouvert de 10 h à 19 h. Fermé les 1er et 11 novembre, 25 décembre et 1er janvier. Tarif : 5 €, tarif réduit : 3 €, gratuit pour les moins de 18 ans. Visite guidée sur rdv, www.parc-rousseau.fr,
tél : 33 3 44 10 45 75
Hébergement
Ambiance anglaise à Ermenonville pour de très jolies chambres d’hôte et un salon de thé. Autour de 100 € la nuit pour 2 personnes. Tél 03 44 21 52 71,
www.lesreveriesdanslatheiere.com

Un Centre où culture et nature se rejoignent

Depuis 2012, le parc Jean-Jacques Rousseau est labellisé Centre culturel de rencontres. Il offre à un large public un programme culturel et artistique comprenant des spectacles et des échanges de savoir-faire qui ont lieu tout au long de l’année, que ce soit dans le domaine des arts, de la philosophie ou des sciences de la nature et du paysage. Les stages pratiques proposés couvrent un large spectre : apiculture, cuisine et plantes sauvages, techniques naturelles d’allumage du feu, fabrication d’un arc ou d’instruments de musique à partir des ressources végétales du parc, ou encore extraction d’encres et de teintures végétales…

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