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Le parc de la Caldera de Taburiente Perle verte des Canaries

Le parc de la Caldera de Taburiente

Surnommée l’île verte, La Palma, à l’extrême Nord-Ouest des Canaries, présente une grande diversité d’espèces végétales et s’est vu décerner le titre de Réserve de la biosphère par l’Unesco en 2002. Le somptueux ravin de la Caldera de Taburiente, offre un condensé de cette riche végétation qui évolue à mesure qu’on approche de son pic, culminant à 2 400 mètres.

Outre le calme et la douceur de l’air, ce qui frappe à La Palma, ce sont les cônes volcaniques noirs, fruits des éruptions successives qui ont donné naissance à cette île des Canaries couverte d’une végétation surprenante. Surnommée La Isla Verde, « l’île verte », elle offre la flore la plus luxuriante et la plus préservée des sept îles de l’archipel. Les quelque 400 espèces qui y ont été recensées, dont bon nombre sont endémiques, lui ont valu le titre de Réserve de la biosphère, décerné par l’Unesco en 2002.
Pour observer la diversité de cette végétation, il faut arpenter les sentiers sableux et rocailleux de l’île, paradis pour randonneurs, et ne pas s’effrayer des dénivelés… Clou du spectacle, le parc national de la Caldera de Taburiente se situe dans le creux d’un magnifique ravin dentelé. L’arc de cercle qu’il dessine mesure huit kilomètres de diamètre et un kilomètre et demi de profondeur. Le sommet du parc, le Roque de Los Muchachos, culmine à plus de 2 400 mètres et offre un spectacle lunaire à ceux qui s’y aventurent.

Des plantes alpines résistantes

Des forêts profondes aux cimes, en passant par des espaces plus ouverts et humides, la végétation évolue en fonction de l’altitude, de l’exposition et des précipitations. Les forêts de pins des Canaries (Pinus canariensis) dominent l’ensemble du parc. Les nombreuses et fines aiguilles de l’arbre illuminent l’ensemble montagneux d’un vert intense. Lorsque le soleil surplombe la Caldera, la couleur se renforce et tranche ainsi avec le ciel azuré de l’île.
Ces aiguilles contribuent aussi à la protection des forêts : elles condensent l’eau et l’humidité jusqu’à la base du tronc, ce qui permet au pin de mieux résister au feu. L’arbre ne semble pas non plus affecté par le manque de précipitations. Grâce à ses longues racines, il puise l’eau dans les profondeurs et subvient facilement à ses besoins. Habillé d’une écorce craquelée brune et argent, cet arbre majestueux parfume la Caldera d’une légère senteur résineuse.

Ses sous-bois sont très variés et les découvertes se multiplient au gré des promenades. Les espèces complémentaires les plus typiques consistent en différentes variétés de vipérines de Ténérife (Echium webbii et Echium gentianoides x wildpretii), en...

tanaisie de La Palma (Gonospermum canariense), en fausse sauge (Sideritis barbellata) ou encore en une espèce de cytise (Chamaecytisus proliferus). Au printemps, ces espèces se parent de petites fleurs jaunes, blanches, orangées et bleutées. La Caldera conserve en revanche son camaïeu de vert qui rehausse en hiver la couleur brune de ses montagnes volcaniques et lui donne un air de famille avec l’île de La Réunion.

À partir de 2 000 mètres d’altitude, sur les cimes venteuses qui surplombent l’amphithéâtre de la chaîne montagneuse, le « codeso des sommets » (Adenocarpus viscosus) domine le paysage. Cet arbuste qui rappelle le genêt est hérissé de nombreuses tiges broussailleuses et irrégulières aux feuilles gris-vert et se couvre de petites fleurs jaune citron. Il est adapté aux hivers froids et aux étés très chauds. À ses côtés règne le retamón (Genista benehoavensis), un arbuste en forme de boule lui aussi paré de petites fleurs jaunes. Décimé par les chèvres, les lapins et le feu, le retamón a fait l’objet de nombreux projets de replantation menés par le parc et les écoles de l’île.

Succulentes en forme de rosette

De nombreuses plantes de roches se nichent quant à elles au creux du ravin et dans les espaces trop pentus pour que les pins puissent s’y développer. Adaptées à cet habitat vertical, des succulentes aux feuilles en forme de rosette fleurissent de manière spectaculaire.

L’Euphorbia canariensis, petit arbre à plusieurs tiges dentelées et vert clair, ressemblant à un cactus, vient pour sa part donner de faux airs de désert mexicain aux zones situées en basse altitude. Mais si les chemins de randonnée offrent des balades d’une beauté à couper le souffle, entre la couleur intense des forêts, la brume qui vient couronner le sommet des montagnes et le bleu de la mer qui s’étend à perte de vue, visible de presque toute la Caldera, il n’est pas évident, sur un tel dénivelé, de repérer les spécimens les plus rares de cet écosystème.

Pour jouir d’un aperçu plus détaillé sur la flore locale, le centre des visiteurs, situé dans la ville d’El Paso, a ouvert un jardin botanique présentant quelques espèces et précisant le caractère endémique ou non des plantes ainsi que l’altitude de leur habitat. Il est donc possible, par exemple, de venir apprécier de plus près les délicats petits bourgeons jaunes du Pimpinella dendrotragium, qui s’épanouit entre 400 et 1 200 mètres, ou le dessin géométrique des feuilles de l’aéonium en arbre (Aeonium arboreum ssp. holochrysum), qui pousse quant à lui entre 100 et 1 300 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Protéger la flore menacée

Le gouvernement des îles Canaries a lancé un plan de conservation de la flore et de l’habitat des hautes montagnes de La Palma dès 2005. Des parcelles de repeuplement productrices de graines, clôturées pour être à l’abri des herbivores, ont été installées. Ces espaces rassemblent aussi bien des espèces en danger comme les Bencomia exstipulata, des espèces présentant un intérêt spécial telles que les Lactuca palmensis ou encore des espèces dont les graines se dispersent lentement, comme l’Ephedra major

1. Le dragonnier des Canaries (Dracaena draco)

Cette espèce surprenante à l’allure préhistorique n’appartient pas à la famille des arbres. Il s’agit d’une liliacée. Le dragonnier produit une gomme rouge foncé, autrefois utilisée comme colorant et à des fins thérapeutiques. « En raison de ces saignées systématiques qui ont provoqué le dépérissement des arbres, le nombre des dragonniers a considérablement baissé », explique le guide La Palma (éd. Freytag & Berndt). Deux spécimens sont présentés dans le jardin botanique du centre des visiteurs du parc. On en voit ici et là au bord des routes de l’île. 

2. La violette de La Palma (Viola palmensis)

Si elle ressemble à la fleur de nos contrées, cette violette ne se trouve que sur l’île de La Palma entre 1 800 et 2 400 mètres. Ces dernières années, on constate qu’elle recolonise son espace de façon naturelle, probablement du fait de la réduction du pâturage des herbivores. La population de la violette de La Palma a aussi été renforcée par des actions de replantation.

Infos pratiques

Comment y aller
Pour se rendre à La Palma, Iberia et Easyjet proposent des vols avec escale à Madrid, Londres ou Ténérife. Comptez environ 6 heures et demie dans chacun des cas. Il est possible de trouver des vols à partir de 200 euros.
Renseignements
L’accès au parc de la Caldera de Taburiente est libre. Le centre des visiteurs (centro de visitantes) de la ville d’El Paso offre des informations sur les chemins de randonnée mais également sur la faune, la flore et la géologie du parc. L’accès est gratuit. Le centre est ouvert tous les jours de 9 h 00 à 18 h 30 (+34 922 922 280). Pour profiter au maximum de la floraison, le printemps est la meilleure saison.
Hébergement
À proximité du parc, location de bungalows avec vue sur la mer. Pour deux personnes, compter à partir de 50 euros par jour. 

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