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La commanderie de Saint-Marc-la-Lande Une déambulation médiévale

La commanderie de Saint-Marc-la-Lande

Au coeur de la commune de Saint-Marc-la-Lande, la majestueuse commanderie des Antonins, sa collégiale, son herbularium et son verger conservatoire nous content l’histoire de ce petit village des Deux-Sèvres situé sur le chemin de Compostelle.

Vers le milieu des années 1980, la commune de Saint-Marc-la-Lande décide de restaurer ses deux bâtiments historiques : la commanderie, une grande bâtisse qui tenait lieu d’hôpital, le lieu d’accueil pour les pèlerins en route vers Compostelle et de résidence pour les moines Antonins, et son église collégiale à la superbe façade gothique.
Peu de temps après, vers le milieu des années 1990, l’ensemble voit se développer à ses pieds un jardin médicinal, rappelant l’histoire des moines soigneurs, ainsi qu’un verger conservatoire ayant pour vocation la sauvegarde d’espèces de pommes et de poires devenues rares.

Hommage aux moines soigneurs

C’est au XIIIe siècle que Saint-Marc-la-Lande voit s’établir une congrégation de moines Antonins, ordre hospitalier réputé pour son utilisation des plantes médicinales. En effet, l’ordre de saint Antoine, puissant durant le bas Moyen Âge, était spécialisé dans le traitement du « mal des ardents », épidémie terrible de l’époque au même titre que la peste ou la lèpre. Cette maladie était provoquée par l’ingestion d’un champignon parasite, l’ergot du seigle. Contre cette « peste de feu », dont la forme gangréneuse était alors la plus fréquente en Europe, les Antonins utilisaient des remèdes réalisés à partir de plantes. Le Saint Vinage était ainsi un breuvage à base de vin où l’on faisait macérer notamment de l’ortie blanche, et que l’on mettait en contact avec des reliques de saint Antoine. Les moines utilisaient aussi un baume mêlant de la graisse de porc et pas moins de 14 plantes.
Aujourd’hui, en arpentant le jardin médicinal, les visiteurs peuvent retrouver les plantes utilisées dans les remèdes des Antonins aux côtés de près de quatre-vingt-dix autres espèces, parmi lesquelles l’acanthe, le chardon-Marie, le lin, la sarriette, la sauge, l’angélique, la saponaire ou encore le myrte.

« Lors de la reconstitution du jardin médicinal, nous avons voulu créer un herbier grandeur nature, comme une sorte de livre vivant », raconte Céline Robino, médiatrice culturelle à la Maison du Patrimoine, l’association qui gère les deux édifices et le jardin. On ne...

peut pourtant pas réellement parler de reconstitution, car, bien qu’étant situé au même endroit que le jardin originel, au pied de la commanderie, l’herbularium n’a pas été conçu selon un plan en croix, comme la plupart des jardins d’inspiration médiévale. « La commune n’a pas souhaité recréer le jardin originel, mais simplement s’en inspirer », précise la médiatrice.

Un verger ancré dans sa région

Situé à côté du jardin, le verger conservatoire est un véritable appel à la flânerie et à la découverte. Il rassemble en effet plus de cent variétés de pommes, auxquelles s’ajoutent une soixantaine d’espèces de poires et dix-huit de raisin.
« Lors de sa création, nous avons voulu rendre hommage à notre région, la Gâtine », explique Céline Robinot. En effet, bien que le terme « gâtine » renvoie étymologiquement à un terrain inculte, un désert, la région est connue pour sa richesse arboricole, en particulier pour ses nombreux pommiers et poiriers. « Le verger de la commanderie possède de nombreuses espèces anciennes aux noms tous plus poétiques les uns que les autres », souligne Nicolas Bonnin, de la Maison du Patrimoine. Il y a ainsi de la belle de Boskoop, de la belle fleur jaune, de la coeur de boeuf, de la patte de loup ou encore de la troche, mais la variété la plus emblématique de la Gâtine est évidemment la reinette de Parthenay, plus communément appelée clochard.

Si les visiteurs gourmands peuvent récupérer les fruits tombés des arbres et apprécier leur saveur, le reste de la production est récolté par les jardiniers de la ville afin d’être distribué, chaque année, aux visiteurs du marché de Noël. Quant au surplus, il est reversé à des associations caritatives.

Une visite en toute liberté

La particularité du lieu ? Il n’est pas clôturé ! Le jardin ainsi que le verger peuvent donc se visiter toute l’année. Comme la visite est libre, la Maison du Patrimoine a mis en place un étiquetage des plantes assez complet. Sous la photo de chacune sont indiqués son nom commun, mais aussi son nom latin et en patois ainsi que sa période de floraison et son sol de développement originel.

Certaines plantes sont même dotées d’un étiquetage particulier : « Nous avons voulu signaler les plantes toxiques par un symbole reconnaissable par tous, y compris les plus jeunes : une tête de mort », indique Céline Robinot.
Enfin, les visiteurs les plus curieux ont la possibilité de prendre un audioguide qui leur permettra d’en savoir un peu plus sur l’histoire du site dans son ensemble. Des visites guidées, notamment destinées aux groupes scolaires, peuvent être organisées par la Maison du Patrimoine sur demande. Enfin, la commanderie est un lieu culturel à part entière : « Notre vocation est de faire vivre le lieu et de sensibiliser le public à son histoire », explique Céline Robinot. Chaque année ont lieu cinq à six expositions au sein du bâtiment, et des concerts sont parfois organisés dans la collégiale.

Infos pratiques

Comment y aller
La commanderie des Antonins est située au 1, rue des Antonins à Saint-Marcla- Lande (Deux-Sèvres).

En train
Prendre le TGV Jusqu’à Niort, puis 30 min de voiture.

En voiture
Compter 4 h de route depuis Paris via l’A10.

Ouverture
La collégiale, le jardin et le verger se visitent toute l’année en libre accès. • La commanderie est ouverte d’avril à fin octobre. Visite guidée sur demande, audioguide : 3 e par personne. Contact : tél. : 05 49 63 43 31 Site : www. maison-patrimoine.fr

Hébergement
Chambres d’hôtes L’Aveneau, à 5 km de Saint-Marc-la-Lande, 75 à 85 € la nuit., 79130 Le Retail. Réservation sur www.chambreshotes.fr

Le baume de saint Antoine, aussi mystérieux qu’efficace

Au Moyen Âge, la renommée des moines Antonins était essentiellement due à leur capacité à soigner l’ergotisme, notamment grâce à un baume. Un mystère plane sur l’origine de ce baume, dont on a longtemps cru la recette perdue. Mais en feuilletant un registre de 1726 l’historienne Élisabeth Clémentz a retrouvé une recette, que voici :
« Dans un mélange de quatre livres d’un excipient indéterminé (vraisemblablement de la graisse de porc), de quatre livres de suif, quatre livres de saindoux, quatre livres de poix blanche, quatre onces de cire jaune, deux onces de térébenthine, trois quart de livre d’huile d’olive, sont incorporés : deux onces de vert de gris (hydrocarbonate de cuivre), puis un décocté exprimé préparé avec six poignées de chacune des plantes suivantes : feuilles de chou, de noyer, de bette, de laitue, de deux sortes de plantain, de sureau, de sanicle, de tussilage, de joubarbe, d’orties, de ronces avec leurs sommités. »

En savoir plus
Notre hors-série Remèdes d’autrefois, tome 1 consacre un article au baume de saint Antoine et à la peste de feu. Disponible sur boutique.santeportroyal.com 

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