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L’abbaye de Daoulas,
jardin du monde

  • L’abbaye de Daoulas, <br>jardin du monde
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  • Le bois-bouton, Cephalanthus occidentalis

En plein cœur de la Bretagne se dresse Notre-Dame de Daoulas, une ancienne abbaye de l’Ordre de saint Augustin dont la construction a débuté au XIIe siècle. Ce patrimoine exceptionnel, bien connu des Finistériens, a eu plusieurs vies. Son jardin remarquable, à la diversité botanique inspirée du monde entier, en est le fleuron vert.

Cet ensemble – église abbatiale, cloître, bâtiments et jardin – est l’un des plus beaux témoignages de l’architecture monastique bretonne. Vendue comme bien national à la révolution, l’abbaye a ensuite été habitée par des familles bourgeoises jusqu’en 1947, qui entretiennent son parc.

Un des derniers propriétaires, au début du XXe siècle, aimait beaucoup la botanique : on lui doit le cèdre bleu de l’Atlas de la cour d’entrée. Aujourd’hui, de petites haies de buis délimitent les grands carrés associant les fleurs aux plantes condimentaires, aromatiques et médicinales. Sous ses airs austères, ce lieu est une invitation à la découverte, car des simples du monde entier y poussent depuis 1990. Le parc est réaménagé en 2015, des arbres et arbustes médicinaux sont ajoutés.

Rien de tel que de les avoir sous les yeux pour en apprendre les utilisations et les propriétés : « Ce jardin s’organise autour d’un axe ethnobotanique, la science qui étudie les relations entre l’homme, la santé et la plante en fonction du contexte culturel et historique. Cela inclut de nombreuses représentations de ce qu’est la santé, comment elle est appréhendée dans chaque culture et comment la plante est utilisée », précise Pascal Vieu, gestionnaire des collections végétales au sein de l’abbaye.

Une diversité médicinale

Ainsi, 770 variétés de plantes se côtoient sur une surface de 3 000 m². Des médiateurs racontent aux visiteurs le rôle qu’elles jouent, leur utilité selon les pays et de nombreuses anecdotes : le Melaleuca alternifolia (arbre à thé), par exemple, vient d’Australie. Connu aujourd’hui pour son huile essentielle antiseptique, il fut beaucoup utilisé pendant la Première Guerre mondiale.

« Aucun arbre ni plante médicinale ne soigne le cancer », prévient d’emblée Pascal Vieu, responsable botanique au sein de l’abbaye de Daoulas. Mais de nombreux médicaments luttant contre le cancer sont issus de plantes, tel le taxol, provenant de l’if. Le jardin de l’abbaye met aussi en avant celles qui servent à accompagner les malades, comme le mûrier blanc, Morus alba L., riche en antioxydants et qui diminue le risque de cancer, ou l’aloé vera, qui traite les dégâts sur la peau dus à la radiothérapie.

D’autres plantes, tel le xishu (Camptotheca acuminata), originaire de Chine, font l’objet de recherches. Celles-ci ont débuté dès les années 1950, puis ont été abandonnées en raison d’effets secondaires dévastateurs. Reprises dans les années 1990, elles ont abouti à la mise au point de molécules de synthèse et de médicaments.

Poivre du Sichuan et magnolias

La terrasse inférieure accueille les plantes des pharmacopées d’Europe occidentale et de Bretagne ; les étiquettes sont d’ailleurs inscrites en français, en latin et en breton. La terrasse supérieure héberge, elle, des plantes issues des pharmacopées traditionnelles d’Océanie, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie. Un peu plus loin sont valorisées des plantes menacées ainsi que des tinctoriales et des toxiques.

Au fil des pas, on rencontre le Zanthoxylum bungeanum, le « vrai » poivre du Sichuan, si délicieux en cuisine avec ses parfums d’agrumes. Doté de propriétés antiseptiques et vermifuges grâce à la berbérine qu’il contient, il est aussi utile pour les maux de dents, de bouche ou de ventre.

On apprend encore que le Magnolia officinalis revient de loin. Son écorce, très réputée en Chine pour favoriser la circulation de l’énergie (le qi), a provoqué une surexploitation de l’arbre. Cependant, grâce à un programme du gouvernement chinois de mise en culture et de réintroduction massive, il n’est plus menacé aujourd’hui.

La balade se poursuit dans le parc, où le paysagiste s’est appliqué à créer une succession d’ambiance autour des textures et des couleurs en respectant aussi la vie sauvage. La réglisse des bois et le géranium Herbe à Robert se déploient sur les toits des bâtiments ; la menthe aquatique, la reine-des-prés, l’angélique des bois ou les orchidées ont trouvé refuge dans les zones humides. Et si on s’arrêtait un peu sous ce vieux cerisier ?

En pratique

Adresse Abbaye de Daoulas : 21, rue de l’Église - 29460 Daoulas. Tél. : 02 98 25 84 39, www.cdp29.fr

Comment y aller : par la route, prendre la N 165 entre Brest et Quimper. Daoulas se situe à 20 min de Brest et 40 min de Quimper. Par le train, descendre gare de Brest ou de Landerneau, puis prendre le bus ou un taxi jusqu’à Daoulas.

Tarifs et horaires : jusqu’au 6 janvier 2019, ouvert tous les jours de 13 h 30 à 18 h. Fermé ensuite jusqu’à mi-mars. Entrée : de 1 à 5 €, gratuit pour les moins de 7 ans. Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Où dormir : à la Maison Chicorée, ancienne usine à chicorée du début du XXe siècle. De 70 à 100 € par nuitée avec petit déjeuner, https://maisonchicoree.fr

Dichroa febrifuga

Cette magnifique plante aux fleurs d’un bleu intense serait cinquante fois plus efficace que la quinine contre le paludisme ! Ses feuilles sont utilisées contre le cancer de l’estomac, et son écorce est très utile pour calmer les différentes fièvres. Le dichroa pourrait faire figure de panacée s’il n’était également un émétique violent et une plante toxique.

Le bois-bouton, Cephalanthus occidentalis

Dans l’ouest des États-Unis, cet arbuste des berges de ruisseaux a connu de nombreuses indications médicinales de la part des tribus amérindiennes : pleurésies, maux de dents, dysenterie, calculs, etc.

Toutefois, la forte toxicité du céphalanthe occidental a causé son abandon dans la phytothérapie moderne. Sa substance active, la céphalanthine, est réservée à des usages spécifiques, car elle peut provoquer une hyperhémolyse, des paralysies ou des convulsions.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Plantes & Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé.
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