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Les jardins du château du Rivau, la biodiversité à foison

Château de Rivau

Au cœur du Val de Loire, le château du Rivau se dresse entouré de ses étonnants jardins, classés Jardin remarquable par le ministère de la Culture. Au gré de la visite, les collections végétales de légumes et de fleurs proposent des tableaux féeriques toujours au service de l'environnement.

Entre féerie et art paysager, les jardins du château de Rivau offrent un spectacle riche en surprises. Au total, ce sont 14 petits jardins qui se découvrent à l'envi. « J'ai été très inspirée par l'imaginaire du château, qui date de l'époque médiévale, explique Patricia Laigneau, la ­conceptrice des jardins. Mais attention, je n'ai pas voulu faire de pastiche d'un jardin médiéval, j'ai voulu créer un jardin moderne tout en ­puisant dans l'essence de l'époque. Les enluminures, les notions de ­perspectives, les effets graphiques m'ont guidée dans ma démarche : j'ai beaucoup ­travaillé autour du graphisme des plantes, de leurs formes, leurs contrastes. Pour moi, un jardin est un champ d'expérimentation infini, un peu comme une œuvre d'art. On peut jouer sur les textures, les volumes, les couleurs… végétaliser toutes les matières en quelque sorte. »

Un royaume de contes de fées

Dès l'entrée, le visiteur est accueilli par d'immenses parterres de lavande qui créent des entrelacs odorants. Les différents jardins se dégustent ensuite sans parcours imposé. Le jardin du Petit Poucet, par exemple, offre une impression de mouvement. Les graminées et les plantes vivaces qui le composent (des ­ Veronicastrum, des panics, des campanules raiponce, des germandrées) créent une ondulation au gré du vent. À côté, l'allée des fées propose une mixité totale entre les plantes indigènes et les végétaux exotiques. Certaines plantes vont jusqu'à deux mètres de hauteur, ce qui donne au visiteur l'impression de ­littéralement ­plonger dans le jardin, de faire corps avec les végétaux.

Plus loin, le jardin des Philtres d'amour reprend pour thème les potions magiques du Moyen Âge. Ici, les plantes et les herbes ont été choisies parce qu'elles étaient utilisées dans les élixirs d'amour, dans les remèdes pour ­guérir… ou dans des potions pour se débarrasser d'une rivale. Les classiques sauges médicinales (Salvia officinalis), les rues des ­jardins (Ruta ­graveolens) côtoient ainsi les sulfureuses absinthes ­ (Artemisia ­absinthium) ou mandragores (Mandragora officinarum). En traversant le verger, on découvre une étonnante collection d'anciennes variétés de pommiers, de cerisiers, de néfliers et d'amandiers… Ensuite, c'est un sous-bois piqueté ­d'hellébores...

qui ravit les yeux ou l'allée des senteurs qui embaume ­délicatement au passage. Au fond, la truffière, telle qu'elle existait au XVIIe siècle, cache au pied des chênes quelques trésors odorants. Et partout un même mot d'ordre : ­biodiversité.

« Lors de la conception des jardins du Rivau, nous avons toujours gardé comme objectif de créer des compositions artistiques sans oublier de favoriser la biodiversité, continue Patricia Laigneau. Le but était en effet de concevoir un jardin de style naturaliste, c'est-à-dire un jardin qui contient un maximum de végétaux pour attirer les insectes, aider à la pollinisation et à la reproduction végétale. Il faut savoir qu'il y avait beaucoup moins d'espèces de plantes au Moyen Âge. Celles que l'on connaît aujourd'hui ont pour beaucoup été rapportées lors des grands voyages. Mais nous nous devons, aujourd'hui, de travailler pour protéger cette biodiversité actuelle. C'est pour cela que nous avons toujours cet effet de masse dans chacune des parties des jardins. Au total, nous proposons plus de 8 000 variétés de plantes à Rivau dont 450 variétés de roses. »

Des roses aux parfums envoûtants

Elles sont belles, mais pas seulement ! Les roses parfumées sont en vedette aux jardins du Rivau et sont labellisées par le conservatoire des collections végétales spécialisées. Rose de Damas ou de Provins (roses médicinales aux vertus anti-inflammatoires et toniques), mais aussi rose des Maures, Pierre de Ronsard, Gentle Hermione… les 450 variétés de roses sont sélectionnées pour leurs parfums marqués et parfois étonnants : myrrhe, thé, musk, citron, églantine, miel, abricot, framboise, mûre, violette ou même… vin blanc ou salade de fruits. De son côté, la rose château du Rivau blanche au cœur d'étamines d'or, créée en 2003 par André Eve, rosiériste réputé, fleure bon la pomme verte.

 

Des citrouilles gargantuesques

Point d'orgue de la visite, l'extraordinaire potager de Gargantua propose une très belle collection de citrouilles (près de 75 variétés), de légumes de variétés locales et de légumes oubliés plantés comme au Moyen Âge sur un plessis de châtaignier surélevé. « De nombreuses courges ont été choisies pour leur taille pantagruélique. C'est en hommage à Rabelais, voisin du château, qui avait cité Rivau dans ­Gargantua, son œuvre incontournable. » Certaines de ces courges hors normes sont tellement rares – comme la melonnette jaspée de Vendée – qu'elles sont dites de collection.

Le potager est labellisé Ecocert. « Il y en a très peu en France, car ce label comporte un cahier des charges strict : graines bio, arrachage manuel, aucun traitement non bio, analyse des terres tous les trois ans… » précise ­Patricia ­Laigneau. À cela s'ajoute la technique du compagnonnage qui consiste à associer des plantes et des légumes pour qu'ils poussent au maximum sans ajout d'engrais. « Nous sommes fiers de pouvoir faire pousser des variétés protégées et de faire partie du conservatoire de légumes de la région Centre, conclut notre hôte. Cette collaboration est ­primordiale pour la protection d'espèces végétales menacées et l'échange de graines par exemple. »

 

Les cucurbitacées à l'honneur !

Les citrouilles sont les reines à Rivau et symbolisent parfaitement ce qui est entrepris au sein de la région Centre pour protéger et valoriser la biodiversité domestique. Elles sont inscrites, comme le reste du potager, au conservatoire de légumes de la région Centre, soutenu par l'Association des parcs et jardins en région (APJRC), et méritent qu'on les (re)découvrent. La sucrine du Berry, par exemple, a été retrouvée en 1987. Classée à l'Arche du goût Slow Food, un catalogue créé en 1996 qui recense les variétés « d'aliments de qualité, oubliés et en danger de disparition », elle se distingue par sa chair fine et sucrée qui se dévoile autant dans les plats salés (potage, poêlée) que sucrés (confiture, cake).

Infos pratiques

Comment y aller ? Le château du Rivau se situe à Léméré (37), à 50 km de Tours et est accessible depuis l'autoroute A10 ou A85.

Informations Ouvert du 1er avril au 3 novembre, de 10 h à 18 h (19 h jusqu'au 30 septembre). Entrée : 11 € (adulte) et 7 € (enfants de 5 à 18 ans). www.chateaudurivau.com

Hébergement Le château possède 7 chambres (à partir de 250 € la nuit, petit déjeuner compris). À 10 mn en voiture, la Closerie Saint-Martin propose des chambres à partir de 80 € la nuit, petits déjeuners inclus. Tél. : 02 47 58 17 24.

A voir Le Festival d'automne des 26 et 27 octobre est l'occasion de découvrir les floraisons d'automne et de participer à des ateliers créatifs pour les petits et pour les grands. Conférence sur le chrysanthème Tarifs : 9 € par jour pour les adultes.

 

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