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Domaine de Courson, un théâtre de grands arbres

Domaine de Courson

Connu pour accueillir deux fois l’an les fameuses Journées des plantes, le domaine de Courson est avant tout un jardin à l’anglaise où la vue des beaux arbres procure un apaisement salutaire... une vertu bien appréciable pour un lieu situé à seulement 35 km de la capitale!

Des arbres majestueux comme autant de fortes personnalités... C’est ce qui frappe en premier lieu quand on découvre le Domaine de Courson. Il faut dire que certains d’entre eux sont de véritables témoins de l’histoire, comme l’if tricentenaire adossé à la chapelle : planté en 1750, il a connu le siècle des Lumières, la révolution industrielle, et ne semble pas être affecté par l’urbanisation galopante de son environnement francilien ! De cent ans son cadet, le séquoia géant lui a volé la vedette, classé «arbre remarquable » par l’association ARBRES. Du haut de ses 60 mètres, il domine le jardin et la campagne alentour... Un groupe de hauts platanes fait bande à part. De son côté, un bosquet de conifères, genévriers et faux cyprès semble impénétrable : « Il est posé là comme une boîte à bijoux», admire Patricia de Nervaux-Loÿs, l’une des propriétaires.

Cette amoureuse de Courson nous rappelle que les plantations ont été réalisées au XIXe siècle, à une époque où les jardins à l’anglaise étaient en vogue. Aujourd’hui, c’est donc une balade romantique que nous propose le lieu : « Le jardin à l’anglaise veut nous faire vivre des émotions, des sensations, à l’inverse du jardin à la française où l’on est invité à admirer comment l’homme a su dompter la nature », confie notre hôte. Une sensation d’apaisement nous envahit lorsqu’on se promène dans les allées qui serpentent. «Ici, les éléments décoratifs sont les arbres eux-mêmes, remplaçant la statuaire des jardins plus anciens », commente Patricia de Nervaux-Loÿs. On imagine le peintre qui choisit son point de vue avant de poser son chevalet et dessine les essences qui se distinguent par la couleur de leur écorce, le port de leurs branches ou l’énergie de leur feuillage.

Au cœur du domaine, leurs formes se reflètent dans le miroir naturel de l’étang, creusé en 1860. « Comme dans un jardin japonais ou mauresque, l’eau donne son âme au jardin », explique Patricia de Nervaux-Loÿs. On utilisa alors la terre excavée pour créer une éminence sur laquelle des érables asiatiques (Acer...

triflorum et Acer japonicum), un bouleau à l’écorce rose (Betula costata) et d’autres espèces rares prennent de la hauteur par rapport au reste du parc.

Un cabinet de curiosités botaniques

Dans ce jardin romantique, les passionnés de botanique et d’horticulture ne sont pas en reste. En plus d’accueillir chaque année des pépiniéristes de toute l’Europe au cours des Journées des plantes de Courson, le parc collectionne des arbres du monde entier. Le cèdre bleu pleureur de l’Atlas (Cedrus atlantica ‘glauca pendula’) ne sait pas choisir entre la terre et l’eau, lançant ses branches à l’assaut de l’étang. Le hêtre à feuilles de fougère (Fagus sylvatica ‘asplenifolia’) arbore un feuillage non seulement très graphique mais qui également marcescent, c’est- à-dire qu’il reste attaché aux branches presque tout l’hiver, même après s’être desséché.

Un cerisier du Tibet (Prunus serrula) flambe avec son écorce cuivrée. Le cèdre du Japon (Cryptomeria japonica) évoque une tour de Pise couverte d’un feuillage à l’aspect piquant et pourtant très doux au toucher. «Ce jardin rappelle l’esprit des cabinets de curiosités de la Renaissance, souligne Patricia de Nervaux-Loÿs. Aujourd’hui encore, nous faisons appel à des paysagistes de renom pour le choix des plantations.» Ainsi, les 35 hectares du domaine accueillent sans cesse de jeunes arbres apportant du renouveau aux vétérans qui ont vu défiler les siècles. À voir et à revoir.

Séquoia géant, Sequoiadendron giganteum

Le séquoia géant est l’espèce végétale potentiellement la plus volumineuse. Son plus imposant spécimen se trouve dans le Parc national de Séquoia, en Californie : le « Général Sherman » culmine à 83 mètres pour une circonférence de 30 mètres. La gemmothérapie utilise ses jeunes pousses de printemps contre l’ostéoporose.

Tulipier de Virginie, Liriodendron tulipifera

Originaire du sud et de l’est des États-Unis, ce bel arbre de la famille des Magnoliacées doit son nom à sa fleur qui rappelle la tulipe. Son bois de cœur est utilisé en lutherie et en ébénisterie. Son aubier contient un alcaloïde succédané de la quinine, sa décoction est tonique et fébrifuge. Le miel de tulipier est très apprécié outre-Atlantique.

À Courson, militons!

Chaque année, depuis 1982, des pépiniéristes et des collectionneurs viennent à Courson présenter au public leurs merveilles végétales. Ce sont environ 250 exposants qui se réunissent au cours des Journées des plantes, au printemps puis à l’automne. Les 16, 17 et 18 mai prochains, le thème retenu fera écho à l’actualité : « La diversité ? Prenez-en de la graine ! » dénonce un projet de règlement européen « relatif à la production et à la mise à disposition sur le marché de matériel de reproduction des végétaux ». Les professionnels craignent que ce nouveau texte empêche les petites pépinières de protéger les plantes qu’elles créent en raison du coût de l’enregistrement. Comme bien souvent avec l’Europe, l’intention est à première vue louable, notamment pour garantir la traçabilité, mais on se demande encore une fois si les intérêts économiques des plus gros acteurs ne sont pas la principale préoccupation.

Comment y aller

En voiture depuis Paris : à partir de la Porte d’Orléans, prendre l’A6 puis l’A10 vers Nantes-Bordeaux. Sortie Les Ulis-Chartres. Prendre la D118 à Villebon-sur-Yvette, puis la D446 vers Marcoussis et la D3 vers Dourdan. Suivre enfin le fléchage « château et parc de Courson ».
En train : prendre le RER C, direction Dourdan et descendre en gare de Breuillet-Bruyères- le-Châtel (à 6 km du domaine). Marchez, pédalez ou réservez le taxi Hervé (06 07 42 73 07). Pendant les Journées des plantes, un service de navettes relie la gare RER de Massy-Palaiseau au domaine de Courson.
Adresse : 91680 Courson- Monteloup. Tél. : 01 64 58 90 12 ; www.domaine-de-courson.fr.
Les visites du parc ont lieu les dimanches et jours fériés, de 14 à 18 heures, du 16 mars au 16 novembre 2014. Tarif plein : 8 €. Demandez le « Guide du parc » qui indique la localisation des arbres.
Hébergement : à 5 km du domaine de Courson, la maison d’hôtes Le Feuilleret est une ancienne tuilerie au milieu d’un parc écologique : 136 route du Marais, 91680 Bruyères-le-Chatel. Tél. : 01 64 59 15 27, www.lefeuilleret.com ; 65 € la chambre double.

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