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L’agripaume garde le rythme

Agripaume

L’agripaume (Leonurus cardiaca) est une plante médicinale méconnue, active sur les rythmes et les cycles. Vivace, elle demande peu d’entretien, tandis que sa longue floraison profite au jardin et à tous les auxiliaires, en particulier à nos amies les abeilles. Se faisant de plus en plus rare dans la nature, elle a besoin d’un petit coup de pouce. Évitez son extinction complète et participez à la sauvegarde de la biodiversité en lui réservant un coin de jardin !

Amis jardiniers, installez l’agripaume en plein soleil ou dans une zone à moitié ombragée. Peu exigeante, elle s’accommode de la plupart des natures de sol, même si elle apprécie un peu de compost au pied à chaque printemps.

Le semis

Il ne présente pas de difficulté particulière. À l’intérieur, préparez vos semis en godets : remplissez-les d’un bon terreau mélangé à un peu de sable (environ une part de sable pour cinq de terreau) ; tassez puis disposez deux à trois graines par godet, avant de ­saupoudrer d’une fine couche de terreau. Tassez à nouveau afin d’immobiliser les graines. Arrosez à l’aide d’un vaporisateur pour optimiser l’ancrage des futures radicelles. Surveillez l’humidité et entretenez-la sans attendre que la surface soit totalement sèche, ce qui risquerait d’entraver la ­germination – qui s’effectue ­normalement en deux à trois semaines. Le semis sur place est possible, à l’automne ou au printemps. Travaillez soigneusement l’emplacement en éliminant les racines des mauvaises herbes avoisinantes. Ensuite, les ­instructions sont identiques aux semis en godets.

La plantation

Transplantez les godets en pleine terre lorsque les plantules sont suffisamment fortes. L’arrosage doit être régulier pendant la phase de croissance de l’agripaume, c’est-à-dire jusqu’à l’apparition des hampes florales. Une fois que la plante est installée, elle résiste bien à la sécheresse.

L’entretien

Il est réduit au strict minimum ! Après la récolte, rabattez les parties ­desséchées. La plante ­continuera à produire des feuilles basales qui pourront servir à la préparation d’infusions quasiment toute l’année. L’agripaume n’est généralement pas sensible aux attaques.

La récolte

La partie médicinale est constituée par les hampes feuillées et fleuries de la plante. La récolte s’effectue au moment de la pleine floraison, entre juin et octobre. Plusieurs cueillettes successives sont possibles. Veillez à bien protéger vos mains à l’aide de gants épais, car les calices des fleurs sont munis d’­éperons piquants ! Étendez les tiges feuillées sur des claies, dans un lieu sec, ventilé et ombragé. En séchoir, la température ne doit pas dépasser 35°. Une fois séchée, l’­agripaume se conserve très bien.

L’agripaume à l’atelier : calmer les crises d’angoisse avec un extrait hydro-alcoolique

L’extrait hydro-alcoolique fabriqué à partir...

de la plante fraîche concentre un maximum de principes actifs. Certains d’entre eux (les diterpènes) sont très amers, donnant à cette teinture mère « maison » un avantage certain sur la tisane d’agripaume.

Parmi les autres composants caractéristiques de cette Lamiacée, citons des iridoïdes anti-inflammatoires et quelques alcaloïdes. Ces derniers sont responsables des propriétés majeures de l’agripaume sur la sphère endocrinienne et cardiaque. D’où sa capacité à tranquilliser le rythme du cœur.

  1. Après la récolte, triez aussitôt les parties aériennes fleuries (sans les laver) et éliminez les zones abimées. Coupez-les en petits morceaux à l’aide d’une paire de ciseaux en acier inoxydable préalablement nettoyée à l’alcool.
  2. Dans un récipient en verre (opaque si possible), déposez les morceaux en tassant légèrement, puis versez l’alcool de fruit bio (titré à environ 45°) jusqu’à ce que celui-ci recouvre entièrement la plante (1 cm au-dessus de l’affleurement). Fermez le récipient.
  3. Laissez macérer l’ensemble à l’abri de la lumière, en agitant régulièrement.
  4. Exprimez la préparation obtenue en la pressant fortement à travers un linge fin, puis filtrez à l’aide d’un entonnoir équipé d’un papier filtre. Recueillez l’extrait finalisé dans des flacons opaques (50 à 100 ml) munis de compte-gouttes et préalablement stérilisés à l’eau bouillante. Fermez les flacons. Étiquetez votre préparation en indiquant le nom de la plante et la date de fabrication.

Posologie

  • Contre les troubles cardiaques (palpitations, arythmies, extrasystoles ou hypertension) d’origine nerveuse ou secondaires à une hyperthyroïdie : 50 gouttes à diluer dans un demi-verre d’eau, deux à trois fois par jour, de ­préférence avant les repas.
  • Contre la nervosité et les angoisses, l’aménorrhée (absence de règles) et certaines bouffées de chaleur de la ménopause : 30 gouttes, trois fois par jour.
  • Contre une crise d’angoisse : 30 gouttes dans un peu d’eau toutes les vingt minutes, trois à quatre fois de suite.

Ce que dit la science : quand le cœur s’emballe

Probablement originaire d’Asie centrale, l’­agripaume reste une parfaite inconnue en Europe jusqu’au Moyen Âge. Ses propriétés médicinales sont évoquées pour la première fois au XVIe siècle par Matthiole, qui lui attribue des vertus ­antispasmodiques et la capacité de faire venir les règles. On lui confère aussi des effets sur la sphère pulmonaire en tant qu’antiasthmatique, et contre la toux ou les engorgements du poumon. Oubliée quelque temps, elle revient sur le devant de la scène grâce à Cazin, au XIXe siècle.

On privilégie alors trois axes thérapeutiques : le cœur, le système nerveux et la régulation endocrinienne (plus spécifiquement l’axe thyroïdien). Calmante et sédative, la plante est très utile pour apaiser l’emballement du cœur, modérer son rythme et l’hypertension d’origine nerveuse et/ou en relation avec une hyperthyroïdie. Elle est particulièrement intéressante au moment de la ménopause lorsque la fonction thyroïdienne devient excessive et que, d’autre part, il y a besoin de calmer le système neurovégétatif momentanément perturbé.

Une étude réalisée chez la souris a objectivé l’action sédative d’une décoction d’agripaume (parties aériennes fleuries) avec une efficacité de deux à trois fois supérieure à celle de la valériane (racine), qui est pourtant une des plantes de référence. Attention, l’agripaume augmente les contractions de l’utérus, ce qui contre-indique son emploi pendant la ­grossesse et l’allaitement. Prudence également vis-à-vis des femmes aux règles hémorragiques.

Quelques préparations à base d’agripaume

Infusion de fleurs séchées, contre les troubles nerveux

Compter une cuillère à café de plante finement coupée pour environ 150 ml d’eau frémissante ; laisser infuser dix minutes puis filtrer aussitôt. Cette tisane est efficace contre les troubles nerveux, à hauteur de deux à trois tasses par jour. En cas de crise d’angoisse, une suffit généralement pour calmer l’attaque de panique, à renouveler éventuellement au bout de quinze minutes. Mais soyez prévenu(e) : cette tisane est très amère ! Pour diminuer l’amertume, ajoutez un peu de jus de citron dans l’infusion.

Tisane aux propriétés cicatrisantes

Mettre une cuillère à soupe de plante coupée menue pour 150 ml d’eau, en infusion pendant vingt minutes ou en décoction durant dix minutes ; utiliser le soluté obtenu pour laver une plaie, ou poser une compresse imbibée plusieurs heures pour activer la réparation des tissus lésés.

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