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Autisme, la piste de l’alimentation

Plat végétarien

Longtemps, l’autisme a été considéré comme une maladie psychiatrique. Mais on sait aujourd’hui que cette pathologie, en recrudescence avec un enfant sur 150 concerné à la naissance, est liée à de nombreux facteurs environnementaux, dont l’alimentation. Des études et témoignages de parents indiquent le bénéfice d’un régime sans caséine et sans gluten sur les troubles du comportement.

L'autisme, ou troubles du spectre autistique (TSA), est une pathologie qui se manifeste très tôt, avant l’âge de trois ans, et qui se traduit par des troubles du comportement, de la communication, verbale et non verbale, et des interactions sociales. Bien que son origine reste encore inconnue, il s’agit vraisemblablement d’une maladie multifactorielle, avec une forte probabilité de participation génétique. Depuis quelques années, des facteurs environnementaux sont aussi évoqués, comme certaines infections ou une exposition à des éléments toxiques de type métaux lourds, ou encore l’alimentation.

Risques de carences minimisés

Des chercheurs ont émis l’hypothèse que les symptômes de l’autisme pourraient être liés à la formation de molécules dues à la digestion incomplète d’aliments contenant de la caséine et du gluten. Molécules qui seraient à l’origine d’une augmentation de la perméabilité intestinale ; elles passeraient alors dans la circulation sanguine et se rendraient dans le cerveau. Or certaines de ces molécules comme la casomorphine, issue de la digestion de la caséine, les exorphines et la gliadorphine, issues du gluten, peuvent se fixer sur les récepteurs opioïdes du cerveau dont le rôle est la modulation de la réponse à la douleur et le contrôle de certaines émotions. C’est ainsi que le régime sans caséine et sans gluten a été proposé, suite à l’observation de troubles intestinaux relativement fréquents chez les personnes autistes. Toutefois, si certains chercheurs supposent qu’une intoxication à ces molécules puisse être responsable de symptômes autistiques, cette théorie n’est pas encore validée. Les résultats des études scientifiques ne sont il est vrai pas concordants : certains mettent en évidence une réduction des symptômes, alors que d’autres ne montrent pas d’effets probants. Il faut néanmoins compter sur les témoignages de nombreux parents qui plébiscitent l’éviction du gluten et de la caséine après avoir constaté une diminution, certes variable, des symptômes chez leurs enfants. Ce régime constitue donc une piste à explorer, d’autant qu’il n’expose qu’à peu de risques de carences quand il est bien conduit.

Pour le mettre en pratique, commencez par supprimer les sources de gluten (blé, orge, seigle, triticale, épeautre, avoine, kamut) ainsi que les sources de...

caséine, une protéine du lait que l’on retrouve dans les produits laitiers (yaourts, fromages, beurre, lait). Dans les deux cas, lisez bien les étiquettes : il existe de nombreuses sources plus ou moins cachées de gluten et de caséine (viennoiseries, pâtisseries industrielles et plats préparés font mention de poudre ou d’extrait de malt, froment, son de blé ou d’avoine et de protéines de lait). Les sources de gluten pourront être remplacées par le quinoa, les lentilles, les pois chiches, les haricots secs, sans oublier le sarrasin, l’amarante, le millet et le riz complet.

Diversifier les apports de calcium

Pour le pain et les gâteaux, optez pour les farines de châtaigne, de maïs, de sarrasin ou de riz. Testez les moins connues comme la farine de lupin qui donne une saveur de noisette ou de souchet, dont la richesse en sucres en fait un atout en pâtisserie. En suivant nos astuces, vos pains et gâteaux ne seront pas du tout compacts. N’oubliez pas non plus la noix de coco râpée ou la poudre d’amande qui sont de bons substituts et peuvent remplacer pour moitié la farine. Pour les produits laitiers, tournez-vous vers les laits, crèmes et yaourts végétaux. Chez l’enfant, on limitera néanmoins la quantité de produits à base de soja : les phytoestrogènes sont suspectés, selon certaines études, d’être à l’origine de troubles dans la sphère génito-sexuelle. Pas de problème en revanche avec les laits de riz, d’amande, de noisette ou de quinoa. Pour épaissir vos crèmes ou votre sauce béchamel, utilisez la gomme de xanthane : son pouvoir épaississant donne du liant sans trop alourdir la préparation.

Par ailleurs, la question des carences revient fréquemment quand on parle de l’autisme. Non pas tant à cause de ce régime, mais parce que les personnes autistes y sont plus exposées. On relève régulièrement un manque de magnésium, d’oméga 3 et de vitamine D, mais aussi de calcium. Sur ce point, le fait de ne pas consommer de produits laitiers ne doit pas vous inquiéter, car on sait que les sources végétales sont suffisantes. Veillez toutefois à diversifier les apports, car l’absorption du calcium végétal est variable. Rajoutez des légumineuses dans vos menus : haricots blancs, rouges et pois chiches. Assaisonnez vos plats avec des herbes aromatiques, très riches en calcium, comme le thym, la menthe, le basilic, la marjolaine et l’aneth.

Côté fruit, on privilégiera la pastèque et la figue, sans oublier les amandes, les dattes et les châtaignes. Et bien sûr, n’oubliez pas les crucifères comme les choux ou les brocolis, dont le calcium est facilement assimilable. Le brocoli, également riche en vitamines et en minéraux, a un atout particulier en ce qui concerne l’autisme : il contient des glucosinolates qui sont transformés en partie en sulforaphane, un composé antioxydant puissant. Dans une étude publiée en 2014, l’administration quotidienne de sulforaphane issu du brocoli à des personnes souffrant d’autisme a permis une amélioration des troubles du comportement et de la communication. Ce composé a en plus l’avantage de lutter contre le stress oxydatif et l’inflammation. Et comme les enfants sont parfois réticents à manger du brocoli, préparez-le en gratin ou en purée avec une sauce béchamel. Succès garanti !

De la vitamine B9 pour les futures mamans

Une étude parue en 2013 dans le Journal of American Medical Association montre une diminution du risque d’avoir un enfant autiste chez les mères s’étant supplémentées en vitamine B9 avant et pendant le début de la grossesse. On connaissait l’importance de cette vitamine pour le développement du cerveau de l’enfant et la diminution du risque de certaines malformations. Voici une raison de plus d’avoir des apports alimentaires suffisants si vous envisagez de devenir maman. La vitamine B9 est présente dans les épinards, salades, maïs, lentilles, pois chiches et champignons.

Lutter contre les carences

• En vitamine D. Elle est peu présente dans l’alimentation (oeufs, champignons). Pour compléter les apports, profitez des derniers rayons du soleil de l’été avec une exposition d’environ dix minutes par jour. À partir d’octobre, une supplémentation est conseillée.
• Les oméga 3. Ces acides gras sont nécessaires au bon développement cérébral. Or des études ont mis en évidence chez des enfants autistes des taux sanguins d’oméga 3 inférieurs à ceux des enfants non autistes. Ayez recours aux noix, à l’huile de colza et aux graines de lin et de chia dans l’alimentation quotidienne.
• Le magnésium. Enfin, complétez les apports en magnésium qui sont souvent insuffisants chez les enfants autistes alors qu’il intervient dans le fonctionnement cérébral, et notamment l’apprentissage. Vous le trouverez dans les amandes, les noix, le sarrasin et les légumes verts à feuilles. Ajoutez des aliments riches en vitamine B6, car elle favorise l’absorption du magnésium (jaune d’oeuf, banane, avocat, quinoa, pomme de terre).

Astuces - Des préparations légères et sans gluten

Avec les farines sans gluten, vos pains et gâteaux risquent d’être un peu trop compacts et de manquer de légèreté. Voici nos astuces pour y remédier : Passez la farine choisie au tamis fin et doublez les quantités de levure, puis laissez reposer la pâte vingt à trente minutes près d’une source de chaleur (radiateur, fenêtre au soleil, poêle). La pâte lèvera mieux. Pour encore plus de légèreté, ajoutez de la gomme de guar (environ 1 cuillère à café pour 200 grammes de farine), qui aère la pâte et donne du moelleux. L’utilisation de fécule de pomme de terre donne aussi un très bon résultat..

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