Plantes et Santé Plantes et santé : le site de la phytothérapie

Anticoagulants et alimentation, quelles interactions ?

Salade de chou et pomme

Les personnes atteintes de troubles thrombo-emboliques doivent surveiller leur alimentation, car celle-ci peut interférer avec leurs traitements anticoagulants. Par ailleurs, des aliments adaptés, bien conservés et correctement cuits, peuvent renforcer les vaisseaux sanguins, limitant ainsi les risques de saignement. Détails.

 

Utilisés depuis plus de soixante ans, les anticoagulants augmentent la fluidité du sang afin d’éviter ou de traiter les caillots obstruant les vaisseaux sanguins (cas de phlébite ou d’embolie pulmonaire). Il en existe de plusieurs types, avec des mécanismes différents.

Parmi les traitements oraux, les anticoagulants de type « antivitamine K », communément appelés AVK, sont largement prescrits depuis les années 1940. Du fait de leur action sur la fluidité sanguine, ils présentent le risque principal de saignement inopportun, que l’on nomme « risque hémorragique ».

On sait aussi que leur marge thérapeutique est étroite, car l’écart entre leur seuil d’efficacité et leur seuil de toxicité est restreint. Leur usage nécessite donc un suivi régulier, notamment par analyses sanguines (dosage de l’INR, un marqueur de surveillance).

La coagulation du sang, un processus de survie

Pour comprendre le fonctionnement d’un anticoagulant AVK, encore faut-il déjà connaître celui de la coagulation du sang, processus perfectionné activé par notre organisme en cas de blessure. Quand nous nous coupons, par exemple, une série de réactions se met en place afin de stopper l’hémorragie avant que l’on perde tout notre sang. Elles font appel à des protéines spécifiques qui arrêtent les saignements, dénommées facteurs de la coagulation.

Or les AVK empêchent le passage de la forme inactive à la forme active de la vitamine K en inhibant la synthèse des facteurs de la coagulation au niveau du foie, dits « vitamine K dépendants ». Dès lors, la « cascade » de la coagulation n’est plus aussi efficace : l’activité procoagulante est diminuée, le sang reste plus fluide. On saisit donc aisément pourquoi toute modification de la concentration en vitamine K dans le corps peut interférer avec l’activité de ces traitements.

Si la vitamine K est en partie fabriquée par la flore intestinale (vitamine K2), elle est largement apportée par la nourriture (vitamine K1 et K2). Certains aliments en sont particulièrement bien dotés, comme les légumes vert foncé – choux (vert, frisé, de Bruxelles), brocolis, épinards, cresson, laitue, roquette – et des herbes aromatiques telles que basilic, ciboulette, persil, thym et origan, qui en fournissent plus de 100 µg/100 g.

On en trouve aussi dans des huiles végétales (colza, soja, olive) et, en moindre quantité, dans l’ananas, les petits pois et les haricots verts. Les produits laitiers – fromage Edam, lait fermenté… – contiennent, eux, de la vitamine K2 (moins de 100 µg/100 g), ainsi que le jaune d’œuf et les produits fermentés, tels le miso et le natto.

N’évitez pas les aliments riches en vitamine K

Pourtant, même sous traitement, il n’est pas question de supprimer ces aliments : les médecins s’accordent à dire que leur éviction serait même délétère, car ils possèdent d’indéniables qualités nutritionnelles grâce à leur richesse en vitamines, en minéraux, en acides gras de bonne qualité, en fibres, etc. Sans oublier leurs vertus antioxydantes et leur teneur en composés anticancers – pour la famille des crucifères, par exemple.

Au final, il semble qu’il faille une grande variation d’apport en vitamine K (supérieure à 500 µg/jour) pour perturber un traitement aux anticoagulants AVK. Pour autant, on évitera de consommer ces aliments en grande quantité de façon répétée, soit deux repas de suite ou deux jours de suite.

C’est en fait la stabilité du régime alimentaire qui prévaut pour assurer un bon équilibre avec un traitement anticoagulant. Ainsi, si vous avez l’habitude de consommer des éléments riches en vitamine K ou, au contraire, si vous n’en consommez que peu, ne changez pas radicalement vos façons de faire, car ce sont les modifications nutritionnelles majeures qui dérèglent les traitements. De même, si le protocole médicamenteux a été initié à l’hôpital, veillez à ce que vous mangerez une fois de retour chez chez vous, car cela peut avoir des répercussions.

Altération des nutriments : attention à la cuisson et la conservation

À noter : la vitamine K est peu sensible à la chaleur, elle n’est donc que très peu corrompue par la cuisson ; en revanche, elle est facilement détruite par la lumière, les conditions de conservation des aliments peuvent alors influer sur leur teneur en vitamine K. C’est également le cas de la surgélation industrielle, cette brusque descente en température des aliments jusqu’à – 25 °C ou plus.

Pour un même produit comme les épinards, la teneur est de 521 µg/100 g s’ils sont frais contre 356 µg/100 g s’ils sont surgelés. La congélation des aliments frais (durant laquelle leur température chute progressivement à – 18 °C) peut donc être une bonne option le temps d’un traitement, car cette technique altère moins les nutriments.

En parallèle, prenez soin de vos vaisseaux sanguins : sous anticoagulant, une bonne qualité des « transporteurs » du sang limite les ecchymoses et les hémorragies. Pour cela, faites le plein d’aliments riches en vitamine C antioxydante (mangue, kiwi, cassis), en vitamine E (huile de germe de blé, noix) et en flavonoïdes – flavonols dans la pomme, la fraise, l’oignon ; rutine dans le thé noir, l’abricot, le sarrasin, la mûre ; flavanones dans les oranges, les mandarines, les clémentines, les citrons ; resvératrol dans les myrtilles ; anthocyanes dans le raisin rouge, les cassis et les mûres. Tous luttent contre la fragilité des capillaires sanguins.

Ces aliments fluidifiant le sang

Certains aliments, comme l’ail et l’oignon, ont la réputation d’aider à la fluidification du sang, tout comme ceux riches en acides gras oméga-3, telles les graines et l’huile de lin, les noix et l’huile de cameline. Il n’y a pas de raison de les ôter de votre assiette si vous êtes sous traitement anticoagulant, car les risques de saignement ne sont pas majorés.

En revanche, s’ils ne font pas partie de vos habitudes culinaires, pensez à les intégrer à votre cuisine à l’issue du traitement : ils optimiseront votre circulation sanguine, ce qui est d’autant plus important pour éviter les récidives quand on a souffert de troubles thrombo-emboliques.

Cette recommandation est également valable si vous n’avez jamais eu ce genre de problèmes, en prévention, et si vous vous trouvez dans une situation à risque : un accouchement ou une intervention chirurgicale, notamment, favorisent le risque de formation de caillots dans les vaisseaux.

Pamplemousse : faites attention aux interactions

Outre les AVK, il existe une autre classe, celles des nouveaux anticoagulants oraux (NACO), au mécanisme différent des premiers mais au résultat similaire : une augmentation de la fluidité du sang. La plupart de ces traitements sont métabolisés par le foie via des enzymes dont le fonctionnement peut être perturbé par le pamplemousse (fruit entier ou jus).

Le risque est celui d’un surdosage, et donc de saignements parfois graves. Il faut éviter ou tout au moins limiter sa consommation de pamplemousse quand on est sous ce type de traitement – ce qui est d’ailleurs tout aussi valable si vous êtes sous AVK. D’autres aliments peuvent également interférer, comme le thé vert et la canneberge – on les consommera donc avec prudence.

La baie de sureau, l’alliée des veines

On connaît l’importance de consommer des fruits rouges, riches en flavonoïdes, pour la bonne santé de notre système veineux. Afin de varier un peu, misez sur la baie de sureau : elle compte bien plus d’anthocyanes (ces pigments bleu-violet qui lui donnent sa belle couleur foncée) que la plupart des autres fruits rouges : 30 fois plus que la fraise, 15 fois plus que la framboise et 3 fois plus que la myrtille.

Très communes en France, les baies se ramassent sur les bords des chemins. D’une saveur proche de la myrtille, elles font merveille dans tartes, gâteaux et confitures. Et pour en profiter toute l’année, pensez à les congeler.

Inscrivez vous gratuitement à la newsletter Plantes et Santé
Recevez chaque semaine nos conseils de bien-être par les plantes, astuces et recettes à faire vous même pour retrouver Equilibre et Santé
Votre inscription a bien été prise en compte 
Politique de confidentialité