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Les médecines douces : opposer, proposer

médecine

Deux médecines. L’une officielle, universitaire, académique, nourrie d’expérimentations randomisées en double aveugle et de rapports bénéfices/risques, soignant des pathologies et non des personnes. L’autre issue de la tradition des hommes, des chemins de traverse, de l’écoute et de l’intuition, prenant en compte la complexité de l’homme, dans tous ses aspects physiques, mentaux et spirituels.

Deux approches, l’une rationaliste et carrée, l’autre raisonnable et humaniste, que tout semble opposer. Et des deux côtés, des partisans ancrés – j’allais dire plantés – sur leurs convictions profondes.

Pour défendre la science certifiée, les bons élèves autrefois sélectionnés par les mathématiques, modelés par la Faculté, les concours et les QCM, brandissant leurs statistiques validées comme de nouvelles bibles. Pour soutenir les médecines dites « douces » (je hais ce terme qui sent le patchouli et la Californie), une constellation d’écoles de pensée généreuses, surprenantes, hétéroclites, attentives aux autres, parfois fumeuses, reposant généralement sur l’expérience et les observations de personnes sincères et éclairées. Et entre les deux, pas de dialogue. L’ignorance. Très souvent, la confrontation, l’invective et l’anathème : lobbyistes ! ignorants ! empoisonneurs ...

! pipothérapeutes ! Bref, on avance…

Un récent exemple de la stérilité de ces postures est apparu avec le débat sur l’obligation vaccinale. D’un côté une ministre qui veut imposer onze vaccins, par crainte d’être mise en examen dans quelques années sur plainte d’une « class-action » épidémiologique et vengeresse. De l’autre, les tenants du « on nous ment », persuadés que le chiffre onze est maléfique et qu’un complot ourdi dans de sombres cabinets d’actionnaires aura pour conséquences l’intoxication collective de la race humaine et son anéantissement. Le vain combat commence, avec ses tribunes de mandarins contre ses pétitions. Il y aurait pourtant tant à faire pour dépasser, entre gens de bon sens, ces batailles violentes et dérisoires : la mise au point du vaccin contre le HIV est tellement espérée ! Tant d’agents infectieux apparaissent ou réapparaissent avec la guerre, la mondialisation et l’évolution climatique ! Et en même temps, le débat essentiel sur les profits liés à la médecine préventive n’est toujours pas ouvert !

Il en va de même pour la place de la phytothérapie. Parce qu’elle n’est plus enseignée dans les facultés, comme tout ce qui est inconnu, elle apparaît comme une ennemie de la médecine « dure », qui la soupçonne de vouloir la contester, peut-être la remplacer. Et dans l’autre camp, on suspecte que la conjuration des pharmacologues veut détruire la vérité de Dame Nature. Alors, comme dans la cour de récréation, on rumine, on se castagne, et on dit que c’est l’autre qui a commencé…

Et pourtant ! Il y aurait tant à faire pour que ces approches cohabitent et se renforcent, pour qu’on utilise en première intention les bienfaits et les qualités des plantes dans le cadre des pathologies simples, et pour limiter l’agressivité des traitements chimiques parfois indispensables, et qu’enfin on reconnaisse officiellement par un diplôme la qualification et le beau nom d’herboriste.

On peut rêver d’un tel processus de paix, de respect et de mise en cohérence, entre gens de bonne intelligence, de bonne volonté, qui accepteraient de proposer et non d’imposer. Rêver ? Il faut le faire, il faut se parler, sinon c’est chacun qui y perdra.

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