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Remèdes naturels : point trop n’en faut

Boite à huiles essentielles

Récemment, en visite chez une patiente, je découvre sur la table de sa cuisine deux boîtes à chaussures remplies de divers flacons d’huiles essentielles, dont certaines en plusieurs exemplaires, non entamées ou périmées. Dans son placard, d’autres boîtes débordent aussi de toutes sortes de remèdes naturels, partiellement consommés. Ma patiente m’explique qu’elle achète ces produits de sa propre initiative – à partir de ce qu’elle lit dans ses livres, dans des revues et sur Internet, mais également sur les conseils du pharmacien, du naturopathe, du réflexologue...

Rien ne sert de multiplier les huiles

Je sais ne pas être la seule à la conseiller dans ce domaine, mais je m’étonne du budget que cela représente : après calcul, on doit avoisiner les 1 200 euros… Une somme importante pour une modeste retraitée. Surprise par ce constat, je décide...

d’enquêter, cette fois comme anthropologue. Et je découvre que le cas de cette dame est loin d’être isolé. Quantité de personnes dépensent une belle petite fortune en remèdes naturels divers, associant et avalant jusqu’à dix ou douze produits différents par jour, parfois plus.

Et il apparaît qu’aucun thérapeute n’est au courant de l’ensemble de leur consommation : chacun y va de son conseil, qui s’additionne à d’autres et aux habitudes d’automédication sans réelle coordination. L’ensemble forme un sacré méli-mélo. Les industriels du secteur, dont les fonds de pension qui rachètent certaines entreprises pour de coquettes sommes, ne s’en plaindront certainement pas. Mais que dire du patient soumis aux pressions d’un marché lui promettant monts et merveilles thérapeutiques ? Et où les conseils de praticiens, toujours plus nombreux à utiliser des plantes, se surajoutent les uns aux autres ?

Même s’ils sont, individuellement, souvent de bonne foi, il en résulte une surmédication – au budget exponentiel mais également aux interactions et à l’efficacité pour le moins hasardeuses. Nos vieux maîtres nous disaient qu’au-delà de trois médicaments, on ne savait plus ce que l’on faisait. Principe largement balayé depuis par la surenchère médicamenteuse. Et voilà que l’on retrouve la même problématique avec les remèdes naturels… Peut-être parce que nous espérons tous guérir en avalant quelque pilule, ayant la naïveté de penser que plus on en prend, mieux on se porte.

Tout cela entraîne un gaspillage de ressources précieuses, dans cette logique qui veut que jeter plus, produire plus et vendre plus constitue le cœur de la dynamique économique dominante, qu’il s’agisse de nourriture, de vêtements ou de plantes. Plantes dont certaines disparaissent, soumises aux multiples pressions anthropiques, dont notre frénésie consommatrice. Pour garder le bel esprit d’une médecine naturelle sobre et efficace, qui nous connecte à notre environnement (et ne peut que le respecter), ne devrions-nous pas raisonner notre consommation ? Les plantes ne sont pas, par nature, à notre libre et dispendieuse disposition. Et si nous y pensions lors de nos prochains achats ?

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