Plantes et Santé Plantes et santé : le site de la phytothérapie

La Camargue au cœur des eaux

Marécages

Plus connue pour ses envolées de flamants roses, ses élevages de taureaux ou encore ses chevaux galopant dans les marécages, cette zone humide est aussi un trésor de biodiversité végétale en permanence menacé. Partez à la découverte de ces paysages rongés par les eaux et regorgeant de plantes sauvages aussi belles que rares.

Formée par le delta du Rhône, la Camargue est une région marquée par l’omniprésence de l’eau, dont les paysages varient en fonction du degré de salinité et de l’altitude des terrains. Dunes, steppes salées, lagunes saumâtres, marais salants, prairies humides se succèdent pour offrir au promeneur une grande variété de plantes aussi bien halophytes (adaptées aux milieux salés), qu’hydrophiles (adaptées aux milieux humides) ou encore xérophytes (adaptées aux milieux arides).

Si les forêts sont considérées comme les poumons de la planète, les zones humides pourraient bien être ses reins. Elles jouent en effet un rôle essentiel dans le cycle hydrologique: épuration et régulation des eaux, recharge des nappes phréatiques, atténuation de l’impact des crues et des sécheresses, réduction de l’érosion des côtes... Écosystèmes très riches, les zones humides sont également des réservoirs inépuisables de biodiversité et abritent un nombre considérable d’espèces animales et végétales rares. Située à l’ouest du Petit-Rhône, la Camargue gardoise accueille à elle seule plus de 250 espèces d’oiseaux ainsi que de nombreuses variétés de plantes, dont 35 sont protégées.

Un équilibre fragile

Indispensables au bon fonctionnement de la planète, ces zones humides sont néanmoins en permanence menacées. Elles le sont d’abord par le développement des activités humaines (agriculture, pâturage, urbanisation, industrie, pollution...

, tourisme), mais également par l’érosion du littoral ou l’intrusion de plantes envahissantes conduisant peu à peu à une banalisation de la flore. « Les zones naturelles ont beaucoup régressé en Camargue jusque dans les années 1980. Très récemment, la tendance s’est inversée, notamment grâce au rachat par le Conservatoire du littoral de terrains de salins. Mais des surfaces croissantes sont perdues chaque année face à la mer », explique Patrick Grillas, directeur du programme de recherche de la Tour du Valat, un organisme privé uniquement voué à la sauvegarde des zones humides méditerranéennes. C’est son fondateur, Luc Hoffmann qui, en 1962, tire la sonnette d’alarme face à la dégradation croissante de la Camargue. Il lance alors un appel pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. Et le 2 février 1971 est signée la Convention de Ramsar dans la ville iranienne éponyme. Depuis 2001, pour cet anniversaire, de nombreuses animations sont proposées tout au long du mois de février dans la plupart des zones humides françaises, et bien sûr, en Camargue!

Delta, étangs et dunes

Façonnée par la mer et le Rhône, la Camargue se distingue par la variété de ses paysages et de sa flore. Le nord du Delta se caractérise par l’omniprésence d’eau douce issue des nombreuses divagations du fleuve. C’est le domaine des rizières et des marécages colonisés par les roseaux (Phragmites australis) dont les remous par temps de mistral offrent La saladelle (Limonium vulgare) La Camargue accueille six espèces de saladelles à floraison estivales, dont deux extrêmement rares qui sont aujourd’hui protégées. Appelée également lavande ou lilas de mer, la saladelle est capable d’exécrer le sel puisé dans l’eau grâce à des cellules situées sur l’envers de ses feuilles. Jetez-y un coup d’œil ! un spectacle saisissant. Admirez également les plus belles prairies humides de France, fruits des inondations passagères dues au débordement de cours d’eau ou aux remontées de nappes phréatiques. Parsemées de fleurs rares et protégées, comme le narcisse tazette, la nivéole ou encore l’orchis à fleurs lâches, les plus belles prairies se situent en basse vallée du Vistre (les prés du Cailar) et en Piémont des Costères (les launes de Gallician).

Au sud de l’étang du Vaccarès débute la Camargue salée dite « laguno-marine », qui se pare en automne et tout au long de l’hiver de superbes couleurs rouge orangé exaltées par les éclats du soleil couchant. Caractérisée par ses paysages sauvages à perte de vue, elle se compose principalement d’immenses lagunes peu profondes et de prés salés. Appelées localement « sansouïres », ces steppes salées bordent les lagunes et seuls quelques centimètres de différence d’altitude permettent aux plantes halophytes de s’y épanouir. Les salicornes charnues capables de stocker l’eau en vue d’abaisser leur concentration en sel y côtoient de magnifiques étendues violettes de saladelles.

Arrive enfin le bord de mer avec ses dunes recouvertes d’oyats ou de genévriers de Phénicie, des plantes adaptées à ce milieu peu accueillant, sableux, aride et salé. Avec un peu de chance, vous y croiserez le splendide lis maritime qui se distingue du sable par sa blancheur éclatante. Admirez-le bien, et surtout, respectez-le, car c’est une espèce protégée qui pourrait bientôt disparaître...

Cet article est reservé aux abonnés.
Pour lire les 78% restants de cet article,
Inscrivez vous gratuitement à la newsletter Plantes et Santé
Recevez chaque semaine nos conseils de bien-être par les plantes, astuces et recettes à faire vous même pour retrouver Equilibre et Santé
Votre inscription a bien été prise en compte 
Politique de confidentialité