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La myrrhe odorante, l’anis des montagnes

La myrrhe odorante

Si elle se fait peu fréquente, son odeur anisée ne manquera pas de vous interpeller à la faveur d’une balade en moyenne montagne, son environnement de prédilection. Cultivée depuis des siècles pour ses vertus tant médicinales que gustatives, la myrrhe odorante trouvera une place de choix dans vos recettes.

Fenouil, anis et myrrhe odorante forment le trio des plantes de saveur anisée.le premier evoque le midi, le second est cultivé et la troisième est la montagnarde du groupe. Rendons-lui visite. Quand j'ai décours la myrrhe odorante? j'avais une trentaine d'années. Nous randonnions dans les Pyrénées, le long d’un ruisseau forestier, lorsqu’un végétal attira mon regard. Rien de très spécial pourtant : une touffe de feuilles finement découpées signant une Ombellifère – famille dont les membres sont notoirement difficiles à identifier de façon précise tellement ils se ressemblent entre eux. En l’occurrence, aucun doute n’était permis : le feuillage mou dégageait au froissement de mes doigts une telle odeur suave de bonbon l'anis que mes rouages cérébraux ne tardèrent pas à me mettre sur la piste de la myrrhe odorante. précisions d'emblée, pour éviter toute confusion, que ce nom n'a aucun rapport avec la myrrhe de la Bible, résine d'un petit arbre de la péninsule arabique (Commiphora myrrha).

Sur le terrain des Préalpes

Depuis, j’ai retrouvé à maintes reprises cet agréable végétal, ami de la fraîcheur et de l’humidité. Je le cueille fréquemment dans les Alpes suisses, ou plutôt dans les Préalpes, car s’il évite la chaleur des plaines, il ne supporte pas non plus les grands froids de la haute montagne. Je me souviens, par exemple, d’un sentier qui traversait une vaste station de myrrhe odorante : les fores- tiers l’avaient tracé à la débroussailleuse et les longues tiges coupées jonchaient le...

sol, parfumant l’atmosphère au point que je devinai la présence de la plante plusieurs centaines de mètres avant de l’avoir vue. En fait, la myrrhe odorante n’est pas très fréquente et j’en ai parfois déterré un pied pour le replanter dans mon jardin où elle s’est parfaitement acclimatée. 

Un cerfeuil sauvage

Dans un jardin, on ne parle plus de myrrhe odorante, mais de «cerfeuil musqué», puisque c’est sous ce nom que la plante est cultivée depuis le Moyen Âge pour son odeur délicieuse et ses vertus, tant condimentaires que médicinales. Il est pourtant inexact, puisqu’il ne s’agit pas d’un cerfeuil, un simple cousin, et que la plante sent manifestement l’anis, pas le musc.

La myrrhe odorante est l’un de mes condiments favoris, car son goût est en accord avec son parfum. J’en aromatise donc diverses boissons et des desserts en tous genres, surtout des crèmes, des flans ou des cakes. Mais je trouve sa saveur un peu trop directe et je préfère les mélanges avec la mélisse et la menthe (trois parties de mélisse,deux de myrrhe et une de menthe me satisfont). J’utilise en tout temps les feuilles, hachées, et me délecte des fruits verts lorsqu’ils sont encore jeunes. J’aime particulièrement les tendres tiges, pelées, véritables bonbons végétaux ! Lors d’un voyage en Islande, j’ai découvert une utilisation originale des feuilles de myrrhe, finement coupées et posées sur un fond de tarte, puis recouvertes de groseilles rouges et d’un peu de sucre : la suavité de la plante contrebalance l’acidité des fruits et permet de moins édulcorer le plat.

Herbier

La myrrhe odorante (Myrrhis odorata)  appartient à la famille des Apiacées,  jadis connues sous le nom d’« Ombellifères ». La plupart de ces végétaux se ressemblent avec leurs larges feuilles découpées en segments très fins et  leurs petites fleurs blanches réunies en ombelles serrées au sommet des tiges. Notre plante se distingue des autres par ses feuilles molles et velues, marquées  d’une tache claire à la base des divisions, ainsi que par ses grands fruits allongés et munis de côtes saillantes qui  deviennent noirs à maturité. Mais c’est surtout l’étonnante odeur d’anis qui se dégage de  toutes ses parties qui la fera immanquablement reconnaître. Son habitat aussi la démarque :  la myrrhe odorante pousse en belles colonies dans les prairies humides des montagnes entre 1 000  et 1 600 m d’altitude. Aucune autre plante dans cet environnement ne possède un tel parfum.

Recette sauvage - Crème mousseuse de myrrhe odorante

Ingrédients
• 3 grosses poignées de myrrhe odorante  (feuilles, fleurs, fruits selon la saison)
• 1 l de lait de  riz
• 3 œufs
• 50 g de sucre
• 40 g de maïzena

1. Hachez la myrrhe odorante et faites-en trois tas égaux.
2. Faites bouillir le premier tas dans le lait de riz pendant 10 minutes.
3. Dans un saladier, mélangez les jaunes des 3 œufs, le sucre et la maïzena.
4. Passez le lait à travers une passoire fine et versez sur le mélange précédent.
5. Remettez sur le feu et portez à ébullition pendant deux minutes.
6. Retirez du feu et ajoutez le deuxième tas de myrrhe odorante.
7. Quand le liquide a refroidi, ajoutez le troisième tas. Mixez et filtrez sur une passoire fine.
8. Battez les blancs d’œufs en neige mousseuse (elle ne doit pas être trop ferme) et versez dessus le mélange, en remuant bien au fouet.
9. Versez dans des ramequins. Servez tiède.

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