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Le jardin d'Entêoulet Magie automnale

Le jardin d'Entêoulet Magie automnale

Depuis plus de vingt ans, Renée Boy-Faget travaille infatigablement à faire de son jardin d'Entêoulet, dans le Gers, un lieu de beauté et d'harmonie qu'elle aime à faire visiter, notamment lors de sa saison préférée : l'automne. Suivez la guide !

Il y a comme un petit air de Toscane quand on arrive au jardin d’Entêoulet. Lové au creux d’un vallon du territoire d’Astarac – un ancien comté gascon et première marche vers les Pyrénées –, l’endroit offre en effet au regard un doux relief magnifié par les couleurs de l’automne. Autant de teintes qui n’ont pas oublié d’embellir également le jardin de Renée Boy-Faget. Cette dernière l’avoue volontiers, cette saison est assurément sa préférée. Peut-être parce qu’elle aurait adoré devenir peintre et que jouer avec les nuances est chez elle une seconde nature ? Alors, à défaut de travailler sur une toile, elle s’est lancée sur une surface beaucoup plus vaste et au cœur de laquelle elle accompagne les visiteurs de son paradis végétal, élu « jardin préféré des Français » dans l’émission de télévision de Stéphane Bern en 2014.

On commence par le « jardin nord ». Ici, graminées, arbres et arbustes (dont de spectaculaires pommiers d’ornement) sont chez eux. Les premières sont particulièrement chères au cœur de notre jardinière passionnée. Elle aime tout chez elles, leurs formes, leurs teintes et surtout leur capacité à structurer le jardin quand le gros des floraisons est passé. Preuve de cet attachement, le superbe Miscanthus sinensis zebrinus strictus a suivi Renée quand elle est arrivée à Entêoulet, en 2002. « C’est la toute première graminée que j’ai achetée, se souvient-elle. Je l’avais plantée dans mon précédent jardin (sur les cinq qu’elle a créés au cours de sa vie, ndlr), celui dans lequel mon amour pour ces plantes est né. » Une fidélité que la graminée en question récompense en offrant, pendant tout l’automne, de magnifiques plumets rouge cuivré.

La découverte du jardin se poursuit en passant dans le « jardin intime ». Un espace relativement petit mais densément planté. Renée y a joué avec la forme des feuillages, les couleurs, les volumes. Aux végétaux du jardin nord s’ajoutent vivaces et rosiers. On remarquera ainsi un autre Miscanthus sinensis, « Morning Light », dont les plumets rosés mettent en valeur le rouge vif d’un Berberis thunbergii.

Renée Boy-Faget affectionne les graminées (ici dans le « jardin nord») qui structurent les volumes hors périodes de floraison. Page de gauche : le « jardin intime ».

Puis vient le « jardin méditerranéen », exposé plein sud. Au soleil toute la journée, l’ancienne cour de ferme, très empierrée, accueille selon Renée la zone la plus difficile à entretenir. Car paradoxalement, dans le gravier… tout pousse ! On y trouve des beschornerias, succulentes exotiques que la sécheresse n’effraie pas, et des euphorbes qui ont l’avantage de se ressemer toutes seules, laissant à Renée une seule tâche : choisir qui reste et qui part ! Dans le « petit jardin », le plus proche de la maison, des cyprès d’Italie sont taillés à 3 mètres pour ne pas déséquilibrer la zone. À leur pied, des sédums s’épanouissent ainsi que des népétas, qui ont le bon goût d’être beaux tout le temps.

Derrière le muret qui clôt ce jardin se trouve une petite route séparant Entêoulet en deux zones. On la traverse pour rejoindre le « jardin sud ». Installé sur une pente très drainée, c’est le lieu idéal pour les plantes qui craignent l’humidité. Les massifs se découvrent au détour de sentiers enherbés, dans une ambiance champêtre et bucolique. En redescendant, il faut emprunter l’allée de la pergola pour découvrir, à gauche, la mare creusée il y a quinze ans. Un saule pleureur majestueux la borde. Malmené par des tempêtes successives, il a récemment repris forme grâce à un élagage salvateur. Outre les incontournables graminées, on y remarque un superbe rosier grimpant « Carla Fineschi ». En fleurs tout le temps, il apporte une touche de couleur éclatante, tout comme les vernonias, des cousines des asters, qui prennent leurs aises.

Avant de rejoindre la partie basse d’Entêoulet, il faut s’arrêter devant la vieille cabane, point de départ de la démarche créatrice de Renée. En effet, la maîtresse des lieux a construit son jardin autour de cette cabane, qu’elle imaginait croulant sous les roses. Derrière, on découvrira le potager puis le « jardin des charmilles ». Avant de déboucher pour finir sur le « jardin des graminées », où Renée a installé ces végétaux qu’elle aime tant.

Partout, les cheminements offrent des perspectives sur les différentes zones d’un jardin qui « se regarde et s’apprécie de loin, tout en invitant à aller y voir de plus près ». En effet, il est impossible d’avoir une vision globale d’Entêoulet. Le lieu invite à la découverte, ménage ses effets, ses surprises, qui surgissent toujours après un massif ou un aménagement. Pour permettre de profiter de ces scènes successives, Renée a disposé des bancs et des chaises dans son jardin. Certainement pas pour elle – « Si je m’assois, je ne vais voir que le négatif ! » –, mais pour inviter les visiteurs à prendre le temps de la contemplation. À poser les yeux là où ils n’auraient peut-être pas pensé le faire. « Je leur conseille toujours de ne pas hésiter à se retourner, pour voir les choses autrement », confesse Renée. En revanche, quand la visite sera finie, ne jetez pas un regard en arrière, surtout si vous êtes pressé. Car vous n’auriez qu’une seule envie : y retourner !

Saule pleureur (Salix babylonica)

Probablement en raison de son port reconnaissable entre tous, le saule pleureur (Salix babylonica) est sûrement le plus connu de la grande famille des saules, qui possèdent tous plus ou moins les mêmes propriétés médicinales. Considéré comme une aspirine végétale, le saule est recommandé pour soulager de nombreuses douleurs, notamment articulaires, mais aussi les maux de tête, les règles douloureuses ou encore les états de type grippal. En usage externe, il sert à soigner les plaies grâce à des lavages effectués après décoction. En application directe, il permet de réduire les verrues ou les cors.

Poivrier du Sichuan (Zanthoxylum simulans)

Ce faux poivre à la saveur unique n’appartient pas à la famille des vrais poivres (Piper nigrum) : c’est en fait une rutacée (famille des agrumes). Ses propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et antifongiques sont exploitées par la médecine traditionnelle chinoise. Il aide aussi à stimuler la digestion, réduire le stress et améliorer la circulation. On l’utilise comme anesthésiant, car il contient une molécule qui provoque picotements et insensibilisation.

Infos pratiques

  • Adresse : 500 chemin de Sotom, 32550 Lasseube-Propre. Tél. : 06 07 26 94 65. Jardin.enteoulet@gmail.com
  • Horaires : 1er mai à fin novembre : mercredis et jeudis de 10 h à 19 h. Visites guidées (20 personnes mini) et groupes sur rendez-vous.
  • Comment y aller : Par le train : depuis Paris Montparnasse jusqu’à Auch via Toulouse. Puis taxi jusqu’à Lasseube-Propre.
  • En voiture depuis Paris, rejoindre Agen par l’A10, A71, A20 puis A62. À Agen, prendre la N21 vers Auch. À la sortie d’Auch, prendre la D929 jusqu’à Lasseube-Propre (10 km).
  • Où dormir : Les Gîtes du Conté, à Lasseube-Propre. Tél. : 06 45 22 00 50. Contact@gitesduconte.com
En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Plantes & Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé.
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