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Lionel Badiou : le champignon, le bouleau, et le cueilleur des bois.

chaga

Lionel Badiou préfère aux grandes villes les forêts de son Auvergne natale. Il les arpente à longueur d’année pour y cueillir le chaga, un champignon parasite du bouleau aux vertus tonifiantes.

À Paris, dans les années 1990, je travaillais dans le monde de la fête, de la nuit… Quand je suis retourné chez moi, dans le Puy-de-Dôme, j’ai aimé retrouver la forêt. Ensuite, j’ai commencé à ramasser des plantes. Pour le plaisir, mais aussi pour mon alimentation. Quand j’étais gamin, déjà, j’allais souvent jouer dans le bois près de la maison. Mon grand-père, lui, cultivait son jardin. Le goût de la cueillette m’est venu naturellement.

En 2000, j’ai rejoint une coopérative de plantes, poursuivant mes cueillettes tout en exerçant un emploi dans la sécurité. Je me suis intéressé à la mycothérapie et l’ai pratiquée sur moi. J’avais déjà l’idée d’élaborer un complément alimentaire à base de champignons. C’est au cours d’un stage au CPIE (Centre permanent d’initiatives pour l’environnement) de Clermont-Dômes, que j’ai entendu parler du...

chaga, un champignon parasite du bouleau. J’ai commencé par le tester sur moi-même, après cueillette. J’évalue toujours ce que je cueille en le consommant. Depuis que je prends du chaga, je ne suis jamais malade.

Ce qui m’a attiré dans ce champignon, c’est l’idée de pouvoir assurer son bien-être en préservant sa santé grâce à une consommation régulière. Et puis il s’agit d’un tonifiant, pas d’un excitant. Ce champignon bénéficie par ailleurs du statut de complément alimentaire validé par les autorités sanitaires européennes. Il était déjà consommé il y a des siècles par les Russes (en Sibérie) et par les Chinois.

Une société locale m’a permis de vendre le fruit de mes cueillettes et de me lancer. Je suis aussi présent sur internet, et sur les marchés de la région. Je ne me vois pas dans une boutique : je suis issu d’une famille de forains. Le marché, c’est en plein air, on anime un lieu public, on y fait plus de rencontres. Sur les marchés, je fais goûter le chaga à mes clients et des liens se nouent. Une cure de chaga, cela se fait sur deux ou trois mois. Comme je suis là toutes les semaines, les gens reviennent et m’en reparlent. Et ils refont une cure l’année suivante.

Je ramasse le chaga en toutes saisons. Je passe entre 15 à 20 heures par semaine en forêt. J’aime particulièrement marcher dans la neige en hiver, dans un silence très particulier. Ce métier me permet aussi de faire du bien aux autres tout en m’en faisant. Une hygiène de vie, qui peut se traduire pour tout le monde par une meilleure santé.

À essayer
Décoction de chaga

Le chaga se consomme en décoction (deux à huit heures dans l’eau chaude, jusqu’à ce que la liqueur soit noire et puissante), ou en infusion s’il a été au préalable râpé ou réduit en poudre. Cela donne un breuvage dont le goût agréable évoque le sous-bois. Sous forme de macérat, le chaga se prend en gouttes : 15 par jour pour une cure de deux mois.

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