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Ne pas se planter sur les toxiques (3/5)

Cueillir des plantes sauvages, avoir recours aux huiles essentielles pour se soigner, ajouter un complément végétal à son traitement allopathique… Ces pratiques nécessitent de la vigilance et impliquent de respecter certaines règles si l'on ne veut pas risquer de s'intoxiquer. Le point sur ces principes de précaution pour un usage en toute sécurité.

Du bon usage des huiles essentielles

Du bon usage des huiles essentielles

Menthe poivrée, hélichryse italienne, mandarine verte, ylang-ylang… Dans les pharmacies, les magasins de déco et les boutiques spécialisées, les bouteilles d’huiles essentielles se vendent comme des petits pains. Un accès facile qui fait penser à tort que ces bijoux aromatiques s’utilisent à souhait dans un diffuseur, sur la peau ou qu’ils peuvent s’avaler sans risque. Rappelons que ces huiles sont des concentrés puissants de ­principes actifs et qu’il est possible de s’intoxiquer, si l’on manque de prudence et de connaissance. À ce jour, la réglementation prévoit qu’une quinzaine d’huiles essentielles présentant des risques de neurotoxicité appartiennent désormais au monopole pharmaceutique et ne sont vendues qu’en officine. C’est le cas de la grande absinthe, de l’hysope officinale, de la tanaisie vulgaire, de la sauge officinale. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande depuis 2008 de limiter l’utilisation de camphre, d’eucalyptol et de menthol, trois molécules pouvant s’avérer neurotoxiques. Ces dernières sont présentes, entre autres, dans l’huile essentielle de ­ravintsara, de niaouli, d’Eucalyptus radiata et d’Eucalyptus globulus.

L’agence mentionne aussi la contre-indication de suppositoires contenant ces molécules chez les enfants de moins de 30 mois, les personnes épileptiques et celles ayant des antécédents de convulsion. Les tout-petits, les femmes enceintes ou allaitantes sont des publics fragiles avec lesquels il sera essentiel d’être averti et précautionneux lors d’un usage de l’aromathérapie. Car même les huiles essentielles les plus communes peuvent présenter un risque potentiel de toxicité. Lorsque l’on est amateur, mieux vaut démarrer par un usage externe des huiles essentielles en diffusion pour se relaxer ou purifier l’air de son lieu de vie. Dans ce cas, veillez à ne pas utiliser d’huiles essentielles contenant des phénols, molécules à l’effet irritant sur les muqueuses respiratoires. « Il y en a dans la cannelle de Ceylan, l’origan d’Espagne, le clou de girofle, la sarriette des montagnes ou le thym vulgaire à thymol », décrit Cécile Adant, pharmacienne et directrice des formations chez Pranarôm et Herbalgem. Ensuite, lors d’un usage cutané des huiles essentielles, sachez qu’il existe des risques dermocaustiques. « Les huiles essentielles d’écorce de cannelle de Ceylan ou de thym à thymol sur la peau peuvent irriter », prévient Alina Moyon, pharmacienne et phytothérapeute. Ces huiles, riches en phénols et en aldéhydes aromatiques, sont donc à diluer impérativement (jusqu’à 10 %) dans une huile végétale. D’ailleurs, il faut savoir qu’en cas de contact...

d’huile essentielle avec les yeux, il est préférable de se passer un coton imbibé d’huile végétale (olive, ­tournesol), puis de rincer à l’eau claire.

Mais d’autres problématiques existent. « Les huiles essentielles comme l’angélique, la khella ou les essences d’agrumes sont ­photosensibilisantes » explique Cécile Adant. C’est-à-dire qu’elles peuvent entraîner une pigmentation, due à la présence de molécules nommées ­furocoumarines et ­pyranocoumarines et par conséquent, provoquer des tâches ou des brûlures. Évitez donc l’exposition solaire prolongée dans les quatre heures suivant leur prise. Une fois que vous vous serez familiarisé avec ces pépites aromatiques, et que vous aurez un ouvrage d’aromathérapie sérieux sous la main, la prise orale d’huiles essentielles pourra être envisagée. Cependant, veillez à respecter certaines règles de sécurité. Pour éviter tout risque d’intoxication, usez de délicatesse, respectez scrupuleusement le nombre de gouttes à utiliser (une goutte, c’est une seule goutte) et diluez impérativement les huiles essentielles riches en phénols et en aldéhydes phénoliques. On retrouve parmi elles le basilic sacré, les différentes cannelles, le clou de girofle ou la sarriette, possiblement irritantes pour le foie.

Sachez que l’absorption d’huiles essentielles contenant des monoterpènes, ­molécules présentes dans celles de pin, de sapin, de genévrier peut entraîner une inflammation des reins sur de longues périodes. De même, la prise orale des huiles essentielles riches en cétones et en lactones, présentes dans celles de menthe poivrée, de lavande aspic, de fenouil, d’eucalyptus mentholé, d’hélichryse italienne ou encore de romarins officinaux est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants de moins de 6 ans. Ces huiles essentielles peuvent être neurotoxiques, abortives lorsqu’elles sont consommées sur une longue durée et provoquer des convulsions (sauf l’hélichryse) chez des sujets épileptiques. Enfin, restez prudents avec les huiles essentielles qui miment l’action des hormones humaines, comme le cèdre de Virginie, le cyprès vert ou encore le niaouli et la sauge sclarée. Ces dernières doivent être utilisées sur de courtes périodes et sont contre-indiquées en cas de troubles hormonaux ou de cancers hormonodépendants. 

6 règles de bonne pratique

  • Renseignez-vous auprès d’un aromathérapeute, d’un ­pharmacien ou dans des ouvrages pour étudier les posologies, les contre-indications, et les voies d’administration avant d’utiliser les huiles essentielles.
  • Choisissez des huiles­ ­essentielles de qualité bio de ­préférence et présentant une bonne traçabilité.
  • Conservez-les hors de portée des enfants et ne les utilisez pas chez l’enfant de moins de 6 ans par voie orale.
  • Diluez-les dans une huile ­végétale, afin de réduire la concentration des principes actifs et les risques de surdosage.
  • N’appliquez jamais les huiles essentielles pures dans les yeux, les muqueuses auriculaires, nasales, et anogénitales.
  • Gare aux mélanges ambitieux. Chaque huile essentielle possède ses propres molécules chimiques et ses contre-indications. En multipliant les huiles ­essentielles, vous augmentez le risque de toxicité.

La dose fait le poison

Souvenez-vous de l’aphorisme de ­Paracelse : « Tout est poison et rien n’est sans poison ; la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison. » L’effet toxique des huiles essentielles dépend de la dose ­administrée et de la durée de traitement. Dès lors qu’elles sont utilisées chaque jour et au-delà de plusieurs semaines, il peut y avoir un risque d’accumulation ­excessive des molécules dans le foie. Cela peut aussi donner lieu à des troubles gastriques (qui peuvent s’améliorer avec la prise d’huile végétale). Veillez à instaurer une période durant laquelle vous n’en prenez pas afin que le corps se purge. « Sur un traitement à long terme (sur conseil ou prescription d’un médecin ou d’un pharmacien aromathérapeute) et quelle que soit la voie d’administration, un rythme de cinq jours sur sept, ou de trois semaines sur quatre est conseillé », affirme la pharmacienne Cécile Adant. Gare aussi, à l’effet cumulatif des huiles essentielles. Dans la crème de nuit, dans le diffuseur, le déodorant… les huiles essentielles sont partout. On peut alors emmagasiner, sans se rendre compte, des doses trop importantes d’actifs aromatiques. Jetez un coup d’œil sur la composition de vos cosmétiques et de vos compléments alimentaires pour mieux contrôler votre usage.

Vous êtes allergique ? Faites le test !

L’allergie à une huile essentielle est possible. Ces dernières contiennent une centaine de ­molécules ­différentes auxquelles on peut réagir. Restez ­prudents en procédant à un test de tolérance. Mettez deux gouttes d’huile essentielle dans le pli du coude et surveillez une éventuelle réaction. Par ­ailleurs, l’Agence européenne des ­médicaments (EMA) a défini une liste ­d’ingrédients cités comme ­allergènes par voie cutanée, que l’on retrouve ­notamment dans les huiles ­essentielles de ­cannelle de Ceylan, de lavande vraie, de ­géranium, de ­citronnelle, d’ylang-ylang ou de mélisse ­officinale. Des données à nuancer toutefois, la directive européenne n’ayant utilisé que des molécules de synthèse pour établir cette liste. Enfin, ne négligez pas la qualité de vos huiles essentielles, qui peut augmenter les risques de réactions ­allergiques lorsqu’elle n’est pas au rendez-vous. Privilégiez des marques bio de ­producteurs reconnus pour leur sérieux. Vous éviterez ainsi la présence de ­pesticides qui résistent au procédé de la ­distillation à la vapeur d’eau.

Ne pas confondre l'huile essentielle d’Eucalyptus globulus avec celle d’Eucalyptus radiata

Bien qu’elles appartiennent à la famille des myrtacées, ces espèces d’eucalyptus sont différentes. Ainsi, la composition et les propriétés médicinales de leurs huiles essentielles ne sont pas similaires. Or, on a souvent tendance à les confondre. Si elles sont fluidifiantes des sécrétions ORL et respiratoires, gare à celle d’Eucalyptus globulus, plus irritante que sa cousine. « En diffusion, il faut la diluer, car elle peut provoquer une crise d’asthme chez les sujets ayant des faiblesses respiratoires », confirme la pharmacienne Alina Moyon. Aussi, l’huile essentielle d’Eucalyptus radiata stimule le système immunitaire en plus d’être énergisante, tandis que celle d’Eucalyptus globulus est oxygénante du sang. Que ce soit pour les thyms, les lavandes, les romarins, lisez bien les étiquettes et les indications !

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