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Eucalyptus radié (Eucalyptus radiata)

Dégager ses bronches

L’hiver, les voies respiratoires sont soumises à de rudes épreuves microbiennes et climatiques. Parfois, un petit coup de pouce est nécessaire quand mucosités et inflammations de la muqueuse deviennent persistantes. Les huiles essentielles vont aider cette interface fragile à se défendre.

Comme toutes les interfaces dont le corps humain est constitué, les voies respiratoires sont des muqueuses douées d’une immunité parfaitement adaptée pour assurer la défense des lieux et éviter les intrusions trop inquisitrices. Ces muqueuses sont revêtues d’un mucus, constitué en majeure partie d’eau (plus de 95 %), mais aussi d’un peu de lipides, d’ions et de protéines aux fonctions immunitaires, comme des anticorps de type immunoglobulines A (IgA). Ce gel tapissant est mis en mouvement par les cellules épithéliales ciliées, formant ainsi un couple mucociliaire charger d’épurer tous les conduits qui permettent l’arrivée et la sortie de l’air. Cette sécrétion de mucus peut être largement renforcée pour répondre à une agression, qu’elle soit d’origine physique (poussières, allergènes, microparticules), chimique (gaz toxiques) ou infectieuse (virus, bactéries ou champignons). En augmentant la sécrétion, l’objectif n° 1 de la muqueuse est de protéger les cellules épithéliales de surface. Ce mucus devient alors plus abondant et plus visqueux pour décrocher un maximum d’éléments et les expectorer. Afin d’accélérer le transport de l’excès de mucus, l’organisme met en jeu un second mode d’épuration des voies aériennes : la toux. Ces processus physiologiques primordiaux sont à prendre en considération, car si chercher à assainir les voies aériennes est naturel, cela doit être fait dans le respect des processus d’autoguérison.

Parmi toutes les interfaces, les voies respiratoires sont sûrement l’une des plus fragiles. Elles sont soumises à de multiples agressions, alors que la respiration est une fonction vitale.
Lorsqu’elle perd de son efficacité, la menace de détresse respiratoire peut être importante, notamment chez les personnes asthmatiques ou celles souffrant de bronchopneumopathie obstructive. D’ailleurs, chez ces sujets, la simple respiration d’un parfum ou d’une huile essentielle peut déclencher une détresse respiratoire. C’est pourquoi il est préférable de consulter un spécialiste et surtout d’éviter les huiles essentielles (HE) à cinéole ainsi que les diffusions atmosphériques trop concentrées.

Si la présence de mucus est absolument nécessaire pour assurer une oxygénation adéquate du sang, l’excès d’humidité et de mucosités dans les conduits respiratoires fait aussi le lit de la multiplication des germes. Il est donc important que le juste milieu soit rapidement retrouvé. Pour toucher précisément cette action thérapeutique, rien ne peut être plus adapté que le potentiel aromatique, respectueux des processus physiologiques d’autoguérison et de défense.

Ni trop sec ni trop humide, trouver le bon équilibre

Ce juste milieu est à l’image d’une terre dont la teneur en eau est parfaite, lui permettant d’être finement labourée, prenant une consistance ni trop boueuse, ni trop dure. Au-delà des propriétés classiques fluidifiantes ou encore expectorantes des actifs naturels, une propriété est particulièrement intéressante et incontournable pour lever le problème des mucosités récidivantes ou chroniques : l’astringence. Les HE astringentes sont bien connues en cosmétique pour retendre les tissus, mais elles sont aussi utiles en aromathérapie pour rétablir la bonne répartition hydrique. Ainsi, dans les problèmes d’oedème, de congestion pelvienne ou encore d’inflammation de certaines muqueuses, ce pouvoir astringent peut être déterminant.

Au niveau des voies respiratoires, l’application cutanée sur le...

thorax et le haut du dos ou sur les sinus (pour les sinusites chroniques), alliées aux olfactions ou aux inhalations humides ou sèches, permet de les tapisser de ces molécules volatiles et de rétablir l’humidité locale. L’eau est aussi un vecteur de vie, présent à hauteur de 65 % dans le corps humain, soit environ 45 litres d’eau pour une personne de 70 kg. Encore faut-il qu’elle occupe les bons espaces. À ce titre, l’HE de géranium Bourbon est un joyau de l’aromathérapie. En effet, le géranium a cette propriété spécifique de « remettre l’eau à sa place ».

Eucalyptus à pleins poumons

Pour compléter cette propriété à haute valeur thérapeutique, le reste de la synergie associe un arsenal aromatique plus classique. La famille des eucalyptus est bien connue pour ses propriétés respiratoires et son impact d’ouverture bronchique et/ou ORL. Regrouper plusieurs essences issues de ce genre botanique dans une même synergie donne une cohérence évidente qui va dans le sens de l’équilibre respiratoire des fosses nasales jusqu’aux bronchioles, en passant par les sinus et les bronches. Si l’Eucalyptus radiata est réputé pour débloquer les voies hautes, l’Eucalyptus globulus s’adresse spécifiquement à l’arbre pulmonaire, des voies les plus grosses jusqu’aux plus fines, aboutissant aux alvéoles pulmonaires, sites d’échanges gazeux avec le sang. Cette essence d’Eucalyptus globulus, très concentrée en eucalyptol, plus connu sous l’appellation 1,8 cinéole (supérieur à 80 %), procure un vent libérateur très puissant. Elle fluidifie les sécrétions épaissies, visqueuses et trop abondantes, et les aide à s’extraire par ses propriétés expectorantes. Sa puissance de frappe la rend inutilisable chez les enfants et les asthmatiques. Reste que cette huile essentielle est une essence de premier choix dans les pathologies bronchiques rebelles et anciennes, ou encore dans les pathologies respiratoires des fumeurs.

L’eucalyptus mentholé apporte des molécules bien différentes, comme celle de pipéritone, mais tout à fait complémentaire pour affiner la synergie. Son HE offre des propriétés décongestionnantes et fluidifiantes respiratoires et, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, elle ne contient pas de menthol. Elle garde le côté décongestionnant de la menthe tout en restant douce et justement équilibrée. Enfin, l’Eucalyptus staigeriana apporte une touche limonée. Détersive, elle décolle les mucosités de la paroi, une étape déterminante qui catalyse l’efficacité des autres HE pour une synergie complète. Ainsi, cette grande famille dans laquelle chacun occupe une place appropriée permet à l’arbre respiratoire de retrouver toute son ouverture et son intégrité. 

ZOOM - Le cinéole, un actif puissant

La molécule 1,8 cinéole est antivirale, mucolytique, expectorante et décongestionnante des voies respiratoires. Cet actif puissant doit être utilisé avec discernement. Les huiles essentielles qui en contiennent sont, par ordre décroissant : Eucalyptus globulus, ravintsara, Eucalyptus radiata, niaouli, romarin officinal CT cinéole, laurier noble, lavande aspic et myrte vert. Ces HE sont déconseillées pour les asthmatiques et pour les enfants.

Ma formule
Assainir les voies respiratoires

Propriétés Mucolytique, détersive, expectorante et asséchante respiratoire, anti-inflammatoire et décongestionnante respiratoire.
Indications Encombrement des voies respiratoires hautes et basses, bronchites, toux grasses, infections pulmonaires et/ou ORL avec mucosités, sinusites, otites, catarrhe, grippe.

HECT de géranium Bourbon (4 ml)
Pelargonium asperum cv Bourbon

HECT d’eucalyptus globuleux (2 ml) 
Eucalyptus globulus

HECT d’eucalyptus mentholé (2 ml)
Eucalyptus dives

HECT d’eucalyptus radié (2 ml) 
Eucalyptus radiata

HECT d’euclayptus staigeriana (2 ml) 
Eucalyptus staigeriana

Huile végétale de noyau d’abricot (QSP 30 ml)

1 ml = 25 gouttes. HECT : huile essentielle chémotypée. QSP = Quantité suffisante pour.

Prendre un flacon en verre teinté de 30 ml muni d’un compte-gouttes capillaire, y verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées. Rajouter l’huile végétale, refermer et agiter.

Voie olfactive Pour la décongestion des voies ORL, déposer 2 gouttes de la synergie à l’intérieur des poignets et procéder à 5 respirations consécutives.
Voie cutanée 15 gouttes à répartir en massage du thorax et du haut du dos, 3 à 6 fois par jour selon le niveau d’encombrement bronchique. Pour les encombrements des voies hautes, faire pénétrer 2 à 3 gouttes de la synergie sur les sinus, 4 fois par jour.
Inhalation humide En cas de mucosités collantes et rebelles (ORL ou bronchiques), procéder à une inhalation tous les jours en mettant 2 à 3 gouttes de la synergie dans un inhalateur et respirer pendant une dizaine de minutes. Suivre pendant 10 à 15 jours et faire une pause. Si besoin, reprendre 15 jours après une semaine d’arrêt.
Contre-indications Sujets asthmatiques, femmes enceintes, allaitantes et enfants. 

Nez bouché : le réflexe menthe poivrée

L’huile essentielle (HE) de menthe poivrée (Mentha xpiperita) est bien connue pour ses propriétés réfrigérante, décongestionnante et même anesthésiante. Celles-ci peuvent être mises à profit pour déboucher le nez et l’ensemble des voies ORL. En revanche, comme toujours avec cette HE, il y a des précautions d’utilisation à prendre pour ne pas être submergé par sa puissance, d’autant plus quand le problème est localisé sur le visage. Son côté réfrigérant est certes salvateur, mais peut provoquer des sensations douloureuses de brûlures si la quantité utilisée est trop importante.

À faire
Pour débloquer les fosses nasales et les sinus, déposer une goutte d’HE de menthe poivrée sur le dos de la main. En déposer une trace sur les deux petits doigts et masser à la base de chaque narine le point se situant dans le creux. En mettre si besoin une trace dans la bouche. Ce point correspond au point 19 sur le méridien du gros intestin, et se nomme « Rencontre avec les parfums ». Sa stimulation ouvre toutes les fosses nasales. Le soir, au moment du coucher, ce geste est le gage d’une meilleure respiration pendant le sommeil. Contre-indications : son utilisation est strictement contre-indiquée chez les enfants de moins de 30 mois et déconseillé avant 6 ans, ainsi que chez la femme enceinte ou allaitante. 

Les bienfaits de la chaleur humide

Lorsque les mucosités sont abondantes, gluantes, verdâtres et visqueuses, avoir recours à la chaleur humide par des enveloppements ou des inhalations accélère leur vitesse d’élimination. La synergie proposée peut être ainsi déposée à raison de 2 gouttes dans un bol ou un inhalateur rempli d’eau chaude, pour procéder à 10 minutes de respiration profonde. Il est conseillé de rester ensuite 2 heures sans sortir de la maison. Pour les toux grasses ou les bronchites, il est possible de mettre 4 à 6 gouttes de la synergie dans un lavabo rempli d’eau chaude et d’y tremper un gant ou un essuie-main puis de l’appliquer sur le thorax. Le réhumidifier dès qu’il est froid ou appliquer un hot pack pour qu’il garde plus longtemps la chaleur.

À faire
Pour une toilette bronchique intégrale, on peut également mettre à bouillir de l’eau dans une cocotte-minute avec 4 à 6 gouttes de la synergie, bien fermer les portes et rester pendant 10 à 15 minutes à respirer l’atmosphère humide. 

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