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La chicorée : oubliez son amertume

La chicorée : oubliez son amertume

Appréciée par les uns, honnie par les autres du fait de son amertume, la chicorée s’est pourtant bien adoucie. En boisson, en salade et en légume, c’est aussi une plante nettoyante : amie du foie, elle purifie également notre sang.

On connaissait déjà ses vertus il y a plus de 3 500 ans : les Égyptiens l’avaient intégrée dans leur pharmacopée et elle est mentionnée sur le papyrus d’Ebers, l’un des plus anciens traités médicaux. La chicorée, comme médicinale et alimentaire, fut utilisée durant toute l’Antiquité. Les Romains, imitant les Grecs, la propagèrent dans tout leur empire au cours des conquêtes.

En 812, Charlemagne promulgue le capitulaire De Villis qui ordonne la culture d’un certain nombre de plantes dans les jardins des domaines impériaux, dont la chicorée. Au même siècle, en Hollande, des moines améliorent la variété sauvage par sélections successives. La chicorée occupe une place importante au Moyen Âge. À la Renaissance, en France, il semble que toutes les parties de la plante soient utilisées, surtout pour ses vertus thérapeutiques. Puis ses qualités médicinales sont peu à peu délaissées et les Hollandais sont les premiers, en 1690, à utiliser la chicorée comme succédané au café. Ils développent la torréfaction industrielle de la racine et son usage sous forme de breuvage se répand dans le nord de l’Europe.

Mais c’est véritablement en 1806 qu’elle connaît un essor : le Blocus continental imposé par Napoléon à l’Angleterre entraîne une pénurie d’aliments, dont le café. Finalement, la boisson obtenue après torréfaction de la racine est jugée meilleure que la décoction de racine séchée, jusque-là en usage.

Apéritive, cholagogue, hypoglycémique, laxative

  • Les feuilles et racines de la chicorée augmentent la sécrétion biliaire, stimulent celle des sucs gastriques et ouvrent l’appétit. En abaissant le taux de lipides sanguins, la chicorée agit favorablement sur le taux de cholestérol. Elle soulage aussi divers problèmes de peau par son action dépurative interne efficace. La chicorée contient de l’inuline, un sucre non assimilable à l’action prébiotique qui développe des bactéries utiles au bon fonctionnement de nos intestins : elle peut donc être utilisée par les diabétiques dont elle calme la soif.
  • Magnésium, phosphore, potassium, fer : la chicorée en boisson est fortifiante et les femmes enceintes pourront l’adopter.

Attention : la chicorée agissant sur le foie, un usage régulier est déconseillé aux personnes souffrant de calculs biliaires. Elle est également contre-indiquée aux personnes sous anticoagulants : la vitamine K qu’elle contient, indispensable à la coagulation sanguine, produit l’effet inverse.

Conseils de culture

Il n’existe pas une, mais des chicorées, filles de la sauvage. Ainsi les scaroles et frisées se récoltent durant une grande partie de l’hiver. Idem pour l’endive.

Où ?

Dans une terre de préférence humifère : hormis l’eau dont elles ont besoin, les scaroles, frisées, rouges ne sont pas trop difficiles ni même exigeantes. Elles ne supportent pas les régions chaudes et sèches, raison de leur adaptation dans le Nord.

Quand ?

Semez en pépinière de mai à août, en choisissant bien les chicorées adaptées aux saisons. Repiquez en place environ 20 à 30 jours après la levée, laissez au moins 30 à 35 cm en tous sens entre chaque plant. Les variétés d’hiver sont semées en août et repiquées en septembre. Les chicorées endives se sèment de mi-avril à fin juin.

Comment ?

Arrosez régulièrement autour du pied de la salade. Avant d’être ramassées, scaroles et frisées peuvent être couvertes d’une cloche pendant quelques jours pour les blanchir et les attendrir. Vers octobre ou novembre, les racines sont arrachées et forcées soit à l’intérieur à l’abri du gel et de la lumière qui ferait verdir les chicons (récolte en décembre et janvier) ; soit à l’extérieur couvertes de terre fine et de plastique noir (récolte de janvier à mars).

Cueillette

On cueille facilement la chicorée sauvage à la campagne dans les prés secs, au bord des chemins. Mais elle s’invite parfois au jardin et s’y multiplie facilement. On ramassera dès le mois de février ses feuilles pour une consommation immédiate ou en juin si on souhaite les conserver. Sa racine sera récoltée au printemps ou à l’automne, et conservée au sec.

Le tour de main de l’herboriste

Tisane dépurative

Ingrédients :

  • 1 cuiller à soupe de feuille ou 1 cuiller à café de racine coupée
  • Une tasse d'eau froide
  • Miel de romarin (ou 2 feuilles de stévia)

Préparation :

  1. Versez la chicorée dans l’eau froide, amenez à ébullition.
  2. Faites bouillir les feuilles pendant une minute et les morceaux de racine pendant 3 minutes.
  3. Laissez infuser 5 minutes (si vous utilisez des feuilles de stévia, ajoutez-les à ce moment-là).
  4. Filtrez, sucrez éventuellement au miel. Buvez une tasse avant chaque repas.

Lotion adoucissante

Ingrédients :

  • 2 cuillers à soupe de chicorée
  • 1 tasse d'eau froide.

Préparation : procédez comme pour la tisane en laissant infuser jusqu'à refroidissement.

Cette lotion très adoucissante (grâce à l’inuline) sera utilisée pour les soins quotidiens des peaux sèches, sensibles, irritées ou avec dartres, eczéma. Il est aussi possible d’imbiber des compresses à laisser poser 30 minutes minimum sur les abcès, dermatoses diverses et eczéma.

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