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Le souci pour soigner la peau

Calendula

"Le souci, aussi appelé calendula (Calendula officinalis), est sans hésiter la première médicinale à introduire au jardin. Elle a tout pour plaire : elle est facile à entretenir, elle offre de nombreuses et magnifiques fleurs orange, et surtout, elle nous apporte une utilité incontestée dans la pharmacie familiale. C’est la grande réparatrice de la peau et des muqueuses." Christophe Bernard, naturopathe herbaliste. À retrouver sur son blog www.altheaprovence.com

Régénérer les muqueuses. Les problèmes peuvent commencer au niveau de la bouche, avec aphtoses et gingivites. Plus bas, dans le tube digestif, le reflux gastrique brûle l’œsophage. Au niveau de l’estomac, les gastrites sont de plus en plus nombreuses, sans parler des ulcères. Ne serait-il pas fabuleux de trouver une plante qui puisse soulager tous ces problèmes ? Cette plante, nous l’avons : c’est le souci. Anti-inflammatoire, elle permet aux muqueuses de se régénérer d’une manière rapide et efficace. Vous la prendrez sous forme de teinture à raison de 15 gouttes dans un peu d’eau deux à trois fois par jour. Cette très faible quantité d’alcool est généralement bien tolérée par les muqueuses enflammées. Pour les problèmes buccaux, faites un bain de bouche avec cette même quantité de teinture.

Sur la peau, le souci sous forme de macérat huileux, d’onguent ou de crème effectue exactement le même travail. Il calme les inflammations, qu’elles soient dues à des agressions externes (égratignures) ou internes (psoriasis). C’est l’une des meilleures plantes pour les problèmes de peau des enfants, depuis l’érythème fessier jusqu’à l’eczéma. Attention, toutes les préparations ne se valent pas, et les résines devront être extraites avec un solvant adapté (alcool ou huile). Nous vous proposons ci-après une préparation grasse pour application externe.

À l’atelier
Crème pour la peau au calendula

Une crème est l’émulsion d’un macérat huileux et d’un hydrolat de plante, le tout stabilisé par de la cire d’abeille. C’est très simple à réaliser. Pas d’ingrédients cachés, une douceur inégalée et une consistance riche et pénétrante.

1.Faites chauffer 200 ml de macérat huileux au bain-marie (pour la préparation, lire ci-dessous) et faites fondre 16 g de cire d’abeille. Sortez du bain-marie et laissez refroidir.
2.Placez 250 ml d’hydrolat de votre choix (de lavande par exemple) dans un saladier et chauffez-le légèrement au bain-marie afin de le tiédir, puis retirez-le du feu.
3.Surveillez bien votre huile : dès qu’un petit anneau de cire commence à se former sur les parois du récipient, vous êtes prêt à faire l’émulsion. À l’aide d’un batteur, battez vigoureusement...

l’hydrolat en y versant tout doucement l’huile et la cire en un fin filet. Faites des pauses pour que l’huile soit bien amalgamée. Au bout d’un moment, l’émulsion va prendre comme une mayonnaise.
4.Rajoutez alors les conservateurs : 10 gouttes d’huile essentielle de lavande vraie et 16 gouttes de vitamine E (dans les boutiques de produits naturels). Battez à nouveau quelques secondes.
5.Placez dans des petits pots en verre stérilisés et gardez votre stock au réfrigérateur. La crème se conserve pendant deux ou trois mois.

Utilisation Appliquez généreusement sur toute inflammation de peau.

Au jardin

Si toutes les médicinales pouvaient se laisser apprivoiser aussi facilement!Vous pouvez démarrer le souci à partir de graines qui germent avec une facilité déconcertante. Semez-les directement en godets au printemps, avec deux graines dans un petit trou de 1 cm de profondeur. Tassez bien et gardez humide jusqu’à germination.

Placez le souci en pleine terre dans un endroit bien ensoleillé. La plante apprécie tous les types de terre mais sera beaucoup plus productive dans une terre amendée en compost. Elle a besoin d’un arrosage occasionnel, sans trop d’eau, au risque de développer un oïdium (maladie du blanc).

Vous avez peut-être déjà constaté la présence de taches blanches à la base de la plante, c’est-à-dire à l’endroit le plus humide. Espacez vos plants de 20 cm afin que l’air circule bien. Pour combattre l’oïdium, supprimez immédiatement les parties blanches et traitez au soufre (autorisé en agriculture biologique).

Floraison annuelle

Le souci est une grande productrice de fleurs et a tendance à s’épuiser en fin de saison. Les fleurs apparaissent de plus en plus hautes sur les tiges et la plante commence à se dégarnir vers le bas. Si c’est le cas, n’hésitez pas à la tailler (rabattre) afin qu’elle reparte de la base et qu’elle garde un port plus compact.
La plante est une annuelle. Dans le sud, elle produit jusqu’en novembre si le temps le permet. Ensuite, elle disparaît. C’est pour cela qu’il est bon de laisser monter les fleurs en graines en fin de saison, à partir de fin septembre, afin qu’elle se ressème librement et abondamment. Stockez aussi une quantité de graines afin de la ressemer l’année suivante. Mais si elle se plaît dans votre jardin, de nouvelles plantules apparaîtront sans votre intervention au printemps prochain.

Ramasse et séchage

Ramassez la fleur entière avec réceptacle vert, collant et riche en résines. On fait souvent l’erreur de ne ramasser que les pétales orange, qui sont certes riches en flavonoïdes mais qui ne concentrent pas seuls les propriétés régénératrices de la plante. Il nous faut aussi les résines.
Coupez les fleurs juste en dessous du réceptacle et étalez-les sur une grille en une seule couche.

Placez la grille dans une pièce sombre et bien aérée afin de faire sécher les fleurs. La lumière détruit les pigments des pétales, et si vous les laissez exposées trop longtemps, les fleurs finiront par perdre leur belle couleur. Tournez- les régulièrement jusqu’à ce qu’elles soient complètement sèches. Écrasez-en quelques- unes afin de vérifier que le cœur soit bien sec. Enfin, stockez-les dans des sacs en papier à l’abri de la lumière et de l’humidité.

Almanach de janvier

En ce début d’année, commencez à réfléchir à vos plantations de printemps ! Voici quelques pistes pour organiser votre réflexion.

Tout d’abord, listez les besoins de la famille. Faites un inventaire des petits déséquilibres courants chez vos proches et choisissez quelques plantes qui pourront apporter un soulagement. Problèmes de sommeil ? Pavot de Californie, valériane... Problèmes ORL? Hysope, marrube, thym. Règles douloureuses ? Armoise... Les médicinales doivent avoir une fonction utilitaire !

Faites en fonction de votre jardin. Quel est son ensoleillement ? La richesse de sa terre ? Sa nature est-elle plutôt argileuse ou sableuse ? Le pavot de Californie a par exemple besoin d’une exposition plein soleil dans une terre qui draine. La valériane apprécie l’ombre dans une terre humide. Deux plantes pour les mêmes déséquilibres, mais avec des besoins très différents.

Choisissez selon votre niveau d’expérience. La main verte s’acquiert. Au départ, il ne faut pas être trop ambitieux. Choisissez les plantes qui germent facilement et qui sont rustiques au jardin : souci, grande aunée, échinacée, matricaire, toutes les aromatiques. L’arnica, la gentiane et les autres plantes plus difficiles à apprivoiser attendront encore un peu.

Enfin, l’aspect esthétique. Préférez dans ce cas la monarde (Monarda didyma) et son rouge majestueux, l’aunée et ses grands soleils jaunes, l’échinacée pourpre ou la verveine hastée pour ses belles fleurs mauves. Car on peut être beau et utile à la fois ! 

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