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La verge d’or, une plante désinfectante

la verge d'or

Les plantes qui nettoient le  système urinaire, la busserole ou le  genévrier par exemple, ne sont pas  très faciles à apprivoiser au jardin.  La verge d’or, dont le nom vernaculaire  complet est solidage verge d’or, sous  son aspect commun de « plante du  bord des routes », va venir remplir ce  vide. Petite, discrète, mais d’un beau  jaune d’or lorsqu’elle est en fleur, elle  est facile d’entretien et s’adaptera à  toutes les terres. Ses feuilles font un thé  fort agréable, et ses sommités fleuries  pourront faire la différence en cas  d’allergie et de cystite chronique. Christophe Bernard, naturopathe herbaliste. À retrouver sur son blog www.altheaprovence.com

Une diurétique à l’effet balai

L’infection urinaire est la deuxième cause de visite chez le médecin et de prescriptions d’antibiotiques. Le jardin médicinal doit donc offrir des solutions sur ce sujet. Or les parties aériennes de la verge d’or sont à la fois diurétiques et désinfectantes du système urinaire. Cet effet balai permet de nettoyer l’appareil urinaire dans son intégralité. En prévention, infusez 30 g de plante sèche par litre d’eau et buvez le litre dans la journée. Faites des cures pendant les périodes de fatigue ou de stress. La plante s’associe bien avec Hibiscus sabdariffa (ou karkadé) en prévention : mélangez 15 g d’hibiscus et 15 g de verge d’or par litre. Pendant une cystite, testez 15 g de solidage et 15 g de busserole par litre.

Pour la prévention des calculs rénaux, la stratégie de prévention la plus efficace consiste à augmenter la diurèse. Il faut boire beaucoup afin de diluer les urines et empêcher les dépôts. Et quoi de mieux qu’une infusion diurétique pour favoriser cela : 30 g de verge d’or en infusion pour 1,5 l d’eau à boire pendant la journée. Pendant les coliques néphrétiques, elle adoucit, relâche les conduits et facilite le passage des calculs.

La verge d’or assèche aussi les muqueuses nasales. Elle calme les nez qui coulent, en particulier pendant les allergies saisonnières comme nous vous l’expliquons page suivante.

Au jardin

Il existe deux espèces principales de verge d’or : une locale (Solidago virgaurea) et une canadienne (Solidago canadensis). La deuxième pose des problèmes dans certains écosystèmes, nous allons donc cultiver la première. Démarrez cette vivace de graines car la plante est quasi impossible à trouver en jardinerie. Les graines sont relativement petites et souvent accompagnées du plumeau caractéristique des graines de certaines Astéracées (ce qu’on appelle l’aigrette). Humidifiez du terreau dans un bac de plantation et tassez bien. Répartissez les graines en surface puis, à l’aide d’un objet plat, une brique par exemple, tassez à nouveau. Ne recouvrez pas les graines de terre. Gardez le terreau humide à l’aide d’un vaporisateur. Une fois que la plantule est assez grande pour être transplantée, placez-la en godet puis laissez-la grandir pendant encore quelques semaines. Transplantez-la en pleine terre une fois que les radicelles commencent à sortir par les trous du dessous du pot.

Peu exigeante

Vous pouvez planter vos verges...

d’or en configuration serrée au jardin, disons un plant tous les 25 à 30 cm. La plante tolère un sol pauvre et vous n’aurez pas besoin d’amender la terre. Au contraire, une terre trop riche peut favoriser une croissance explosive au détriment de la richesse en composants aromatiques. En d’autres termes, une plante belle, grande, mais peu concentrée en actifs. Si vos étés sont chauds et secs, elle appréciera un arrosage régulier. La verge d’or devrait fleurir en juillet-aout. Elle peut vite coloniser votre jardin ; je vous conseille donc de couper les sommités fleuries rapidement pour éviter qu’elle ne se ressème. De plus, ces sommités constituent la matière première pour nos préparations. Rabattez la plante avant les jours froids pour qu’elle reparte sur des bases propres au printemps suivant.

Ramasse et séchage

Coupez les sommités fleuries à peine ouvertes. C’est à ce moment-là que la plante sera la plus aromatique. Si les fleurs sont déjà ouvertes, elles s’égraineront une fois sèches et se transformeront en plumeaux difficiles à manier. Faites-les sécher entières en bouquets suspendus. Ensuite, détachez les feuilles et les fleurs des tiges et conservez-les dans des sacs en papier à l’abri de l’humidité. Notez au passage que certains sont allergiques à la verge d’or.

À l’atelier
Infusion anti-allergie

Les allergies saisonnières nécessitent une prise en charge sur la durée. Démarrez la prise des plantes deux semaines avant l’arrivée des pollens et continuez pendant toute la période. On utilisera une plante antihistaminique comme base de l’infusion à associer avec d’autres plantes, dont la verge d’or en fonction de vos symptômes. Pour l’antihistaminique, je vous propose le plantain lancéolé. Toutes les plantes s’utilisent sous forme sèche (prévoir 30 g par litre) et se trouvent en herboristerie.

1.Prendre le temps de bien identifier les  symptômes allergiques les plus gênants : • Si vous avez le nez qui coule, faire un  mélange moitié feuilles de plantain et moitié  feuilles de verge d’or. • Si vous avez la gorge irritée, mélanger les feuilles de plantain à de la  racine de réglisse (contre-indiquée en cas  d’hypertension), en ratio deux tiers un tiers. • Si vous avez les yeux enflammés, faites une  infusion moitié feuilles de plantain, moitié parties aériennes d’euphraise. Vous pouvez bien sûr combiner plus de deux  plantes à la fois. Par exemple, si vous souffrez  de tous ces symptômes : 1⁄4 de plantain, 1⁄4 de  solidage, 1⁄4 d’euphraise et 1⁄4 de réglisse.

2.Placer les 30 g du mélange de plantes  dans un bocal de 1,5 litre qui se ferme hermétiquement ou mettre la bonne quantité  d’eau dans une casserole couverte. Verser sur  les plantes 1 litre d’eau à 85 °C : faire bouillir l’eau à la bouilloire et attendre dix minutes  après le click avant de verser. Refermer le  bocal de manière hermétique.

3.Laisser infuser quinze minutes, puis filtrer et conserver dans un Thermos.

Utilisation

Boire le litre pendant la journée, de préférence  chaud, légèrement sucré au miel si nécessaire,  et accompagné de mesures supplémentaires pour calmer l’état inflammatoire qui accompagne  l’allergie (travail sur les intolérances alimentaires,  par exemple). 

En teinture mère

La teinture de plante fraîche est une excellente  préparation pour capturer la partie aromatique de la  plante. Dans un bocal, coupez finement les sommités fleuries de solidage à peine cueillies. Pour chaque 100 g de plante, rajoutez 200 ml de rhum à 55°.  Assurez-vous que l’alcool recouvre bien la plante.  Placez une pierre propre sur la masse de plante pour  la lester si nécessaire. Laissez macérer pendant deux semaines puis filtrez. Prenez une demi à 1 cuillère  à café dans un peu d’eau trois à cinq fois par jour  pendant une infection urinaire, accompagnée de  teinture de busserole ou de genièvre.

Almanach d’avril

En avril, commencez à identifier les carrés et les bandes qui accueilleront vos médicinales. Faire un nouveau carré n’est pas bien compliqué. Plantez quatre piquets qui  délimitent les coins  du carré puis tendez un cordeau entre chaque  piquet à 5 cm du sol. Si la terre est en friche,  retournez-la à l’intérieur de ce carré à l’aide d’une fourche bêche, enlevez chiendent et autres herbes indésirables, puis incorporez-y plusieurs seaux de compost ou des  granules de fumier. Si vous plantez des aromatiques  qui ont besoin de drainage et  que votre terre a tendance à  retenir l’eau, incorporez-y au  passage quelques pelles de  sable. Chaque plante devra  être accessible pour l’arrosage  ou l’entretien.

Pensez à placer  quelques dalles pour vous  déplacer à l’intérieur du carré  sans abîmer vos plantations. Le printemps est la saison des limaces, et lorsqu’on a  passé des semaines à préparer  ses semis avec amour, voir un  bac de plantation rasé par un  gastéropode est une vision peu réjouissante. J’ai essayé plusieurs  méthodes bio, cendres, sciure  de bois, autres paillis rugueux.  Mais ces méthodes ne durent  pas. Il suffit d’une bonne pluie  pour que la barrière se dissipe.  Je place maintenant des tuiles  plates près de mes plantations  et je « récolte » chaque matin  les limaces qui s’y réfugient.  C’est un piège assez efficace et respectueux. Il suffira ensuite  de déplacer les limaces et de les déposer discrètement dans  le potager du voisin (les jardiniers aussi  ont de l’humour !). 

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