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Le gui : un poison qui guérit

Le gui pour accompagner le cancer
Le gui pour accompagner le cancer

Le gui est une plante sacrée employée par les druides à l’époque gauloise. Il est aujourd'hui utilisé en Allemagne et en Suisse en traitement de soutien des cancers.

Le gui est le symbole de l'immortalité parce qu'elle est toujours verte et reste vivante quand l'arbre qui la porte paraît mort. Dès l’époque gauloise, on a exploité les propriétés thérapeutiques de cette plante atypique, suspendue entre ciel et terre; en effet, le gui ne sait pas extraire du sol les substances nutritives. En décembre, ses graines sont absorbées par la fauvette ou encore la grive. Restées intactes dans la fiente grâce à la glu blanche qui les protège, elles peuvent germer sur de nouvelles branches où elles se sont collées. Elles enfoncent alors un suçoir sous l'écorce de l'hôte et s’en nourrit pour développer la boule de gui repérable à des kilomètres.  

Le gui était appelé « plante qui guérit tous les maux » par les druides. Ce parasite « extra-terrestre » (du chêne en particulier) était alors cueilli avec une serpe d'or. Les druides le déposaient dans un linge pour qu'il ne touche pas le sol, afin de respecter sa vocation aérienne. Tout cela se passait lors de cérémonies accompagnées de chants incantatoires. On l’utilisait alors surtout pour ses propriétés antispasmodiques dans l'épilepsie, les crampes ou les troubles liés à la nervosité. Son emploi thérapeutique s’est ensuite perdu et l’on n’en trouve plus trace dans les traités médicaux du Moyen-Âge.

La "viscumthérapie" : accompagner le cancer grâce au gui fermenté

Depuis plus d'un siècle, notamment via l'iscador (produit issu de la fermentation bactérienne du gui), les extraits de gui (Viscum album) sont utilisés comme complément d'appoint aux traitements anticancéreux. C'est ce que l'on appelle la « viscumthérapie », aujourd’hui couramment employés en Allemagne et en Suisse comme traitement d'appoint dans la gestion de plusieurs types de cancers et de leurs effets secondaires. Si les études ne sont pas toutes concluantes, plusieurs d'entres elles montrent que l'extrait de gui est associé à un meilleur taux de survie des patients et permet de diminuer les effets secondaires des traitements du cancer, notamment en réduisant la fatigue et en améliorant le résistance globale. Ces effets semblent plus marqués sur cle cancer du col de l'utérus et plus discrets concernant des cancers comme celui des poumons.

 

L'application actuelle en tant que préparation injectable pour les patients atteints d'un cancer remonte à plus d'un siècle, lorsqueRudolf Steiner, fondateur de l'anthroposophie, a suggéré son utilisation.  En effet, la feuille de gui contient de nombreuses substances intéressantes comme les triterpènes, des stérols, des amines (choline, acétylcholine, tyramine, histamine), des phénols, des lignanes et des flavonoïdes. Mais aussi et surtout certaines molécules spécifiques, comme la viscotoxine, la lectine, mais aussi des alcaloïdes qui aident à lutter contre la prolifération des cellules cancéreuses.

La feuille de gui serait également très utile à ceux dont la pathologie devient lésionnelle. L'organisme souffrant d'une surcharge permanente, les émonctoires s'épuisent, l'hypertension, sur fond d'artériosclérose, tente de se soulager par des saignements et l'urée grimpe. L'hyperacidité tissulaire commande un tamponnement constant du sang qui cherche les minéraux dans la masse osseuse. Le système nerveux souffre. À la fin, la cellule déclare forfait en s'écroulant dans un processus cancéreux. Il y a « solidification » des tissus. 

Antiscléreux et immuno-stimulant

Comme nous l'avons vu plus haut, le gui fuit le sol et préfère les essences de bois tendre à sécrétion de sève abondante. Il s'installe entre la terre et le ciel. Chez l'homme, par le biais du sang, il semble être en affinité avec la jonction esprit-corps, mais nécessite une transformation complexe pour développer son potentiel anticancéreux.

L'activité hypotensive et antiscléreuse serait liée aux amines, aux saponosides et aux viscotoxines. Les baies contiennent un arabinogalactane aux propriétés immunostimulantes. En usage interne, la feuille s'utilise à l'état frais ou sec (teinture-mère, nébulisat, poudre micronisée). Du fait de la sensibilité à la chaleur de certains principes actifs, il est nécessaire de préparer les macérats à froid. L'action du gui se développe sur plusieurs semaines et, du fait d'une certaine toxicité potentielle (neuro-logique en particulier), réclame la sollicitation d'un avis médical éclairé. Des médicaments utilisant ces extraits existent comme l'ANOBAViscum®, le Cephalektin®, l'Eurixor®, l'Helixor®, l'Iscador®, l'Isorel® ou le Lekinol®.

Contre-indications et interactions :

De manière générale, le gui provoque peu d'effets indésirables. Pris sous la forme d'unjection sous-cutané il peut générer une légère inflammation à l'endroit de la piqûre. Certaines personnes y sont toutefois allergiques et verront apparaître rapidement des symptômes de type grippaux (tremblements, fièvre, maux de tête, baisse de la tension artérielle, douleurs dans la poitrine, diarrhée et vomissements) dès la prise. Il faut alors immédiatement vous rendre aux urgences ou dans un centre anti-poiison le plus proche.

Le gui peut également interagir avec les médicaments contre l’hypertension et l’arythmie cardiaque et générer des baisses de la tension artérielle.

"Mistletoe in the treatment of cancer patients", Bundesgesundheitsblatt - Gesundheitsforschung - Gesundheitsschutz, mai 2020.

"A Systematic Review and Meta-Analysis on the Survival of Cancer Patients Treated with a Fermented Viscum album L. Extract (Iscador): An Update of Findings", Complement Med Res, 2020.

"Mistletoe therapy in oncology", Cochrane Database of Systematic Reviews 2008, Issue 2.

"Le gui (Viscum album) depuis 100 ans dans la thérapie oncologique", Phytotherapie Europeenne,  juin 2017.

"Viscum album L. Therapy in Oncology - an Update on Current Evidence", Complement Med Res., mars 2022.

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