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Gentiane : la fée jaune de la digestion

gentiane

Réputée pour ses propriétés digestives, cette géante des prairies montagneuses recèle bien d’autres vertus. Antifatigue, stimulante de l’immunité, fébrifuge, vermifuge, mais aussi antidépresseur… Un temps considérée comme un remède universel, zoom sur la gentiane, de la tradition à la recherche récente.

Des jolis surnoms dont est affublée la gentiane jaune (Gentiana lutea), appelée aussi grande gentiane ou gentiane officinale, celui de « gratte-ciel végétal » est certainement le plus parlant. La plante vivace, qui pousse entre 800 et 2 000 mètres d’altitude, collectionne en effet les records. Atteignant jusqu’à 2 mètres, ses feuilles font jusqu’à 40 cm de long, et la belle vivace dont les éclatantes fleurs jaunes peuvent attendre 10 ans avant de sortir, peut vivre jusqu’à 50 ans. Quant à ses racines, elles peuvent atteindre jusqu’à 1,5 mètre de long et peser jusqu’à 7 kg ! C’est à cette partie utilisée en phytothérapie, à la saveur amère, qu’elle doit son autre surnom, attribué au XIXe siècle par le pharmacien François Dorvault, de « reine des amères ».

Connues depuis la nuit des temps, les propriétés curatives de cette souveraine furent d’abord révélées par… un roi ! C’est en effet à Gentius, roi d’Illyrie, au IIe siècle qu’elle doit son nom. Utilisée par les anciens Égyptiens et prisée par les Romains après l’invasion de la Gaule, cette fée jaune des pâturages – encore un de ses petits surnoms ! – entrait comme ingrédient majeur de la fameuse « thériaque », contrepoison apporté à Rome par Pompée. Outre ses vertus vermifuges permettant d’éliminer les oxyures, Olivier de Serres, agronome de la Renaissance, reconnaissait en elle un excellent fébrifuge, employé pour lutter contre les fièvres de toute nature et le paludisme. La plante figurait ainsi dans la composition d’une drogue nommée « fébrifuge français », mélange à parts égales de gentiane jaune, de camomille romaine et d’écorce de chêne. Le Docteur Valnet prescrivait quant à lui la précieuse racine pour lutter contre la goutte et les rhumatismes.

Soulage les flatulences

Considérée comme un remède universel au Moyen Âge, c’est surtout comme stomatique, pour stimuler l’activité digestive, que les racines de gentiane sont réputées. Des propriétés liées à sa délicieuse amertume, toujours très prisée dans certains apéritifs alcoolisés tels que la Suze. Prise avant les repas, la gentiane soulage flatulences et ballonnements en stimulant la sécrétion d’acides gastriques, bile et sucs pancréatiques, et favorise une meilleure contraction des muscles lisses tapissant les organes digestifs. Aux côtés de ces vertus fort précieuses en période d’agapes, la tradition reconnaît aussi à la grande gentiane une remarquable propriété d’antifatigue, de tonique et de stimulation de l’immunité. Elle se révèle particulièrement indiquée en cas de convalescence et d’asthénie, surtout si le manque d’appétit y est associé.

Antidépresseur

La recherche plus récente éclaire encore une propriété méconnue de la plante : celle d’antidépresseur. C’est à la présence dans ses racines de xanthones, composés organiques responsables de la coloration jaune, identiques à ceux du millepertuis et aux propriétés sédatives, qu’elle doit cette activité positivante sur l’humeur, voire antipsychotiques, selon le chercheur suisse Kurt Hostettmann, spécialiste en plantes médicinales et en phyto-médicaments. La gentiane se voit ainsi depuis peu conseillée pour soulager les états anxieux, le manque de confiance en soi ou encore les problèmes de sommeil. Des indications qui rappellent celles de la fleur de Bach Gentiane, indiquée aux personnes qui « se découragent facilement et perdent leur enthousiasme au moindre obstacle ».

Teinture de racine fraîche

Disponibles en herboristerie, les racines séchées de gentiane se consomment sous forme de tisane à raison d’une demi-cuillère à café par tasse en laissant infuser 5 minutes, avant chaque repas.

Mais la forme la plus concentrée en principes actifs demeure la teinture mère de racines fraîches de gentiane, à utiliser selon Valnet à raison de 30 à 50 gouttes avant les repas. Vous pourrez la trouver en magasin spécialisé ou bien la confectionner vous-même. Mais il vous faudra pour cela aller arracher les racines sur site, aidé d’une bonne pioche ou de la traditionnelle fourche du diable en vous armant de force et de patience, tout en prenant grand soin de respecter la législation en vigueur. Espèce protégée, la gentiane bénéficie de règles strictes de ramassage, variables selon les territoires, certains interdisant carrément tout prélèvement. Mieux vaut donc se renseigner auprès de la direction départementale Agriculture et Forêt de la zone concernée. Il vous faudra également bien veiller à ne pas confondre la gentiane avec le vératre blanc (Veratrum album), très toxique, qui pousse à proximité, mais reconnaissable d’une part à ses fleurs blanches et d’autre part à ses feuilles alternées, alors que celles de la gentiane jaune sont opposées et nervurées dans la longueur.

Et s’il vous vient l’envie de faire pousser la reine des amères dans votre jardin, mais que vous ne résidez pas en altitude, pas de panique ! Vous pourrez lui substituer une autre variété dotée des mêmes propriétés et poussant en plaine, telle la Gentiana tibetica, disponible chez quelques pépiniéristes.

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