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L’origan, un antiviral de choc

L’origan, dont le nom signifie « parure des montagnes », est une plante médicinale majeure. Origan vulgaire, compact, de Grèce, kaliteri, ou encore marjolaine des jardins : derrière le genre Origanum se cachent des profils botaniques et médicinaux bien différents. Très efficace contre les virus, leur puissance n’est en effet pas la seule marque de ces lamiacées.


Âme de la cuisine italienne, sa saveur puissante est indissociable des pizzas, sauces tomate, grillades et autres huiles aromatisées… Cependant, répandu dans tout le Bassin méditerranéen, l’origan est aussi prisé dans la cuisine grecque, crétoise, marocaine, et provençale. Utilisé frais ou séché, il fait partie du traditionnel bouquet des herbes de Provence, aux côtés du thym et du romarin. Plante mellifère de la famille des lamiacées, l’origan égaye de ses petites grappes de fleurs blanches, roses ou pourpres, les talus, bords des chemins et terrains secs durant tout l’été et jusqu’au début de l’automne. Cette plante affectionne les zones montagneuses jusqu’à 2 000 m d’altitude, une particularité dont elle tire d’ailleurs l’origine étymologique de son nom. Du grec ancien oros (montagne) et ganos (éclat, aspect riant), origan signifie « parure des montagnes ». 

Origanum ou marjolaine sauvage 

On prête à la plante de nombreuses vertus. Encore faut-il ne pas faire de confusion entre ses différentes variétés. Car derrière la dénomination commune d’origan ou de marjolaine se cachent en réalité plusieurs plantes, avec des profils botaniques et médicinaux différents. La confusion est grande, y compris sur internet et dans certains ouvrages spécialisés ! En effet, dans le genre Origanum, qui compte une trentaine de variétés, il convient de distinguer deux grandes familles : le « vrai » origan d’un côté, et de l’autre sa cousine, la marjolaine.

Parmi les « vrais » origans, plantes vivaces poussant à l’état sauvage, d’une saveur puissante et piquante, arborant des feuilles vert foncé, on distingue : l’origan compact (Origanum compactum), commun au Maroc et en Algérie, l’origan de Grèce, ou origan vert (Origanum heracleoticum), endémique des îles grecques et enfin l’origan vulgaire (Origanum vulgare), répandu un peu partout en France.

Ce dernier origan est aussi nommé « thym des bergers » ou « marjolaine sauvage ». Il est en effet une version plus robuste de la « vraie » marjolaine (Origanum majorana), appelée aussi marjolaine à coquilles, ou des jardins. Cette annuelle ne résistant pas au froid hivernal, se ressème aisément toute seule, et se distingue par une saveur plus fine et un feuillage vert grisâtre. 

Thujanol versus carvacrol, deux antiviraux efficaces

C’est surtout à leur composition biochimique, et en particulier celle de leurs huiles essentielles respectives, que l’on différencie les deux grandes familles. La marjolaine (Origanum majorana) fournit une huile essentielle aromatique riche en thujanol, molécule rare de la famille des monoterpénols, un antimicrobien et antiviral efficace, notamment sur la sphère ORL, très bien toléré et de plus reconstituant du foie. Également calmante et tranquillisante, elle module les troubles du sommeil et le stress, en raison de la présence d’esters. De leur côté, la douceur n’est pas vraiment au rendez-vous des huiles essentielles d’origan vulgaire et compact, bien au contraire ! Considérées comme des « Attila » des huiles essentielles, à l’instar de la cannelle et la sariette, leur puissance antimicrobienne, antivirale, antifongique et antiparasitaire est proportionnellement égale à leur agressivité. Une redoutable efficacité liée à leur concentration élevée en carvacrol (jusqu’à 60% pour certaines variétés comme l’origan vulgaire), et en thymol, molécules de la famille des phénols, dermocaustiques et toxiques pour le foie en usage prolongé. Grippe, bronchite, sinusite, cystites, gale, teigne, abcès, furoncle, gastro-entérite, mycoses digestives et gynécologiques, herpès, zona, paludisme… L’huile essentielle d’origan est même efficace, comme des études l’ont montré, contre les bactéries multi-résistantes des infections nosocomiales contractées à l’hôpital ! D’une utilisation délicate, on aura plutôt recours aux oléocapsules à avaler. Dosées à 50 mg, elles permettent d’éviter l’irritation de la peau et des muqueuses. Les aromathérapeutes conseillent d’en glisser dans son sac de voyage à l’étranger, afin de prévenir la turista. La posologie habituelle est alors de 1 capsule le matin et le soir, sans dépasser deux semaines. Pour la grippe, il est recommandé de prendre 2 gélules 3 fois par jour pendant trois jours.

L’originalité de l’origan kaliteri 

Un origan capable de conjuguer la douceur de la marjolaine et l’efficacité des variétés compacte et vulgaire ? C’est là une perle rare que le docteur Daniel Pénöel, figure de l’aromathérapie à la française, déclare avoir trouvé avec l’origan kaliteri (Origanum vulgaris, var. kaliteri). Cet origan, qui pousse sur les plateaux boliviens, présente en effet un profil biochimique particulièrement équilibré, conjuguant une forte teneur en thujanol (autour de 30 %), et une présence modeste, mais marquée de carvacrol (autour de 8 %). Une main de fer dans un gant de velours en quelque sorte, associant puissance, protection du foie et bien-être psychique. Dans son livre L’Aromathérapie quantique, son découvreur la résume comme « une présence agissante contre les indésirables, mais non troublante pour l’organisme ». Encore peu connue, cette variété d’origan pourrait, selon le Dr Penöel, devenir un « pilier incontournable de la thérapeutique en infectiologie ».

Ce que dit la tradition

Cette aromatique fut connue dès l’Antiquité : les Grecs et les Romains l’utilisaient pour désinfecter les plaies et comme conservateur dans les aliments. Dioscoride la conseillait pour retrouver l’appétit, faciliter la digestion, stimuler les intestins paresseux et lutter contre la fatigue. Quant aux Égyptiens, ils la considéraient comme une plante sacrée, et la dédiaient à Osiris, dieu de la fertilité et du développement végétal. La plante entrait dans leurs préparations d’embaumement de momification. Au XIIe siècle, dans son Livre des simples médecines, le médecin italien Mattaheus Platearius la recommande en bain de siège pour « faire courir les fleurs », c’est-à-dire faire revenir les règles, mais aussi pour traiter l’asthme et la toux. Matthiole, médecin botaniste italien du XVIe siècle affirme de son côté que « toute la plante est souveraine pour les douleurs de tête ou de nerfs ». En France, l’usage traditionnel le rend efficace contre les rhumatismes, ainsi que pour stimuler l’immunité et le tonus sexuel.

La consommer en infusion 

L’origan et la marjolaine peuvent donc être consommés en infusion de plante sèche, soutenant tous deux la sphère digestive. Antitussif, diurétique, sudorifique et expectorant, l’origan soulage la toux et les états fébriles. La marjolaine a une action plus sédative. Mais il est aussi possible de profiter des bienfaits de la plante fraîche, laquelle est particulièrement riche en antioxydants, en l’incorporant dans les salades, plats de pâtes et à base de sauce tomate. Il est aussi possible de se confectionner facilement de l’huile solarisée d’origan (lire la recette ci-dessous). Outre ses vertus médicinales, l’origan vous fera aussi peut-être profiter d’un autre pouvoir « magique » : soigner le chagrin d’amour... En effet, selon la mythologie grecque, l’origan fut créé par Aphrodite, déesse de l’amour, en guise de symbole de joie et de bonheur. Un jour, elle se servit de la plante, qui poussait en abondance dans son jardin, sur les pentes de l’Olympe, pour panser une blessure infligée par une flèche lancée par son fils, Cupidon… Et elle en fut guérie ! 

Recette d’huile solarisée d’origan (extrait de 250 remèdes naturels à faire soi-même, Dr Claudine Luu, Terre vivante) 

Ingrédients : huile végétale de noisette (20 %) et de tournesol (80 %), bocal en verre, feuilles d’origan (Origanum vulgaris).

Remplissez aux trois quarts le bocal de feuilles d’origan fraîches. Recouvrez les feuilles à hauteur d’huile végétale. Refermez le bocal et placez-le à un endroit ensoleillé. Laissez 21 jours. À noter : la veille, le jour et le lendemain de la pleine lune, recouvrez le bocal d’un linge foncé, la lumière de la lune pouvant perturber la solarisation. Si le soleil n’est pas au rendez-vous durant un ou plusieurs jours, prolongez d’autant pour arriver à 21 jours de solarisation.

Utilisations : en application pour soulager les douleurs rhumatismales, désinfecter les petites plaies et égratignures, soulager la toux (thorax), effacer un coup de fatigue (friction matinale sur le torse).


Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter un thérapeute des médecines alternatives. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com

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