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Qu'est ce que la détox ? Démêler le vrai du faux

Détox

Un mythe, un leurre… le principe de la détox est très critiqué ces temps derniers. Les attaques dénoncent en effet certaines dérives marketing, mais pas seulement. Elles visent jusqu’au bien-fondé d’entreprendre ce type de démarche. La détox, de l’intox ? Faisons le point.

Aliments « détox », plante « détox », sport « détox » et même cosmétiques « détox »… Il y en a pour tous les goûts ! Le mot détox est aujourd’hui mis à toutes les sauces… Pourtant, au départ, une « détox », consiste à entreprendre un traitement visant à activer l’élimination des déchets, toxines et toxiques présents dans le corps. Ce qui est nécessaire. D’ailleurs, ces méthodes de nettoyage et de purification corporelle n’ont rien de véritablement nouveau. Elles existent bel et bien dans de nombreuses traditions et sont à la base de certaines médecines anciennes comme l’ayurvéda. « Bien que le terme de détox soit relativement récent, les pratiques de nettoyage font partie de l’histoire des hommes », explique le docteur en nutrition Laurent Chevallier. « Les techniques de détoxification sont très présentes dans les religions : le carême ou le ramadan, par exemple, obéissent à un besoin humain. »

Des cures juteuses

Aujourd’hui, la détox est à la mode au point d’être devenue un concept fourre-tout englobant santé, minceur et bien-être en général. « Les publicitaires jouent sur des peurs ancestrales : les notions de purification du corps, d’aliments interdits, de souillure », déplore le Dr Chevallier. « Et puis le marketing véhicule l’idée que plus un produit est cher, plus il est efficace. » Il est vrai que certains produits estampillés « détox » se vendent très cher : comptez, par exemple, une dizaine d’euros pour une boîte de tisane « dépurative », voire plus de 300 euros pour cinq jours de cure de jus dans certains cas… « On est loin des salades et décoctions de pissenlit ramassés dans les champs par nos grands-mères », remarque la naturopathe Odile Chabrillac.
De là à accuser la détox de n’être qu’un joli mythe sans fondement scientifique, entretenu par les partisans d’une médecine « alternative », il n’y a qu’un pas. Selon les arguments des « anti-détox », certaines cures seraient dangereuses pour la santé. « Il faut bien évidemment savoir faire le tri entre les offres sérieuses et celles qui ne le sont pas, rappelle Odile Chabrillac, c’est seulement une question de bon sens. » Un bon sens qu’il est toutefois difficile d’exercer tant les offres sont variées et les promesses alléchantes : regain d’énergie, perte de poids, disparition des douleurs chroniques...
Que faut-il penser, par exemple, des cures de jus dont on nous vante tant les mérites ? « Hormis celles composées uniquement de légumes, ce type de cure apporte souvent trop de sucres que l’organisme peine à métaboliser », explique le Dr Chevallier. « De plus, le fait de ne pas mâcher n’envoie pas de signaux de satiété au cerveau, et cela peut provoquer des troubles alimentaires. » Quant aux tisanes diurétiques, prises sur une longue période, elles peuvent entraîner une déminéralisation…

La détox pour tous

« Là où il y a une vraie dérive à mon sens, explique Odile Chabrillac, c’est dans l’idée du “tout détox”. » Car bien qu’il existe de nombreux aliments ayant des propriétés drainantes ou des vertus d’élimination, tout ne convient pas à tout le monde. « Si l’on veut se lancer seul, il vaut mieux y aller en douceur, avec des tisanes de romarin, ou encore de la sève de bouleau, à la fois détoxifiante et reminéralisante », ajoute la naturopathe. Auparavant, uniquement préconisée au moment des changements de saison, la détox se vend maintenant toute l’année : avant ou après les fêtes, après un petit excès alimentaire ou pour s’alléger de quelques kilos avant l’été… « C’est un véritable non-sens de parler de détox toute l’année, explique la naturopathe. Selon moi, les cures de nettoyage commencent au moment du Nouvel An chinois (entre fin janvier et mi-février), avec éventuellement une autre à la fin de l’été, entre mi-août et mi-septembre. »

Faire la part des choses

« Il y a effectivement des dérives, poursuit Odile Chabrillac, des produits très chers, souvent inefficaces et peu adaptés… Mais en réalité, les détracteurs de la détox ne parlent pas sur le même plan. Car l’argument selon lequel le corps gère très bien les excès tout seul est vrai, mais pas sur la durée. Parfois, le corps est dépassé, surtout avec le rythme de vie actuel, les repas pris sur le pouce, la malbouffe, le stress… Bien sûr, aucune cure ne va accomplir le travail à la place des organes, mais certaines plantes et une alimentation saine qui privilégie les végétaux vont les aider à accomplir leur travail d’épuration. » En effet, la naturopathie considère la maladie comme le résultat d’un encrassement du terrain dû à l’accumulation de substances toxiques internes et externes dans le corps. « Le but d’une cure détox est d’aider les émonctoires...

à faire leur travail, pas de faire le travail à leur place. Il y a certains symptômes qui peuvent montrer qu’un organe est saturé. Par exemple, lorsque le foie est engorgé, cela va se voir au niveau de la peau, par de l’acné ou de l’eczéma. Car la peau va devoir prendre le relais du foie, pour le soutenir. La détox, c’est avant tout de la prévention », ajoute Odile Chabrillac.

Science contre ressenti

Dans un article paru dans le British Medical Bulletin en 2012, des scientifiques britanniques critiquent ce qu’ils appellent « l’alternative détox », en faisant valoir l’absence de données scientifiques sur le sujet. Mais que dire alors des nombreuses études qui prouvent l’efficacité des plantes ? Prenons l’exemple du romarin, plante fétiche du foie. Une étude publiée dans Phytomedecine en 2016 par des chercheurs chinois a fait une nouvelle fois état de son efficacité sur la sécrétion biliaire et de sa capacité à renforcer les fonctions de détoxication du foie grâce à l’action de l’acide rosmarinique sur certaines enzymes comme la glutathion S-transférase ou la quinone réductase.
Mais l’aspect médical n’est pas la seule chose qui compte. S’engager dans une cure de nettoyage, c’est aussi être à l’écoute de son corps, prendre du temps pour soi, ralentir… C’est un bon moyen d’appuyer sur le bouton « reset », et de faire suivre la phase de détox par un retour à une alimentation saine. « On assiste souvent à un regain d’énergie après une cure détox, raconte Odile Chabrillac, mais cela ne se mesure pas par des études scientifiques ! »
Alors, quels conseils peut-on donner pour se détoxifier sans se faire avoir ? Ne cédez pas aux sirènes du marketing en vidant votre porte-monnaie, évitez de vous lancer dans des cures trop restrictives sans accompagnement. Les cures de jus, les mono-diètes et le jeûne ne sont pas recommandés pour tout le monde et ne conviennent pas à tous les moments de l’année. Vérifiez la composition des produits que vous achetez ainsi que leur concentration. Enfin, interrogez-vous sur les raisons qui vous poussent à entamer une détox. Vous vous sentez fatigué, barbouillé, gonflé ? Ne vous précipitez pas sur n’importe quelle plante… Bref, pour réussir sa détox, il est impératif de garder la tête froide !

D’où vient le terme « détox » ?

Abrégé de « détoxification », la « détox » renvoie à un mécanisme d’activation de l’élimination des déchets, toxines et toxiques présents dans le corps. On définit les toxines, ou biotoxines, comme des substances toxiques produites par le métabolisme corporel. Les « toxiques » sont des substances nocives d’origine extérieure (comme la pollution ou les pesticides). Utilisé aujourd’hui comme un terme associé à un mode de vie sain et à la médecine alternative, le mot « détox » était à l’origine utilisé pour qualifier les cures de « désintoxication » censées traiter les problèmes liés aux addictions (drogue, alcool…). 

Nos conseils détox

Pour mener à bien une vraie détox, mieux vaut savoir faire le tri dans les promesses qui sont faites. Dépuration, élimination, foie, reins, intestins : voici comment déterminer vos priorités pour une détox sur-mesure.

Priorité au foie : drainer, épurer

À la sortie de l’hiver, période durant laquelle le corps demande souvent à la fois de ralentir mais aussi de manger un peu plus pour faire face aux baisses de température, « les organes émonctoires, et notamment le foie, sont saturés », explique Odile Chabrillac. Les symptômes d’un foie engorgé sont les sensations de lourdeur digestive, les ballonnements, la constipation, mais aussi la léthargie, la fatigue au réveil, un goût amer dans la bouche ou même des problèmes de peau et une irritabilité. « Dans la plupart des cas, c’est sur le foie qu’il faut agir en premier. Le foie est le grand filtre de l’organisme », explique le Dr Chevallier. « Lorsque l’on parle du foie, le terme de “dépuration” est plus à propos que celui de détox. »
Mais quel que soit le mot retenu, le foie épure, nettoie et détoxifie le sang des polluants et facilite leur élimination. Son état reflète votre santé globale, encore plus dans le monde d’aujourd’hui où nous sommes sans arrêt soumis à des polluants extérieurs : pollution, pesticides, médicaments. Alors, si la détox vous titille, commencez par prendre soin de votre foie avec des plantes hépatiques drainantes.

Le Dr Chevallier conseille deux plantes efficaces sur le foie : « D’abord la feuille d’artichaut, dont l’usage est reconnu par la Commission européenne pour soulager les troubles digestifs, puis le Chrysanthellum. Vous pouvez parfois ajouter du romarin, voire du boldo, mais sur une courte période. » La tisane de romarin, c’est aussi ce que préconise la naturopathe Odile Chabrillac aux personnes qui souhaitent soulager en douceur leurs émonctoires. L’intérêt de détoxifier son foie prend encore plus de sens à la lumière d’une maladie qui gagne de plus en plus de terrain. Le syndrome du foie gras humain ou Nash est en effet de plus en plus fréquent. Les symptômes de cette maladie parfois invisible, et qui nécessite d’avoir une alimentation saine et très limitée en sucres blancs, seront améliorés par des cures de plantes bien choisies. 

D’autres approches : le massage et la respiration

On en parle moins, mais les poumons sont aussi des organes d’élimination. Ce sont eux qui vont s’occuper d’évacuer une bonne partie des toxines acides produites par le corps ! Aussi, dans le cadre d’une détox, prenez le temps de respirer, et pratiquez une activité physique, de préférence à l’air pur. Et si vous testiez le bol d’air Jacquier ? Cette méthode de régénération cellulaire utilise l’huile essentielle de résine de pin pour créer un transporteur d’oxygène mieux assimilable. La peau est elle aussi un émonctoire. De nombreuses traditions, comme l’ayurvéda, l’ont bien compris et utilisent les massages pour drainer les toxines à l’extérieur du corps. Moins exotique, mais tout aussi efficace, le drainage lymphatique est une technique de massage douce, destinée à stimuler la circulation de la lymphe et à détoxiquer l’organisme. Sur le corps ou le visage, il aide aussi à ralentir le vieillissement de la peau et à diminuer la cellulite.

Nos conseils détox

Soutenir les fonctions d’élimination : les intestins et les reins

Lorsque les intestins peinent à accomplir leur travail d’élimination, c’est tout l’organisme qui en pâtit. Pour les intestins, il faut privilégier une alimentation fermentée. Or, pour détoxifier en douceur les intestins, « la plante phare, c’est la mélisse », précise le Dr Chevallier. Elle est l’amie des systèmes digestif et nerveux. Et l’appareil urinaire ? « Les reins, c’est une autre affaire », prévient d’emblée le Dr Chevallier. En effet, le soutien à la fonction rénale va être particulièrement utile en cas de calculs rénaux, d’oedèmes ou de rhumatismes. Dans ces cas précis, il peut être profitable d’utiliser des plantes qui vont augmenter la diurèse (le volume d’urine), comme l’achillée millefeuille ou la paliure, explique le Dr Chevallier.
Mais attention aux interactions avec les autres médicaments et au risque de perte de minéraux. D’une façon générale, mieux vaut consulter si vous pensez avoir besoin de soutenir le travail de vos reins, car les plantes drainantes ne vont pas toutes avoir le même effet. La prêle des champs est intéressante, car son action diurétique, attribuée aux flavonoïdes qu’elle contient, n’entraîne pas de déperdition de sodium ou de potassium.
Attention, par ailleurs, aux compléments alimentaires « détox » contenant du séné. Cette plante laxative, très efficace, peut entraîner des perturbations de la balance hydrique avec perte de potassium lorsqu’elle est prise trop longtemps.  

La Nash : une maladie invisible

Maladie du soda ou encore maladie du foie gras humain, le Nash (Non alcoholic steatohepatitis) est une inflammation du foie liée à une surcharge de graisse dans l’organe. Elle est liée à une alimentation déséquilibrée et trop riche en sucres et toucherait entre 7 et 35 % des adultes dans les pays occidentaux. Bien qu’elle soit souvent invisible, des symptômes comme des douleurs abdominales régulières, un ventre ballonné, des jambes enflées, des ecchymoses ou une grande fatigue doivent vous alerter, surtout si vous êtes en surpoids. Une analyse de sang suivie d’examens d’imagerie médicale permettra de poser un diagnostic. Dans leur ouvrage Je dépollue mon foie et je protège mon coeur, mes intestins, mes os… Kristin Kirkpatrick et le Dr Ibrahim Hanouneh rappellent quels sont les aliments « bons pour le foie » : avocat, choux, carottes, pomme, betterave ou ail… Si on les associe « à un régime sans sucre, hormis celui des fruits, et à la prise de tisanes de feuilles d’artichaut et de Chrysantellum, on assiste à une régression des lésions hépatiques », rassure le Dr Laurent Chevallier. 

Se nettoyer de quelques kilos

La perte de poids est souvent un argument de vente des produits détox, au point qu’on assimile de plus en plus cure et régime amincissant. Pourtant, « une cure détox ne doit pas avoir comme objectif la perte de poids », explique Odile Chabrillac. Dans les faits, il arrive souvent que l’on perde un peu de poids lors d’une cure : le fait de drainer son foie et de s’astreindre à une alimentation plus saine pendant quelques jours peut entraîner la perte de quelques kilos, souvent due à l’activation de l’élimination. « Mais ce sont des kilos que l’on reprend facilement », prévient la naturopathe.
Attention donc au risque de l’effet yoyo ! En revanche, les naturopathes s’accordent à dire qu’il est bénéfique de détoxifier son organisme avant d’entamer un régime amaigrissant. En effet, le corps doit commencer par se débarrasser des toxines et toxiques qui pourraient perturber le processus de perte de poids et améliorer le fonctionnement digestif, parfois en cause dans la prise de poids. « Un corps en bonne santé ne devrait pas être en surpoids », explique Odile Chabrillac. « C’est pourquoi, lorsque l’on vient me voir dans le cadre d’une perte de poids, je conseille toujours de commencer par se détoxifier. » Certains laboratoires l’ont bien compris en proposant une phase de « détox » du foie à l’aide d’extraits de romarin et de pissenlit, suivie d’une phase de « drainage » avec du frêne, aux vertus diurétiques. Notre avis ? Pourquoi pas, si les dosages en plantes sont assez importants et si la cure est accompagnée d’un programme de restructuration alimentaire afin d’accompagner l’effet des plantes sur la longue durée. 

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