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Couperose et rougeurs, les bons rituels

Carotte sauvage, Daucus carota

La peau contribue à la santé globale de l’organisme et est soumise à de multiples influences. C’est à la fois le premier rempart de l’organisme et le premier outil de réception des stimuli extérieurs, comme le froid, la chaleur, le vent, les caresses, les piqûres, les pressions. Elle peut capter le sublime d’un effleurement, comme être la source de sensations abominablement douloureuses. Elle participe aussi à la protection immunitaire par sa flore microbienne et contribue à l’homéostasie de l’organisme tout entier. En excrétant la sueur et le sébum, elle contribue à l’élimination des toxines et seconde le foie quand il sature. D’ailleurs, qui n’a pas remarqué une peau brouillée au réveil quand le dîner de la veille a été excessif ou trop arrosé ?
Face à ces fonctions vitales, la peau reflète l’équilibre intérieur et extériorise aussi nos états d’âme. Chacun sait qu’elle libère du stress (eczéma, démangeaisons, acné de l’adulte). Les occasions pour qu’elle s’enflamme sont nombreuses, mais n’y en a-t-il pas certaines que l’on peut maîtriser ?

Des besoins ignorés

Une caractéristique essentielle de la peau est sa nature hydrophobe. Toutefois, cette fonction de barrière implique le maintien d’un gradient de la teneur en eau entre les couches profondes de l’épiderme et la couche cornée. Cette dernière contient seulement 20 % d’eau, contre 70 % pour les tissus profonds. L’eau participe à l’aspect visible du tégument, notamment sa souplesse, sa tonicité et sa densité. Elle régule aussi les nombreuses réactions enzymatiques indispensables au métabolisme.
Le maintien de cet équilibre hydrique est assuré par un subtil agencement de lipides extracellulaires et de facteurs naturels humidifiants, les NMF (« Natural Moisturizing Factors »). Ces derniers sont des molécules qui captent l’eau grâce à leur immense affinité pour elle. Ils sont très présents dans les cornéocytes (cellules superficielles de l’épiderme) et assurent l’effet pulpant naturel de la peau. Ces cornéocytes sont soudés entre eux par un empilement de lipides engendrant une perméabilité sélective et la nature lipophile de l’épiderme. Cet assemblage hydrolipidique sert de « ciment » pour la préservation hydrique intérieure, la photo-protection, ainsi que pour les équilibres thermique, métabolique, physique, oxydatif et microbien.

L’eau à fleur de peau

Si l’eau est aussi essentielle au sein du tissu cutané, sa présence à sa surface est paradoxalement indésirable et même déstructurante. C’est son gradient décroissant vers la surface qui en est la cause. L’eau sur la peau a les mêmes effets qu’un détergent : elle provoque une fuite des NMF, déshydrate la couche cornée et excite les glandes sébacées. Au fur et à mesure des contacts, la barrière cutanée s’effrite et la perspiration (les échanges avec l’extérieur) augmente. Cette dernière constitue le premier mode permanent d’élimination de l’eau corporelle. La couche cornée en élimine quotidiennement environ 500 ml. Quand la barrière est trop perméable, les risques de déshydratation de l’organisme sont accrus et la peau se déstabilise, occasionnant hyper-séborrhées, ridules de déshydratation et, à terme, assèchement et inflammation des tissus. Un cercle vicieux difficile à maîtriser.
Les rituels de toilette du visage sont ainsi souvent agressifs et ne permettent pas un retour à l’équilibre. S’il n’est pas simple de supprimer complètement la présence d’eau sur le corps, la toilette quotidienne du visage sans eau est le plus beau geste anti-âge qui soit. Il n’y a plus à...

; corriger, mais seulement à protéger et soutenir la peau. Les glandes sébacées ne sont plus excitées inutilement, la peau est entièrement disponible pour ces rôles protecteurs et émonctoriels, son éclat et sa finesse sont optimaux. Les risques de rougeurs, d’inflammation, de flush (variation brutale de la couleur et de la température de l’épiderme au gré des émotions ou des changements de température externe), de couperose, d’acné rosacée ou même de dermite séborrhéique et d’eczéma sont minimisés. Avec l’eau calcaire, ces états s’installent souvent de manière insidieuse.

Sublimer son grain

Les bons gestes d’une toilette sans eau rétablissant la peau dans son rôle, quelques huiles essentielles (HE) en complément n’auront qu’à la sublimer pour qu’elle prenne mieux la lumière. Au sein du végétal, les molécules aromatiques servent entre autres à réparer les feuilles abîmées ou les troncs incisés. Le latex qui s’en écoule colmate et régénère. Un cosmétique maison aromatique est un précieux outil d’embellissement et de prévention du vieillissement. L’essence des semences de carotte est un trésor de beauté. Cette HE est une des plus puissantes régénératrices cellulaires : elle fortifie tous les épithéliums qu’elle caresse et gomme les taches. Elle uniformise le teint, cicatrise et densifie la peau. L’hélichryse italienne fonctionne très bien en complément. Elle prend soin de la surface cornée, qu’elle exfolie en douceur pour purifier le teint et lisser le grain. Elle traite aussi les profondeurs si elles sont trop enflammées et si les vaisseaux sont distendus ou abîmés. C’est une gardienne de l’intégrité, également incontournable.
Face à toutes les sources d’inflammation, la synergie confort et beauté du visage ne pourrait pas être finalisée sans un axe circulatoire et aussi un peu de chamazulène. Cette molécule aromatique d’un bleu profond est un puissant anti-inflammatoire. Sa présence protège les peaux normales de toutes les agressions et pour les peaux sensibles prévient l’apparition des flushs. Les sujets qui en souffrent ont une peau qui se fragilise plus vite que les autres. Avec le temps, les micro-capillaires se distendent et la couperose ou la rosacée guettent. Ces peaux sensibles ont tout intérêt à incorporer dans leur cosmétique de l’HE de camomille allemande riche en chamazulène, associée à celle de lentisque pistachier pour tonifier les parois des vaisseaux. Tous ces actifs aromatiques en synergie forment un véritable bouquet olfactif qui n’inspire qu’épanouissement et énergie, et habille d’un parfum unique.

ZOOM
Une astuce avant la douche pour les peaux atopique

La douche exacerbe les démangeaisons et accentue la déshydratation des peaux atopiques. Pour prévenir ces désagréments, il y a une astuce simple qui consiste à faire un écran en isolant la peau de l’eau.
À faire Immédiatement avant la douche, s’enduire les zones les plus fragiles (coudes, poignets, cou, intérieur des genoux) d’une matière grasse végétale épaisse, type huile de germe de blé ou bien beurre végétal. Pendant la douche, n’appliquer aucun pain sans savon ou « gel douche nourrissant » (ils contiennent des tensio-actifs) et minimiser la température. 

Ma formule
Confort et beauté du visage

Propriétés Anti-âge et antiride, anti-inflammatoire, tonique circulatoire, régénératrice cellulaire, antitache, kératolytique, tonique et densifiante. Prévient et corrige les marques d’inflammation, de déshydratation et de vieillissement, réduit les risques de déshydratation et de vieillissement (couperose, rougeurs, taches, rides, ptose).
Indications Entretien et embellissement des peaux les plus sensibles. Peaux fines et à rougeurs, couperose, acné rosacée, irritations et intolérances, mais aussi peaux ternes, fatiguées, tachées, ridées, atones.

HE d’hélichryse italienne : 5 gouttes
Helichrysum italicum

HE de carotte : 15 gouttes
Daucus carota

HE de camomille allemande : 5 gouttes
Matricaria recutita

HE de lentisque pistachier 15 gouttes
Pistacia lentiscus

HV de calophylle : 6 ml

Macérat lipidique de calendula : 6 ml

HV de jojoba : QSP 30 ml

1 ml = 25 gouttes. HE : huile essentielle HV : huile végétale QSP : quantité suffisante pour

Préparation - Prendre un flacon en verre teinté de 30 ml muni d’un compte-gouttes, y verser les huiles essentielles selon les quantités indiquées, ensuite les deux matières grasses végétales de calophylle et de calendula (à l’aide d’une pipette) et compléter jusqu’en haut du flacon avec de l’huile végétale de jojoba. Prendre soin de refermer hermétiquement et agiter.
Mode d’utilisation - Appliquer matin et soir, après le rituel de toilette au jojoba. Si besoin, faire suivre de l’application d’une émulsion hydratante ou nourrissante. Peut s’utiliser tous les jours.
Prudence - Éviter les expositions au soleil (les HE de carotte et de camomille allemande peuvent présenter des risques phototoxiques et photoallergiques avec les UV). 

Démaquillant pour peaux sensibles

Il est possible d’épargner le visage de tout contact avec l’eau lors du démaquillage. C’est un rituel simple et tout à fait respectueux des besoins de la peau, recommandé pour tout le monde et surtout en cas de vieillissement prématuré ou de foyers inflammatoires (acné, couperose, peaux sensibles et fines). Il préserve le taux d’hydratation ainsi que l’équilibre sébacé.

À faire
Prendre dans le creux de la main l’équivalent d’une bonne cuillère à soupe d’huile végétale de jojoba (la plus adaptée). La répartir sur l’ensemble du visage et du décolleté. Du bout des doigts, appliquez par léger massage en insistant sur les yeux et les paupières s’ils sont maquillés. Pulvériser ensuite un hydrolat (par exemple rose de Damas, géranium ou encore d’hélichryse italienne). Puis passer une lingette pour démaquiller l’ensemble. À faire le soir. Le lendemain matin, la peau est nette et lumineuse. Ne procéder alors qu’à une pulvérisation d’hydrolat pour finaliser. 

Sérum catalyseur de beauté

Si la jeunesse du visage tient à la lumière et au grain de la peau, les femmes savent bien qu’elle dépend aussi pour beaucoup de l’uniformité du teint. Les zones sombres accentuent le vieillissement. Les sillons des rides, les cernes, les traits tirés ou encore les taches d’hyperpigmentation sont des défauts à maîtriser pour paraître aussi jeune que possible. Pour tenter d’obtenir une uniformité des couleurs, apaiser les rougeurs et estomper les marques obscures, on a souvent recours à un fonds de teint couvrant donnant un coup d’éclat instantané. Les huiles essentielles n’auront pas cet effet instantané, mais on peut recommander une synergie puissante dépigmentante. L’avantage de ce coup de pouce naturel est d’être plus durable et profond qu’un fond de teint.

À faire
Dans un flacon de 30 ml mélanger : HE de carotte, 10 gouttes, HE de céleri, 15 gouttes, HE d’hélichryse italienne, 15 gouttes, compléter avec de l’HV de noyau d’abricot. Appliquer matin et soir avant la crème habituelle, sur les taches et les cernes. Astuce : cette synergie utilisée en fin d’été fera disparaître les taches de soleil. Attention : pas d’exposition au soleil, car il y a un risque de photosensibilisation (n’appliquer que le soir en cas d’exposition potentielle). Peut être utilisé sur le contour des yeux, mais attention aux yeux sensibles. 

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