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La chélidoine, symbole de la prévoyance

chélidoine

Jaunes sont mes doigts, mes jambes et mon short après que je me suis entêtée à arracher les pieds de chélidoine qui envahissaient mon allée. Jaunes étaient les corolles des fleurs, d’un jaune brillant qui éclairait le jardin. La « grande éclaire » est un des surnoms de la chélidoine, aussi appelée « herbe aux boucs » et aussi « herbe aux hirondelles ».

D’après la légende, celles-ci frotteraient les yeux de leurs oisillons atteints de cécité avec un brin de chélidoine pour les guérir. À force de m’acharner sur les pieds de ces fleurs je me suis blessée à l’oeil en me penchant brusquement au-dessus d’une tige d’ajonc… Vengeance végétale ? Synchronicité ?

Je suis rentrée pour chercher dans mes livres d’homéopathie le meilleur remède à cette éraflure de la cornée… Réponse : Chelidonium !

Traditionnellement, Chelidonium est un remède du foie ; le jaune de son suc et de ses pétales rappelle les yeux ictériques du malade hépatique. En phytothérapie, la chélidoine fait des merveilles contre les...

verrues en application locale.

Mais en homéopathie on apprend que les yeux sont un organe cible. Le patient redevable de Chelidonium se reconnaît en ce qu’il a besoin de fermer les yeux pour y voir plus clair, pour se recentrer, se ressourcer. Chelidonium ferme ses yeux et nous ouvre les yeux.
En effet, si l’on en croit les botanistes comme Gérard Ducerf, la chélidoine est une plante bio-indicatrice : elle témoigne d’une présence importante de nitrates dans le sol. Et cet azote surabondant provient de l’épandage inconsidéré qui en est fait alentour, qu’il s’agisse d’engrais azotés surutilisés, ou de déjections porcines, humaines et autres que le soussol peine à recycler.

Le patient Chelidonium de la matière médicale homéopathique est un cartésien, un pragmatique. Il croit ce qu’il voit… mais se sent l’esprit plus clair en fermant ses yeux, comme si le fait de s’abstraire de la vision lui permettait d’accéder à une compréhension libérée des apparences.

Si nous fermons les yeux, nous pouvons continuer d’ignorer qu’à proximité de nos maisons et de nos rivières, une agriculture irrespectueuse continue d’étouffer les sols sous des tombereaux de nitrates destructeurs. Si nous les gardons bien fermés, nous pouvons tranquillement nous satisfaire des demi-mesures et des reculades de nos politiques écologiques. Tandis que les pieds de chélidoine se multiplient autour de nous…

Dans le langage des fleurs, la chélidoine symbolise la prévoyance. Or, pour prévoir, il faut voir. Alors, quand nos méditations derrière nos paupières closes auront fini de nous convaincre, ouvrons donc les yeux !

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